290 ARCHIVES PARLEMENTAIRES - CONVENTION NATIONALE y" [Le c. révolutionnaire de Vermenton (1) à la Conv.; Vermenton, 15 therm. II] ( 2). Citoyens représentants, Nous avons été saisis d’orreur et d’effroie, en apprenant l’infâme conjuration tramée contre le peuple françois et les représentants. Notre attachement à la liberté et la crainte que ce nouveau Crommvelle et ses infâmes satellites ne vous portassent quelques coups nous ont jettés dans les plus vives inquiétudes; mais vous avez bravé le péril; le tyrant est arrêsté; ses complices sont observés, et ne peuvent échapper à la vengeance du peuple; les braves habitans de Paris ont volé à votre secours pour partager vos dangers; la déesse de la liberté vous a couvert de son égide; aucuns coups n’ont été portés aux deffenseurs de nos droits, vous vivez, et la liberté triomphe. Grâce soit rendue à l’Estre suprême, qui a fait tomber sur la tête de ce monstre infernal, reste exécrable du marais, le juste châtiment dûe à ses crimes et à ses forfaits. Dignes représentants, que ne pouvions-nous partager vos dangers ! Nous ne pouvions que former des veux pour votre conservation. Nous sommes, d’esprits et de cœur, à vos séances; nous admirons la fermeté de vos démarches, le calme qui règne, dans votre enceinte, la justice qui dicte vos décrets, et la scélérité avec laquelle vous allez venger l’attentat fait à la liberté et à la patrie. Desjà le glêve nationale a frappé le scélérat Robespierre et une partie de ses complices; les autres attendent, dans la rage et la fureur, que le même supplice les dérobes à la honte et à l’infâmie. Sentinelle vigilant, du haut de la montagne chérie à tous vraies Français vous avez apper-çus le danger de la patrie, et l’embrasement qu’alloit causer se volcand infernale; mais, semblable à un fleuve majestueux dans son cours, vous allez renverser et annéantir tout ce qui peut s’opposer aux intérest de la République. O vous, déffenseurs de nos droits, représentants d’un peuple fier et courageux, achevez la tâche importante qu’il vous a confiée, et que vous avez si dignement commancée. Que la recherche la plus exacte et la plus scrupuleuse aille saisir, jusque dans les lieux des plus secrets, tous les scélérats qui ont trampé dans cette infâme projet. Qu’ils périssent tous ! Que le sol de la liberté soit purgé, la patrie vengée, les droits du peuple reconnus, la Convention respectée ! Alors votre tâche sera remplie. Mais, s’il étoit écrit dans les destins que la liberté, cette déesse chérie due nous estre ravie, vous avez juré d’annéantir la tirannie. Fidelles à votre serments, vous sçaurez mourir à votre (1) Yonne. (2) C 312, pl. 1244, p. 57. Mentionné par E I", 29 therm. (2e suppl1); J. Sablier (du soir), n° 1483 (pour 1485). poste, et tous les vraies Français se réuniront à vous, pour s’enfermer dans le même tombeau. S. et F. Picard (secrét.), F. Hollier (présid.). z [Le c. de surveillance de Bemay( 1) à la Conv.; Bemay, 15 therm. 11(2)]. Représentans du peuple, Un Catilina moderne osa conspirer contre la liberté de son pays, et ses vils complices sié-geoient avec lui sur la montagne. Trop longtems l’enceinte sacrée du sénat fut souillée par leur présence. Trop longtems leur bouche impure y j proféra le langage du patriotisme pour servir ■ plus facilement la tirannie. Mais enfin le masque est tombé. Leur tête hydeuse s’est découverte aux yeux du peuple, la hache nationale en a intercepté la communication avec leur cœur cangrené, et la patrie a été vangée. i Courage, législateurs, continuez de poursuivre I les ambitieux et les intrigants. Ce sont les plus terribles ennemis du peuple. Qu’ils tombent tous, qu’ils restent ensevelis sous les ruines de leurs échasses ! Quand à nous, nous ne vous flatterons point, mais nous vous imiterons pour vous admirer. S. et F. Lecharpentier, Girard, Planque, Pottier, So-cet, Piernou (agent nat.), Prêta voine, T.A. Donnât, A. Denis, Baptiste Pilette. a'" [ Les administrateurs du distr. de Thionville($), à la Conv.; s.d.]( 4). Citoïens, Des monstres qui, sous le masque d’une vertu rigide, qui, sous le manteau d’un patriotisme exalté, cachaient une âme atroce et une ambition effrénée, avaient jurés la perte des Représentans du peuple français, et, par contre-coup, celle de la liberté. Ils comptaient pour l’exécution de leur projet paricide sur le concours des citoïens de Paris. Déjà, profitant des ombres de la nuit, escortés des satellites qu’ils avaient séduits, et précédés de la foudre, ils se portaient sur la Convention C’est dans les momens de crise et de danger qu’on reconnaît le républicain vertueux. Aussi c’est à l’approche des factieux et des traîtres qui menaçaient la représentation nationale, que la Convention a déployé cette majesté imposante, ce courage froid et magnanime qui caractérise ■ les vrais représentans du premier peuple de l’univers. A peine eût-elle déclaré qu’elle mar-(1) Eure. (2) C 312, pl. 1244, p. 16; F.S.P., n° 400. Mentionné par S1", 29 therm. (2e suppl1) ■ (3) Moselle. (4) C 312, pl. 1244, p. 59. Mentionné par 5®1, 29 therm. (2! suppl1); M.U., XLII, 331. 290 ARCHIVES PARLEMENTAIRES - CONVENTION NATIONALE y" [Le c. révolutionnaire de Vermenton (1) à la Conv.; Vermenton, 15 therm. II] ( 2). Citoyens représentants, Nous avons été saisis d’orreur et d’effroie, en apprenant l’infâme conjuration tramée contre le peuple françois et les représentants. Notre attachement à la liberté et la crainte que ce nouveau Crommvelle et ses infâmes satellites ne vous portassent quelques coups nous ont jettés dans les plus vives inquiétudes; mais vous avez bravé le péril; le tyrant est arrêsté; ses complices sont observés, et ne peuvent échapper à la vengeance du peuple; les braves habitans de Paris ont volé à votre secours pour partager vos dangers; la déesse de la liberté vous a couvert de son égide; aucuns coups n’ont été portés aux deffenseurs de nos droits, vous vivez, et la liberté triomphe. Grâce soit rendue à l’Estre suprême, qui a fait tomber sur la tête de ce monstre infernal, reste exécrable du marais, le juste châtiment dûe à ses crimes et à ses forfaits. Dignes représentants, que ne pouvions-nous partager vos dangers ! Nous ne pouvions que former des veux pour votre conservation. Nous sommes, d’esprits et de cœur, à vos séances; nous admirons la fermeté de vos démarches, le calme qui règne, dans votre enceinte, la justice qui dicte vos décrets, et la scélérité avec laquelle vous allez venger l’attentat fait à la liberté et à la patrie. Desjà le glêve nationale a frappé le scélérat Robespierre et une partie de ses complices; les autres attendent, dans la rage et la fureur, que le même supplice les dérobes à la honte et à l’infâmie. Sentinelle vigilant, du haut de la montagne chérie à tous vraies Français vous avez apper-çus le danger de la patrie, et l’embrasement qu’alloit causer se volcand infernale; mais, semblable à un fleuve majestueux dans son cours, vous allez renverser et annéantir tout ce qui peut s’opposer aux intérest de la République. O vous, déffenseurs de nos droits, représentants d’un peuple fier et courageux, achevez la tâche importante qu’il vous a confiée, et que vous avez si dignement commancée. Que la recherche la plus exacte et la plus scrupuleuse aille saisir, jusque dans les lieux des plus secrets, tous les scélérats qui ont trampé dans cette infâme projet. Qu’ils périssent tous ! Que le sol de la liberté soit purgé, la patrie vengée, les droits du peuple reconnus, la Convention respectée ! Alors votre tâche sera remplie. Mais, s’il étoit écrit dans les destins que la liberté, cette déesse chérie due nous estre ravie, vous avez juré d’annéantir la tirannie. Fidelles à votre serments, vous sçaurez mourir à votre (1) Yonne. (2) C 312, pl. 1244, p. 57. Mentionné par E I", 29 therm. (2e suppl1); J. Sablier (du soir), n° 1483 (pour 1485). poste, et tous les vraies Français se réuniront à vous, pour s’enfermer dans le même tombeau. S. et F. Picard (secrét.), F. Hollier (présid.). z [Le c. de surveillance de Bemay( 1) à la Conv.; Bemay, 15 therm. 11(2)]. Représentans du peuple, Un Catilina moderne osa conspirer contre la liberté de son pays, et ses vils complices sié-geoient avec lui sur la montagne. Trop longtems l’enceinte sacrée du sénat fut souillée par leur présence. Trop longtems leur bouche impure y j proféra le langage du patriotisme pour servir ■ plus facilement la tirannie. Mais enfin le masque est tombé. Leur tête hydeuse s’est découverte aux yeux du peuple, la hache nationale en a intercepté la communication avec leur cœur cangrené, et la patrie a été vangée. i Courage, législateurs, continuez de poursuivre I les ambitieux et les intrigants. Ce sont les plus terribles ennemis du peuple. Qu’ils tombent tous, qu’ils restent ensevelis sous les ruines de leurs échasses ! Quand à nous, nous ne vous flatterons point, mais nous vous imiterons pour vous admirer. S. et F. Lecharpentier, Girard, Planque, Pottier, So-cet, Piernou (agent nat.), Prêta voine, T.A. Donnât, A. Denis, Baptiste Pilette. a'" [ Les administrateurs du distr. de Thionville($), à la Conv.; s.d.]( 4). Citoïens, Des monstres qui, sous le masque d’une vertu rigide, qui, sous le manteau d’un patriotisme exalté, cachaient une âme atroce et une ambition effrénée, avaient jurés la perte des Représentans du peuple français, et, par contre-coup, celle de la liberté. Ils comptaient pour l’exécution de leur projet paricide sur le concours des citoïens de Paris. Déjà, profitant des ombres de la nuit, escortés des satellites qu’ils avaient séduits, et précédés de la foudre, ils se portaient sur la Convention C’est dans les momens de crise et de danger qu’on reconnaît le républicain vertueux. Aussi c’est à l’approche des factieux et des traîtres qui menaçaient la représentation nationale, que la Convention a déployé cette majesté imposante, ce courage froid et magnanime qui caractérise ■ les vrais représentans du premier peuple de l’univers. A peine eût-elle déclaré qu’elle mar-(1) Eure. (2) C 312, pl. 1244, p. 16; F.S.P., n° 400. Mentionné par S1", 29 therm. (2e suppl1) ■ (3) Moselle. (4) C 312, pl. 1244, p. 59. Mentionné par 5®1, 29 therm. (2! suppl1); M.U., XLII, 331.