SÉANCE DU 12 VENDÉMIAIRE AN III (3 OCTOBRE 1794) - N08 17-18 239 Egalité Liberté La République ou la Mort Représentans du Peuple, La sagesse et l’énergie des moyens que vous avés employés contre les nouveaux tirans qui menaçaient notre liberté ont été senties par la société populaire d’Ecos dès le moment même de votre triomphe sur les conspirateurs d’un genre d’autant plus dangereux qu’ils étaient couverts du masque de la popularité et du plus pur patriotisme et qu’ils professaient les principes de la seule morale qui convienne au républicanisme, mais composée d’agriculteurs et d’artisans tous occupés aux travaux de la moisson, elle n’a pas cru devoir interrompre des occupations aussi précieuses pour être des premières à grossir la foule des félicitations justement méritées qui vous sont adressées de tous les points de la République. La société populaire d’Ecos n’a point été, au surplus et ne sera propablement jamais la dupe des réputations usurpées, parce que son principe est que tout ce qui se fait de bien ainsi que tous les principes vrais et purs que professent divers membres de la Convention nationale n’émanent que de cette assemblée auguste et de l’esprit qui y règne, toujours pur toujours conforme à la volonté générale et se réglant sur la masse du Peuple qui ne veut et ne voudra jamais que la République et qui en conséquence n’honorera jamais l’individu par lui-même, mais la vertu dans ceux qui la pratiquent. C’est encore d’après ce principe et ne voyant toujours que vous, dignes représentans d’un Peuple libre, dans la lutte terrible et les combats à mort que la liberté est obligée de soutenir contre la tirannie, que la société populaire d’Ecos n’a pris pour règle de sa conduite que celle qui est tracée par vos sages décrets. C’est dans ce chef d’oeuvre d’esprit humain qu’elle a puisé les principes qui la dirigent et composée en entier des bons habitans de la campagne, d’esprit simple mais droite et aimant la révolution, elle ne s’est point laissé aller à des impressions étrangères. Allant au but d’un pas ferme, guidée par vos exemples autant que par les excellents préceptes que renferment les écrits qui lui sont envoyés par la Convention nationale, elle ne s’est point et ne s’écartera sûrement jamais du sentier de la Révolution. Les dons de plusieurs fusils, pistolets et sabres, de deux uniformes complets, de plusieurs paires de bas et de souliers, de 210 chemises, 10 draps, 8 napes, 13 paquets de vieux linge et 1 200 L en assignats et sols, recueillis par ses soins dans ce canton et par elle envoyés au district pour les volontaires de la première réquisition. D’autres dons faits aux chartiers du canton pour les engager à partir pour la conduite des charrois militaires. La loi du 13 brumaire pour l’envoy de l’argenterie, des omemens et des cuivres, fers et plombs provenant des églises, celle pour l’envoy des cloches aux fonderies nationales, celles pour les réquisitions de grains et autres lois révolutionnaires exécutées dans ce canton, paisiblement, sans aucun trouble et même avec zèle de la part des communes. Des fêtes civiques et fraternelles instituées par la société pour remplacer celles du culte catholique, qui ont cessé de bonne heure dans le canton, et de même sans effort et sans trouble. Celles décrétées depuis par la Convention nationale et celles occasionnées par le succès de nos armées contre les tirans et les rebelles de l’intérieur, célébrées avec toute la joie et l’enthousiasme qu’inspirent d’une part l’hommage que vous rendez à la divinité et à la vertu et d’une autre part les victoires de la République sur ses ennemis. Enfin des atteliers de lessivage dans chaque commune et l’étabhssement au chef lieu d’un at-telier de fabrication du salpêtre dont le salin a été fourni en plus grande partie par des corvées patriotiques pour le brûlement des herbes et plantes, attestent sûrement le patriotisme de la société populaire et les bonnes dispositions du canton d’Ecos pour le succès de la Révolution. Mais la société le répétera toujours : ce n’est qu’en s’attachant aux principes de la Convention nationale, qu’elle est parvenue à former l’esprit public, aussi c’est à vous, vertueux représentans du meilleur des Peuples, c’est à vous seuls qu’elle est redevable de la tranquilité et du bonheur dont a joui le canton au milieu des orages de la Révolution. J. Debay, président, Muayer, secrétaire. 17 L’agent national du district de Calais-sur-Anille [ci-devant Saint-Calais], département de la Sarthe, fait part à la Convention que, pendant le mois thermidor, des biens d’émigrés, estimés 217 608 L ont été vendus dans ce district 500 885 L. Insertion au bulletin, renvoi au comité des Finances (24). 18 La société populaire d’Oloron, département des Basses-Pyrénées, informe la Convention nationale que les vils esclaves de l’Espagne ayant souillé le territoire de la République, et incendié soixante-dix granges, remplies de fourrage et de bled, ont été vaincus et repoussés par quatre cents Républicains, quoiqu’ils fussent au nombre de 5 000. Mention honorable, insertion au bulletin (25). (24) P. V., XLVI, 238. Bull., 16 vend, (suppl.). (25) P. V., XLVI, 238.