(Convention nationale.] coup de talent, jouait le patriotisme, comme les prêtres jouaient la vertu; il a été convaincu de friponneries, d’intelligence avec son second, qui a échappé au supplice par la fuite. Cet exemple de la justice républicaine fait ici le meilleur effet. « Hier le même tribunal se trouvait embar¬ rassé sur le jugement à prononcer contre un homme qui, après avoir confessé et souscrit impudemment qu’il avait prêté le serment à Louis XVII entre les mains des rebelles de la Vendée, finit par faire connaître et prouver qu’il était un échappé du bagne et qu’il n’était pas coupable du délit dont il était accusé. Le tribu¬ nal nous ayant consultés sur cet objet, nous avons décidé que celui qui avait eu l’effronterie de faire cet aveu, quoique faux, s’était par cela seul rendu coupable du délit, et le tribunal l’a condamné. Il va, sur la guillotine, faire ce matin l’appren tissage du républicain Ance, dont nous vous parlions dans notre dernière. Dix patriotes s’offrent ici pour l’aider à venger la patrie des scélérats qui voulaient l’opprimer, et, s’il en fallait mille, nous les trouverions. Ses fonctions sont ici vues comme elles doivent l’être, et nous venons de consacrer l’extinction du préjugé qui les avait avilies jusqu’à ce mo¬ ment en nommant celui qui les remplit : le ven¬ geur du peuple. Nous désirons que cette dénomi¬ nation vous convienne et que vous la généra¬ lisiez. Quant au citoyen Ance, il a lui-même mis le sceau à son dévouement patriotique en chan¬ geant son nom en celui de Vengeur, et dans quel¬ ques jours nous aurons à vous apprendre qu’il aura réalisé l’indication de ce mot sur les envoyés de Toulon venus ici pour livrer ce port aux Anglais. > -i « Nous sommes obligés de faire des lois pour le tribunal révolutionnaire; l’accusateur public les a en vain demandées, il ne les reçoit point et il y en a plusieurs que l’on ne trouve point ici; décrétez donc que le ministre de la justice fera passer sur-le-champ aux tribunaux révo¬ lutionnaires la collection des lois qui concer¬ nent leur mission. « Laignelot; Lequin'io. » L’administrateur provisoire des domaines na¬ tionaux fait part à la Convention que quelques bons sans-culottes, habitants du district de Ta-rascon, proposent d’échanger leurs propriétés patrimoniales contre des biens d’émigrés de même valeur. Mention honorable, insertion au « Bulletin » (1). Suit la lettre de l’administrateur provisoire des domaines nationaux (2). Jj’ administrateur provisoire des domaines natio¬ naux au Président de la Convention nationale. « Paris, le 29 brumaire, l’an II de la Répu-blique française, une et indivisible. « Le directoire du district de Tarascon, dépar¬ tement de l’Ariège, citoyen Président, m’a annoncé, par une lettre datée du 7 de ce mois, que quelques bons sans-culottes, habitants de (1) Procès-verbaux de la Convention , t. 25, p. 337. (2) Archives nationales, carton C 278, dossier 737. 30 brumaire an II 529 20 novembre 1793 de ce district, proposent d’échanger leurs pro¬ priétés patrimoniales contre des biens d’émigrés de même valeur. « La loi n’a point prévu ce cas ; mais peut-être la Convention, pour propager de plus en plus l’esprit révolutionnaire et le zèle patriotique qui germent et se développent actuellement dans tous les départements, jugera-t-elle à pro¬ pos d’autoriser ces échanges, qui fourniraient des preuves authentiques de la confiance que doit inspirer l’aliénation des biens nationaux de nouvelle origine; opération qui promet avoir encore plus de succès que la vente des biens ci-devant ecclésiastiques. Dans tous les cas, la Convention nationale saura apprécier le mérite de l’offre de ces braves républicains. « Latjmond. » ; Les administrateurs du département de police de Paris font passer le total des détenus dans les maisons d’arrêt, montant à 3,366 (1). Suit la lettre des administrateurs du départe¬ ment de police (2). « Commune de Paris, le 29 brumaire, l’an II de la République, une et indivisible. « Citoyen Président, « Les administrateurs du département de police te font passer le total journalier des dé¬ tenus dans les maisons de justice, d’arrêt et de détention du département de Paris, à l’époque du 28 dudit. Parmi les individus qui y sont ren¬ fermés, il y en a qui sont prévenus de fabri¬ cation ou distribution de faux assignats, assas¬ sinats, contre-révolution, délits de police muni¬ cipale, correctionnelle, militaire, et d’autres pour délits légers. A « Conciergerie ..................... 494 « Grande-Force (y compris 20 mili¬ taires).. ..................... . ...... 541 « Petite-Force .................... 249