[Convention nationale.} ARCHIVES PARLEMENTAIRES. *!r frimaire an II 573 1 J (21 novembre 1793 « Je suis avec respect, citoyen Président, votre concitoyen. « Millière, architecte et vérificateur de bâti¬ ments, rue Goquillière, n° 50. » Une députation de la Société populaire de Tours vient demander le rapport du décret qui renvoie dans ses fonctions Senard, membre du comité révolutionnaire de Tours, qu’elle dénonce comme un fédéraliste rejeté du sein de la Société popu¬ laire qu’il avait calomniée. Un membre [Richard (1)], ex-commissaire dans le département d’Indre-et-Loire, rend jus¬ tice au patriotisme de Senard et dément les faits dénoncés par la députation; il demande, pour que la justice soit exactement rendue, que les pièces soient renvoyées au citoyen Francastel, repré¬ sentant du peuple dans le département, qui pren¬ dra connaissance du tout, et prononcera défini¬ tivement. Cette proposition est décrétée (2). Suit la pétition des députés de la Société popu¬ laire de Tours (3). - - « Législateurs Montagnards, « Les efforts des contre-révolutionnaires de toutes les couleurs, des fédéralistes, modéran-tistes, feuillantistes, intrigants doivent échouer contre la surveillance active et l’énergie des Sociétés populaires; nous avons juré de vous les dénoncer, de vous dire sans cesse la vérité. Nous venons acquitter ce devoir au nom de la Société populaire de Tours. « Les autorités constituées du département d’Indre-et-Loire étaient composées d’aristo¬ crates ou d’intrigants voilés du manteau du républicanisme ; nous avons porté un œil sévère sur leurs principes et toute leur conduite. Nous finissions ce travail d’où dépend le succès de la Révolution, nous venions de le communiquer au représentant du peuple que vous avez investi de pouvoirs illimités, lors¬ qu’un homme, plus connu par ses principes, ses propos et sa. conduite contre-révolution¬ naire que par son immoralité profonde, un homme, l’ennemi le plus acharné des Sociétés populaires qu’il appelait des tripots, des assem¬ blées de mangeurs d’hommes, un homme qui, depuis deux mois n’a semblé les caresser que pour mieux servir son ambition, sa cupidité, ses vengeances personnelles qui, après en avoir été rejeté, s’y est introduit dans un moment où les vrais sans-culottes, les plus ardents répu¬ blicains étaient occupés à des commissions qui concernaient la chose publique, un homme, le défenseur déclaré des prêtres réfractaires, ces fléaux du genre humain, les auteurs exécrables do la guerre de la Vendée, un homme, concus¬ sionnaire, qui ne s’est servi de l’autorité qu’il avait surprise à la confiance publique que pour satisfaire son insatiable cupidité, un homme contre lequel ont protesté tous les citoyens qui composaient avec lui le comité révolutionnaire établi par le représentant du peuple Richard. Lorsque, dis-je, un tel homme, (1) D’après le Journal des Débats et des Décrets. (2) Procès-verbaux de la Convention, t. 26, p. 8. - (3) Archives nationales, carton C 285, dossier 827. par des allégations aussi mensongères que perfides, est venu surprendre à la religion delà Convention un décret qui serait la plus chère, la plus précieuse récompense que puisse se pro¬ mettre le plus ardent républicain, et c’est au moment même où la Société populaire, pour seconder vos efforts pour le succès de la Révo¬ lution, le triomphe de la République, vomissait cet homme exécrable de son sein, demandant au représentant du peuple sa destitution, son incarcération, et arrêtait le renvoi de toutes les pièces à l’appui des faits au tribunal révolu¬ tionnaire, qu’il avait l’impudente audace de s’annoncer auprès des législateurs pour l’ami du peuple. � « Législateurs, les conspirateurs dont les têtes viennent de tomber sur l’échafaud, les girondistes, les brissotins se disaient aussi les amis du peuple, et cherchaient à le tromper; et l’exécrable tyran aussi se disait le père du peuple. « Législateurs, les vrais sans-culottes, les chauds amis de la Révolution n’ont pu voir sans frémir le triomphe de ses plus cruels ennemis, il ne sera pas long parce que vous n’aimez que la vérité et que les Sociétés popu¬ laires auront toujours le courage de vous la dire; ce n’est point simplement le vœu de toute une société populaire qui ne veut répondre à ses calomniateurs que par la sévérité et l’inva-riabilité de ses principes révolutionnaires, que nous t’apportons, sainte Montagne, sanctuaire de la Révolution, l’asile de la vérité, ce sont des faits attestés par les pièces les plus probantes, les plus authentiques contre Sénard. Nous demandons que les pièces soient renvoyées à votre comité de sûreté générale pour vous en faire le rapport et vous prouver la pureté des intentions de la Société populaire de Tours, en vous demandant le rapport du décret qui renvoie Sénard dans ses fonctions. « Nous n’avons rempli que la moitié de notre tâche en vous dénonçant les scélérats qui cherchent à tromper le peuple en se couvrant du manteau de la Révolution ; il en est une autre bien chère à notre cœur, nous devons rendre témoignage aux vrais amis du peuple, aux ardents révolutionnaires, que les intrigants cherchent à calomnier Guimberteau, que le sans-culotte Guimberteau, que vous avez in¬ vesti de pouvoirs illimités dans les départements de Loir-et-Cher et d’Indre-et-Loire, a bien justifié votre confiance, qu’il s’est toujours montré l’ami des vrais sans -culottes, et qu’il est la terreur de tous les contre-révolutionnaires. Depuis qu’il a été envoyé dans ces départe¬ ments, il a porté l’esprit public au plus haut degré, la raison a fait des progrès incalculables. Depuis trois semaines déjà, 25 prêtres sont venus abjurer leurs erreurs dans le sein de la Société populaire. « Les républicains députés de la Société popu¬ laire établie à Tours et affiliée à cette séance aux Jacobins. « Bourée-Augier. » Extrait du registre des délibérations de la Société populaire de Tours, affiliée à celle des Jacobins de Paris (1). Le rapporteur du comité de surveillance de la Société a demandé la parole et a dit : qu’il (1) Archives nationales, carton C 285, dossier 827,