300 ARCHIVES PARLEMENTAIRES - CONVENTION NATIONALE point que sa destruction est un véritable triomphe pour les citoyens vertueux, jaloux de voir les lois respectées et la liberté s’établir sur les bases de la vertu et de la justice. Telle est l’expression des sentiments qui animent le conseil général de la commune de Neuf-chatel, tous les citoyens qui la composent sont pénétrés de la plus vive reconnoissance envers la représentation nationale, ils applaudissent au gouvernement juste et bien faisant qui succède au régné de fer qui s’étoit appesenty sur les français, qu’ils disparoissent donc du sol de la liberté ces etres atroces et sanguinaires, ils la souillent de leur présence. Que l’exécration publique poursuive les partisans et complices de Robespierre qui siégoient aux Jacobins. Le conseil général jure haine immortelle aux factieux et tyrans de toute espèce, il jure attachement inviolable à la Convention nationale et soumission entière aux lois. Vive la République ! Vive la Convention nationale! Suivent 20 signatures. 4 Les membres composant la société populaire de Condom, département du Gers, applaudissent au triomphe de la Convention, qui a soustrait la moitié des Français à la proscription, et l’autre moitié au désespoir et aux larmes. Mention honorable, insertion au bulletin (8). [La société populaire de Condom à la Convention nationale, Condom, le 13 brumaire an III\ (9) Législateurs, Ce n’était point assez pour vous d’avoir abbatu les têtes impures des derniers triumvirs, il vous fallait encore rendre impuissants les efforts combinés de leur infâmes suppôts. Les monstres! héritiers des vices de Robespierre, ils ne voulaient éterniser ses mesures sanguinaires que pour renouveller ses crimes et tuer plus sûrement la liberté. Par votre attitude énergique et majestueuse qui vous rend de plus en plus dignes du grand peuple que vous représentez, vous avez terrassé et forcé au silence ces singes en patriotisme qui ne respiraient que meurtres et carnage pour nous replonger bientôt dans le chaos et l’ignorance et dans les horreurs de la plus affreuse tyrannie. Législateurs! par ce nouveau triomphe qui vous honore, en substituant l’humanité et la justice à la terreur qui aurait insensiblement glacé tous les cœurs, et rétréci toutes les âmes, vous avez soustrait la moitié de la nation à la proscrip-(8)P.-V.,L, 170-171. (9) C 328 (2), pl. 1458, p. 2. tion et à la mort, et arraché l’autre moitié au désespoir et aux larmes. Que ceux là désormais qui ont été constament les amis de la Révolution, forts de leurs consciences, qu’ils voyent, vivent paisiblement sous la sauve garde des loix, mais que tous les mauvais citoyens soient toujours dans la crainte et dans le tremblement; qu’ils sachent que leurs manœuvres perfides n’échape-ront point à la surveillance des sociétés populaires ni leurs têtes coupables aux terribles effets de la vengeance nationale. Fidèles mandataires du peuple! La France entière accueilli avec transport le nouveau déve-lopement de vos principes, consigné dans votre adresse du 18 vendémiaire. Inviolablement attachés à la Convention nous vous offrons en hommage notre part de la reconnaissance publique. Maintenez le gouvernement révolutionnaire jusques à la paix. Remplissez l’engagement que vous avez contracté de rester à votre poste. Soyez toujours ce que vous êtes, grands, fermes, énergiques. Bientôt, en dépit de toutes les puissances coalisées de l’Europe et de tous les conspirateurs et les traitres, vous aurez la gloire d’avoir irrévocablement sauvé la patrie et assis la République française sur des bases solides et inébranlables. Suivent 64 signatures. 5 Le conseil-général de Collioure, département des Pyrénées-Orientales, invite la Convention à rester à son poste, et applaudit aux mesures vigoureuses prises pour déjouer l’intrigue, et faire disparoître la terreur et la tyrannie. Mention honorable, insertion au bulletin (10). [Le conseil général de la commune de Collioure à la Convention nationale, Collioure, le 12 brumaire an 777] (11) Représentants, Nous avons entendu la lecture de votre adresse aux peuple françois, nous y avons vu avec plaisir les principes que nous professons depuis longtemps ; vous dites qu’il faut épargner l’erreur et ne frapper que le crime, que l’homme immoral doit êttre banny de la sociétté, et que le citoyen paisible et amy des lois doit y trouver paix et sécuritté. Voila la sévéritté, d’accord avec la justice, voila des principes dignes du grand peuple que vous représentés. Il vous appartient, représentants de les proclamer et de les mettre en vigeur, ils ralieront, soiés en surs, les citoyens vertueux et serviront à reconnoître les intrigants, nous les (10) P.-V., L, 171. (11) C 328 (1), pl. 1447, p. 38.