[Convention nationale.] ARCHIVES PARLEMENTAIRES. 3 frimaire an fl 701 *• J t yjI nnvnmhpo 41 QM Oompte kendu du Bulletin de la Convention (1). Les citoyens, ci-après nommés, adressent à la Convention nationale leurs lettres de prêtrise, en déclarant qu’ils abdiquent, entre les mains de la Convention nationale, leur caractère de prêtre. Suivent les noms : 1. Richer, ci-devant vicaire de Neuilly; 2. Anphant, vicaire de Saint-Sauveur; 3. Raveral, président du département de l’Aube ; 4. Melonin, administrateur du département •de la Mayenne; 5. Leloutre, curé de Yi 11ers - Cotterets ; 6. Grégoire, vicaire de Villers-Cotterets ; 7. Hercule Béguin; 8. Lacombe, curé de Quingey; 9. Rocher j (de Neuvy) ; se disposant à pren¬ dre une épouse; 10. Bertrand, ci-devant curé de Granges, département de la Marne; Yvelin, Dory, Fran¬ çois, ex-vicaires épiscopaux et Francastel; 12. Terasse, demeurant à la Rochelle; il renonce à son traitement ; 13. Dubroca; il est marié; 14. Née, ci-devant curé de Serris, départe¬ ment de Seine-et-Marne, âgé de 60 ans, infirme; il réclame des secours; 15. Bricere, curé de Saint-Martin de Senlis, département de l’Oise, âgé de 68 ans, infirme; il demande des secours; 16. Guillaume, curé de Chene, département de l’Aube; 17. Hautbout, ci-devant prêtre, actuellement procureur syndic du district de Montagne-sur - Mer; 18. Bouchon, curé d’Amanuce, district de Nancy; 19. Fournier, ci-devant curé de Saint-Jean de la Ruelle, département du Loiret; 20. Grumet, demeurant à Bourg, départe¬ ment de l’Ain; 21. Beaussier, vicaire épiscopal du départe¬ ment de la Meurthe; 22. Careau, de Cha vannes, département de l’Yonne; 23. Fontanier et d’autres vicaires épiscopaux; ils sont mariés; 24. Bouttefroy, ci-devant premier vicaire de l’Aisne, et à présent caporal de la garde nationale de Soissons; il est marié; 25. Dessassis, ci-devant curé de Ured; 26. Colas, ci-devant curé de Lourps; 27. Gaignet, marié en secondes noces, natif de Salins, département du Jura; 28. Fouché, ci-devant curé d’Asnières; 29. Pierra Toulin, d’Indre-ville; 30. Frigard, demeurant à Niort; 31. Pinot, ci-devant vicaire de Malicorne; il demande une place dans la gendarmerie; 32. Coteret, ci-devant prêtre, attaché à l’église Saint-Jacques-le-Majeur; il déclare re¬ noncer à son traitement; 33. Arnoul, vicaire épiscopal du département de Seine-ct-Marne; il renonce à son traitement; 34. Colin, ci-devant vicaire de la commune (1) Second supplément au Bulletin delà Convention du 3 frimaire an II (samedi 23 novembre 1793). de Bar-sur-Ornin, il donne connaissance à la Convention qu’il va s’unir à une compagne que son cœur s’est choisie parmi celles qui ont fait divorce, et qui n’a pour toute dot qu’un grand fond de patriotisme et de vertus ; 37. Recordere, ci-devant curé de Gentilly; 38. Cazalis, ci-devant pêtre génovéfain. 39. Henri, ci-devant curé de la commune de Voulton, Meygnant, curé de Saint-Jacques; Bernard et Blandin, vicaires de Nantilly; René Clavreuil et Cailleau, le premier, vicaire de Saint-Jacques, et le second, ci-devant cha« pelain, tous de la ville de Saumur; Lambert, âgé de 51 ans, ci-devant curé de Provins, département de Seine-et-Marne;. il fait part à la Convention qu’il va se marier avec sa gouvernante patriote, âgée de 59 ans, qui demeure avec lui depuis 24 ans. Il demande dos secours. 40. Delacourt, ci-devant curé de Clinchamp, district de Beaumont; 4L Brulard, ci-devant curé de la commune de Thimert, département de l’Eure; 42. Jean, curé de la paroisse de Montfort-de-Brutus; 43. Aubert, ci-devant prêtre, membre du département de la Seine -Inférieure; 44. Pinel, ci-devant curé de la paroisse de Saint-Paul; 45. Boucher, ci-devant curé de Torfon, dépar¬ tement de Seine-et-Oise; 46. Delanchy, ci-devant curé de la Cherolles, département de Seine-et-Marne; 47. Bajot, ci-devant vicaire épiscopal du département du Haut-Rhin; 48. Bevalet, ci-devant vicaire épiscopal à Strasbourg; 49. Valice, ci-devant curé de la commune de Chinon, département d’Indre-et-Loire; 50. Vernaud, ministre du culte d’Huisol, département de l’Aisne; 51. Page, ci-devant curé d’Aubigny, dépar¬ tement du Cher, marié; 52. L’Heureux, ci-devant curé de Colombier, département du Cher; 53. Dubois, ci-devant curé de Saint-Jean de Dangu; 54. Maillot, ci-devant curé de Noyers, dépar¬ tement de l’Eure; 55. Peaucellier, ci-devant curé de Fontaine; 56. Trouvain, ci-devant curé d’Yvillés, dépar¬ tement de l’Oise; il réclame des secours; 57. Chartier, ci-devant curé de Châtres, dé¬ département de Seine-et-Marne; il est marié; 58. Baillont, ci-devant prêtre, membre du conseil général de la Meuse. Renvoyé au comité d’instruction publique. Le citoyen Dochier a remis sur le bureau ses lettres-patentes de juge du tribunal de cassation. Mention honorable (1). L’état des détenus est de 3,510 dans les diffé¬ rentes maisons d’arrêt de la commune de Paris (2). (1) Procès-verbaux de la Convention, t. 26, p. 64. (2) Ibid. 70t [Goïivewtion nationale� AJ1GHIVIÎS PAMÆlfôEïîTAIRÈS, j Suit la lettre des administrateurs du départe¬ ment de police (1). « Commune de Paris, le 3 frimaire, l’an II de la République une et indisivible. « Citoyen Président, « Les administrateurs du département de nolice te font passer le total journalier des détenus dans les maisons de justice, d’arrêt et de détention, du département de Paris, à l’époque du 2 frimaire. Parmi les individus qui y sont renfermés, il y en a qui sont prévenus dé fabrication ou distribution de faux assignats ; assassinats, contre-révolution, délits de police municipale, correctionnelle, militaire, et d’autres pour délits légers. « Conciergerie ..................... 528 « Grande-Force (y compris 20 mili¬ taires) .............................. 580 « Petite-Force ..................... 256 « Sainte -Pélagie .................... 185 « Madelonnettes ................... 265 « Abbaye (y compris 14 militaires et 5 otages) ......................... 122 « Bicêtre .......................... 754 « A la Salpê trière ..... . ............ 364 « Chambres d’arrêt, à la Mairie. ...... 90 « Luxembourg. . ................... 366 «Total ..................... 3.510 « Certifié conforme aux feuilles journalières à nous remises par les concierges des maisons de justice et d’arrêt du département de Paris. « Michel; Mennessier; Figuet; Godard. » La commune de Montgeron remet sur le bu¬ reau les lettres de prêtrise et la démission de tous les ecclésiastiques qui sont dans son sein. Mention honorable et insertion au « Bulle¬ tin » (2). Extrait du registre des délibérations du conseil général de la commune de Montgeron, district de Corbeil, département de Seine-et-Oise (3). Aujourd’hui, nonidi, dix-neuf brumaire de là-deuxième année républicaine (samedi 9 no¬ vembre 1793, vieux style), en l’ assemblée du conseil général de la commune où. étaient les citoyens Deteure, maire, Thierry, Reymond, Jdlly, Augé, Levasseur, officiers municipaux, Jean-Baptiste Jagu père, Parizot, Rostang, Dasse, Jacques Jagu, Noël Fleutteaux fils, Spire Pommier, notables, assistés du procureur de la commune et du commis greffier. Séance publique, six heures du soir. Le citoyen Pigeard, curé constitutionnel a comparu, et a demandé la parole, ce qui lui ayant été accordé, il s’est exprimé en ces termes : « Citoyens, demain décadi est le jour que vous avez arrêté pour célébrer la fête de l'inaugura¬ tion des bustes de Marat et Lepeletier ; pour orner le triomphe de ces deux martyrs de la (1) Archives nationales, carton C 284, dossier 819. (2) Procès-verbaux de la Convention, t, 26* p. 64. (3) Archives nationales, carton C 285, dossier 827. liberté, Vous avez arrêté que ce même jour se¬ raient renversés les croix et autres-signes super¬ stitieux qui se trouvent exposés sur les voies publiques. Eh bien ! pour porter les derniers coups au fanatisme et à la superstition, je vous annonce que c’est demain, pour la der¬ nière fois, que je dis la messe, je vous annonce que à compter de demain, je renonce absolu¬ ment à mes fonctions curiales et ne reconnais plus d’autre culte que celui de la nature et de la liberté, et pour vous le prouver, je porterai moi-même au bûcher qui doit consumer les restes de la féodalité et de la royauté, en pré¬ sence des bustes des deux héros, mes lettres de prêtrise, mes lettres de ci-devant maître ès arts de la ci-devant université de Paris, mes lettres de ci-devant bachelier de la ci-devant Sorbonne, cet antre du despotisme et du fana¬ tisme coalisés. Je n’ai rien, j’appartiens à une famille de vrais sans-culottes, n’importe une nation grande et généreuse n’abandonne pas des enfants qui lui sont restés fidèles et qui, - dans le moment, aident par leurs concours la pleine et entière régénération des Français. » Sur quoi, les membres du conseil général de la commune, applaudissant avec transpport au zèle civique et au patriotisme ardent du citoyen Pigeard, exprimèrent à l’unanimité au¬ dit citoyen, qu’ils ne s’attendaient à rien moins de la part d’un jeune philosophe qui, depuis le commencement de la Révolution, avait cons¬ tamment travaillé, moins à son métier de prê¬ tre, qu’à faire germer dans les coeurs les vertus civiques et républicaines ; que cependant pour donner une plus grande publicité à l’abdication dudit citoyen Pigeard, il était convenable d’en faire part à la Société populaire et d’arrêter un jour auquel une députation nommée à cet effet irait offrir à la Convention nationale l’ar¬ genterie de l’église et tes lettres dudit citoyen Pigeard; qu’en attendant, il allait faire men¬ tion honorable sur le registre de l’ offre qu’il en faisait, pour être demain brûlées à la fête avec tes autres signes de la féodaüté et de la royauté. Ainsi fait et arrêté les jour et an que dessus, et ont signé avec le citoyen Pigeard, Pour copie conforme délivrée au greffe de la municipalité de Montgeron, vingt-sept brumaire de Van second de la République française une et indivisible : J.M. Empereur, commis grefier; Deteure, maire. Fête de V inauguration des bustes de Marat et Lepeletier, dans la commune de Montgeron , district de Corbeil, département de Seine-et-Oise (1). La commune de Montgeron a célébré, décadi vingt brumaire de la deuxième année républi¬ caine, l'inauguration solennelle des bustes de Marat et Lepeletier, fête civique dont tes détails présentent des anecdotes précieuses à recueillir et bien propres à faciliter en ce moment tes progrès de la raison. Depuis longtemps la municipalité cherchait l’occasion de rendre à ces deux martyrs de la liberté les hommages que leurs vertus leur ont (1) Archives nationales, carton G 285, dossier 827.