493 [Assemblée nationale.] ARCHIVES PARLEMENTAIRES. [24 février 1791.] de vous envoyer : celle surtout qui a paru décider la commune d’Arnay-le-Duc, est que nous n’avons pas un passeport de l’Assemblée nationale. Il existe un décret qui décide qu’il n’en sera plus donné par elle qu’à ses membres. N’étant plus d’après la loi, et ne voulant plus êire que des ci!oyennes,nous n’avons pas cru devoir prétendre à aucune espèce de distinction ; mais ce titre de citoyennes nous donne les droits communs à tous les citoyens de cet Empire. Nous les réclamons avec toute la force de la liberté, et la confiance que nous avons en la justice de l’Assemblée ; nous vous prions donc, Monsieur le Président, de vouloir bien nous obtenir d’elle les ordres nécessaires pour nous faire continuer notre route. « Nous sommes avec respect, Monsieur le Président, « Vos très humbles et très obéissantes servantes. «Signé ; Marie-Adélaïde, Victoire-Louise. » M. Voulland, secrétaire , donne lecture du procès-\erbal de la commune d’Arnay-le-Duc, qui est ainsi conçue : Extrait du registre des délibérations de la commune d’ Arnay-le-Duc, district du département de la Côte-d'Or. « Assemblée générale des habitants de la ville « d’Arnay-le-Duc, tenue et expédiée en la maison « communeextraordinairement aujourd’hui 221e-« vrier 1791, heure de 4 après midi, à la di-« ligence de M. le procureur de la commune, sur « la réquisition expresse de tous les habitants « à laquelle ilssesont trouvés au nombre de 138. « Tous composant la majeure partie des ha-« bitants de cette ville, auxquels assemblés un « des officiers municipaux a dit, qu’en exécu-« tion de l’arrêté du jour d’hier, la garde natio-« nale étant en fonctions, et chargée d’arrêter « tous étrangers pour demander communication « des passeports dont ils doivent être munis, <« la sentinelle a arrêté un étranger qui s’est « nommé un des officiers de la maison de Mes-« dames, tantes du roi, qui étaient sur le point « d’arriver dans cette ville, et qu'il était chargé « de leurs passeports; ayant été conduit parM. le ■< major de la garde nationale à la maison com-« mune où se sont trouvés les officiers munici-« paux, cet officier qui a dit s’appeler Louis de « Narbonne, chevalier d’honneur deMadameAdé-« laide, a présenté un passeport signé Louis, plus « bas Montmorin, accordé par le roi à Mesdames « Adélaïde et Victoire ses tantes, le 2 de ce mois, « suivant lequel Sa Majesté mande et ordonne à « tous officiers civils et militaires de laisser nas-« ser librement ses tantes avec la dame de Nur-« bonne et la dame de Chastelux, leur suite et « équipages qui vont à Rome (Rires.) ; l’extrait « d’une délibération de la municipalité de Paris, « avec daie surchargée, suivant laquelle il paraît « que considérant que Mesdames sont trop con-« nues pour avuir besoin des passeports, que la mu-« nicipalitéa délivrés aux citoyt n3 qui pouvaient « eux-mêmes avoir besoin d’attestation d’éiat et « domicile, déclarequ’elle persistedanssonarrêté « du 14 de ce mois, desquels passeports et déli-« bération lecture faite, ainsi que d’une lettre « adressée à MM. les administrateurs du district « d’Arnay-le-Duc, le 19 de ce mois, au sujet du « voyage de Mesdames. « Que le tout examiné, la municipalité a jugé « que Mesdames pouvaient continuer leur route; « que, pour leur faire part de cette délibération, <> la municipalité s’est transportée à l’hôtel de la « Poste, où elles sont logées, lorsque la moitié <- au moins des habitants de la commune, assem-« blee au-devant de cet hôtel, a demandé à la « municipalité si elle avait reconnu la validité « des passeports de Mesdames, et ce qu’elle avait « déterminé sur leur arrestation ou sur la con-« linuatioi) de leur route; que la municipalité a « répondu qu’elle n’avait pas cru pouvoir p o-« noncer s