60 [Convention nationale.] ARCHIVES PARLEMENTAIRES. I brumaire an II 1 1 M2 novembre 1 /93 désiré qu’il en soit adressé copie à la Convention, la suppliant de l’accueillir avec cette bonté et cet intérêt si honorables pour des citoyens brûlants de patriotisme. Et ledit citoyen Couppard la Blotterie ayant assisté à la messe pour cette auguste fête, il a satisfait avec autant d’empressement que de reconnaissance au désir que la commune lui a témoigné d’entendre le discours, et il l’a pronon - noncé avec cette sensibilité et cette énergie que devait lui inspirer un sujet aussi digne. Et la passation du serment faite par lesdits citoyens de la commune, il s’est réuni avec les municipaux du dit lieu pour, dans un banquet frugal et fraternel, renouveler leurs vœux et leurs hommages pour les succès de la Répu¬ blique pour la destruction des malveillants, la perpétuité et la conservation de nos augustes représentants, Et de suite ledit citoyen Couppard la Blotte¬ rie, en hommage pour ce jour saint et solen¬ nel, a offert un ostensoir pour l’autel, une somme de cinquante livres pour les besoins de la fabrique et y a joint enfin l’offrande qu’il a pensé devoir être agréable à la municipalité : le cachet à l’emblème et aux armes de la nation. Et ayant été délibéré d’adresser à la Con¬ vention un extrait du procès-verbal, il a été unanimement voté d’y surseoir, pour en rendre le citoyen Couppard la Blotterie porteur lui-même, comme la marque la plus sensible, la plus flatteuse et la plus honorable qu’on pût lui donner de l’estime générale dont cette commune est animée en sa faveur, pour son pa¬ triotisme et les marques d’humanité et de bon cœur qu’il a données depuis qu’il est résident dans cette commune, et notamment à la suite des ravages que les Prussiens lui ont portés. La présente expédition délivrée par moi se¬ crétaire greffier de la municipalité dudit Cour-temont, soussigné, faite et conforme à la minute, sincère et véritable. Fait en la maison commune ce quatre oc¬ tobre mil sept cent quatre-vingt-treize, l’an II de la République française, une et indivisible. Bussy, secrétaire-greffier. L e citoyen Guy Ardouin, négociant de la com-mune de Triac, département de la Charente, offre de fournir, pour les défenseurs de la patrie, une quantité déterminée de boissons, dont il ne de¬ mande le payement qu’à la paix. Mention honorable, insertion au « Bulletin » (1). Les membres de la Société populaire séant à la Flotte, département de la Charente-Inférieure, applaudissent aux travaux de la Montagne et lui jurent le plus ardent dévouement. Mention honorable, insertion au « Bulletin » (2). Suit l'adresse de la société populaire de la Flotte (3). A la Convention nationale. « Citoyens représentants, « Nous désirions depuis longtemps que le sol de la liberté ne restât plus souillé par la pré-(1) Procès-verbaux de la Convention, t. 25, p. 167. (2) Procès-verbaux de la Convention, t. 25, p. 167. (3) Archives nationales, carton C 280, dossier 769. sence de sa cruelle ennemie, la plus scélérate et la plus perverse des femmes. Une étrangère issue de la race des plus odieux tyrans avait causé à elle seule tous les maux de la France; les mânes de nos frères morts dans les combats appelaient à grands cris la vengeancee sur la tête de la coupable Antoinette; vous l’avez livrée au glaive des lois, sa tête est tombée, nous vous félicitons et nous vous remercions de cette justice. Elle est, nous aimons à le croire, l’aurore des jours glorieux qui vont embellir le sort de la République, déjà le succès de nos armes ré¬ compense le courage infatigable de nos guer¬ riers, les esclaves du despotisme coalisé, ébran¬ lés de toutes parts, ne peuvent résister à la volonté d’un peuple de 24 millions d’hommes, ils sont résolus de vaincre et d’être libres. Ils le seront puisque vous secondez si parfaite¬ ment, législateurs, le vœu d’une grande nation qui a mis toute son espérance en votre sagesse et en votre énergie; nous sentons intimement que la rigueur de vos décrets est un gage assuré de la sollicitude paternelle avec laquelle vous veillez sans cesse à la prospérité publique. En bons et vrais sans -culottes, nous applaudissons à l’admirable Montagne et nous lui jurons le plus ardent dévouement. « Arrêté par la Société populaire et républi¬ caine des amis de la liberté et de l’égalité de la Flotte, département de la Charente-Inférieure, affiliée aux Jacobins de Paris, en la séance te¬ nue le 2e jour de la première décade du 2e mois de l’an II de la République française, une et indivisible. « A. P. Petit, président; L’Epine fils, secré¬ taire par intérim. » « Encore un monstre de moins, écrivent les sans-culottes de la Société montagnarde de Quim¬ per, Antoinette n’est plus! Vive la République ! vive la Montagne ! » Mention honorable, insertion au « Bulletin » (1). Suit l'adresse des sans-culottes de la Société montagnarde de Quimper (2). La Société montagnarde des sans-culottes de Quimper, à la Convention nationale. « Citoyens représentants du peuple, « Encore un monstre de moins. Antoinette n’est plus. « Vive la République! vive la Montagne! « Quimper, le 13e jour du 2e mois de l’an II de la République, une et indivisible. « Boutibonne, président; Lelong, secrétaire. Les sans-culottes de la commune de Laon invitent la Convention nationale de rester à son poste, et lui envoient le procès-verbal qui con¬ tient les détails de la fête civique qui a été célé¬ brée dans cette commune pour y planter de nou¬ veau l’arbre de la liberté. Mention honorable, insertion au « Bulletin » (3). (1) Procès-verbaux de la Convention, t. 25, p. 167. (2) Archives nationales, carton G 280, dossier 769. (3) Procès-verbaux de la Convention, t. 25, p. 167. [Convention nationale.] Suit la lettre d'envoi de l'adresse (1). Au citoyen Président de la Convention nationale. « Laon, le 15 brumaire, l’an II de la Répu¬ blique française, une et indivisible. « Républicain, « Je te fais passer l’adresse de la Société populaire de Laon. L’intérêt public exige que tu en donnes connaissance à la Convention. « C. Caignart, secrétaire de la Société de Laon. » Adresse (2). Adresse à la Convention nationale par les sans-culottes de Laon. « Braves Montagnards, « La ville de Laon qui a toujours soupiré pour sa liberté qu’elle doit à la sagesse de vos décrets, regarde la Constitution française comme le plus grand des bienfaits et l’aurore de son bonheur. Les sans-culottes de cette ville, pour consacrer un monument durable de leur reconnaissance et de leur allégresse, ont, conjointement avec des sans-culottes de Paris, replanté de nouveau l’arbre de la liberté aux grandes acclamations des vieillards, des jeunes gens et de différents ~ régiments alors casernés dans Laon. Cette fête a été brillante, les citoyens ont témoigné géné¬ ralement des transports de joie, et répétaient à grands cris : Vive la Montagne! vive la Consti¬ tution! vive la Liberté! « Le rassemblement s’est fait sur la plaine. « La musique du 26e régiment de chasseurs animait, enflammait les patriotes et désespé¬ rait toutes les différentes classes des citoyens malévoles : les diverses corporations constituées ont montré leur zèle et leur patriotisme. « La musique a précédé la marche. Les chas¬ seurs du brave La Bretèche, présents, ouvraient la marche, des vieillards, des enfants de l’hô¬ pital national, couronnés de chêne, avec une bannière portant cette inscription : La patrie nourrit V infirme et V orphelin. « Ensuite un bataillon de jeunes gardes na¬ tionales de jeunes gens, l’espérance de la patrie. « Les frères sans-culottes de Paris, de Laon, les hussards des Ardennes, 6e régiment, se tenant sous les bras, chantant des hymnes patriotiques. « Au milieu de tous les frères républicains était le représentant du peuple, le citoyen Roux, dont le républicanisme, le patriotisme a fait germer dans tous les cœurs l’amour de la Révolution. « Ce digne député, vraiment l’ami des répu¬ blicains, animait, enflammait tous les patriotes, il était l’âme et la vie des fidèles républicains. « La nichée des saints portés sur différents brancards a été dénichée. « Les frères d’armes de Paris et - de Laon, les hussards des Ardennes, 6e régiment, se tenant sous les bras, répétaient les chants de l’allé¬ gresse patriotique. « Des portraits, des statues, des tapisseries enrichies de figures, d’armoiries épiscopales, impériales et royales, seigneuriales ont été lacé-(1) Archives nationales, carton C 280, dossier 769. (2) Archives nationales, carton C 280, dossier 769. 61 rés, brûlés, avee les explosions de l’allégresse des citoyens républicains. « Un autre sac, rempli de papiers, de titres, d’archives, a été également livré aux flammes. « Un sans-culotte portant l’acte d’accusation de la ci-devant tigresse des Français a joui du plaisir de voir que cette infernale femme a été maudite. « Un autre sans-culotte portant copie d’un ci-devant grand maître des eaux et forêts, a déclaré que les arbres étant destinés à repré¬ senter la Liberté, on avait le droit de cueillir le plus bel arbre pour en faire un monument durable. « Deux pierres de la Bastille ont été portées en triomphe avec les Droits de l’homme. Marche. « On s’est rendu au district pour y planter l’arbre, et de là à la place de la liberté. « Les hymnes patriotiques y ont été chantés. ■ « Le citoyen Roux, représentant du peuple, a développé, dans un discours énergique, les vrais principes du républicanisme, la fermeté, le courage et l’intrépidité des sans -culottes, la marche, la perfidie des ennemis intérieurs et extérieurs. « Son discours a été vivement senti et ap¬ plaudi. « Le sans-culotte Bardin, du Panthéon fran¬ çais, a rappelé au peuple les moyens de con¬ server sa liberté, les avantages de la Révolu¬ tion, il a fait sentir la différence des fêtes civiques avec les cérémonies royales, ecclé¬ siastiques, etc.. Il a fini par chanter des cou¬ plets civiques. « Tous les monuments, les hochets, tapisseries de l’ancien régime ont été dévorés par les flammes, aux chants mille fois répétés de Vive la Montagne ! vive la Constitution et la Ré¬ publique! « On s’est rendu en la maison du culte dit catholique, on y a dansé et fait un repas frater¬ nel. Chaque citoyen y a apporté son pain et son pot-au-feu. Los citoyennes ont partagé l’allé¬ gresse générale de leurs maris et de leurs en¬ fants. « La fête a été terminée par des chœurs, des danses, des couplets patriotiques, suivis des transports et des explosions de joie dont les refrains étaient : Vive la République, la Consti¬ tution et la Liberté! Les salves de canon faisaient retentir les airs dans tous les moments délicieux dont le citoyen Roux, représentant du peuple, était l’âme. « Tel est, citoyens, le plaisir que nous avons goûté. Il est pur, mais il ne sera pas complet pour les enfants de Laon s’ils n’apprennent pas que la tête du plus perfide, du plus lâche des hommes, la tête de Philippe Egalité ne tombe pas prochainement sur l’échafaud. Au¬ tant le scélérat ambitieux nous a trompés par sa politique, autant sa mort et son ignominie éclaireront les Français qui ne connaissent pas encore la portés de ses prétentions perfides et funestes à la patrie. i « Quand vous aurez répondu aux vœux des Laonnais et de la France entière, vous aurez encore peu fait si vous, législateurs justes et bienfaisants; vous, les sauveurs de la France; vous, les libérateurs de vos concitoyens, vous ne consentez pas à rester à vote poste. « Réfléchissez : si vous quittez le gouvernail de la République, la liberté peut être ébranlée, ARCHIVES PARLEMENTAIRES, j ?£ brumaire an II (12 novembre 1 ; O.î 62 [Convention nationale.] ARCHIVES PARLEMENTAIRES. j fl novembre 1793 sa confiance réside en vous seuls. Jusqu’àce mo¬ ment vous avez eu l’intégrité, l’équité, le eou-rage d’épurer votre corps législatif, achevez votre ouvrage, et restez à votre poste jusqu’à la paix. « Sauvez la nation par votre sévérité, ce n’est que par cette conduite surveillante que vous pouvez prétendre à la reconnaissance de vos frères et à l’estime des enfants de Laon et du département de l’Aisne, qui vous devront leur bonheur et leur liberté. .. « P. C. M. Dumage, 'président; Gally, secré¬ taire; Dhonneur, secrétaire; C. Cai-gnart, secrétaire. » La Société populaire de Grandvilliers demande le rapport du décret qui ordonne que les ministres du culte seront salariés par la nation. Mention honorable, insertion au « Bulletin » (1). Un des représentants du peuple, chargé de la levée extraordinaire dans la seconde division, écrit de Soissons, le 21 brumaire, que Luillier, secrétaire-greffier de la commune de Cambrai, chez lequel on a trouvé 14 lettres d’émigrés et des quittances d’argent qu’il avait fait passer à Mons aux émigrés en 1793, et pour 3 à 400,000 li¬ vres d’accaparement, a été exécuté; avant de mourir, il a déclaré que dans son jardin il avait enterré une assez grande quantité de vaisselle d’argent avec 30 à 40,000 livres en espèces, appartenant à un émigré, nommé Roideville, ci-devant seigneur de Noyelles, près de Cambrai. Insertion au « Bulletin » et renvoi au comité de Salut public (2). Lettre des représentants du peuple dans les départements de la -Seine-Inférieure et circon-yoisins; ils informent la Convention nationale, qu’au désir de leur arrêté du 16 de ce mois, il part de la commune de Rouen deux bataillons complets, formés des citoyens de cette commune, bien armés et équipés, et très disposés à secon¬ der les républicains qui combattent les rebelles. Insertion au « Bulletin » (3). Suit la lettre des représentants du peuple dans les départements de la Seine-Inférieure et cir-convoisins (4). Les représentants du peuple français envoyés dans les départements de la Seine-Inférieure et circonvoisins, à la Convention nationale. « Rouen, 20 brumaire de l’an II de la Répu¬ blique française une et indivisible. « Citoyens nos collègues, « Nous vous prévenons qu’au désir de notre arrêté du 16 de ce mois, il part aujourd’hui (1) Procès-verbaux de la Convention, t. 25, p. 167. (2) Ibid. (3) Procès-verbaux de la Convention, t. 25, p. 168. (4) Bulletin de la Convention du 2e jour de la 3 e_ décade du 2* mois de l’an II (mardi 12 no-de la ville de Rouen 2 bataillons complets, for¬ més des citoyens de cette commune, bien armés et équipés, qui vont à Lisieux. La formation s’est faite on ne peut plus rapidement, malgré la répugnance de quelques individus qui au¬ raient préféré rester "dans leur magasin à mar¬ cher contre les rebelles. Us ont pris la dénomi¬ nation de premier et de second bataillon de la Montagne; ils sont suivis de 8 pièces de canon de campagne avec leurs munitions, de 75 ca¬ nonniers et de 100 cavaliers de la cavalerie nationale du département de la Seine-Inférieure. Le surplus des troupes part aussi du Havre. Le tout se réunira à Lisieux, et attendra les ordres du général Sépher; nous espérons que ce renfort sera d’une grande utilité aux républicains qui combattent les rebelles. L’activité des agents militaires mérite les plus grands éloges. La levée, l’organisation en compagnies, la formation en bataillons, l’armement, l’équipement, tout a été terminé en deux jours. Cette petite armée est partie de Rouen aux cris redoublés de Vive la République! Nous osons vous assurer que ces 2 bataillons sont . des plus beaux de l’armée, et que la majeure partie des citoyens qui les composent manœuvrent on ne peut' mieux. « Salut et fraternité. « Delacroix; Legendre. » « Je suis mère de cinq filles, écrit la citoyenne Jarnan, veuve Langerat, et j’ai le regret de n’avoir pas donné de défenseurs à la patrie ; j’ai 72 livres en argent, je vous les adresse pour contribuer aux frais de la guerre; et j’invite la Convention nationale à rester à son poste.» Mention honorable, insertion au « Bulletin » (1). Suit la lettre de la citoyenne J aman (2). « Citoyen Président, « Je suis mère de cinq filles, et j’ai le regret de n’avoir pas donné de défenseurs à la patrie. « J’ai 72 livres argent, je vous les adresse pour contribuer aux frais de la guerre. « Citoyen Président, si la Convention demeure à son poste (et il le faut), les tyrans seront chas¬ sés du globe, ma patrie sera en paix et nous serons heureux. « Salut et espoir. « Jarnan, veuve Langerat. » « Barbézieux, 2 e quartidi de brumaire. » Les sans-culottes du Cap-Breton, département des Landes, applaudissent au grand acte de jus¬ tice qui a fait tomber la tête de l’infâme Autri¬ chienne; ils invitent la Convention nationale à hâter le jugement des traîtres de Toulon et de vembre 1793); Archives nationales, carton C 278, dossier 736; Moniteur universel [n° 54 du 24 bru¬ maire an II (jeudi 14 novembre 1793), p. 219, col. 1] ; Mercure universel [24 brumaire an II (jeudi 14 no¬ vembre 1793), p. 212, col. 2]; Journal des Débats et des Décrets (brumaire an II, n° 420, p. 297). (1) Procès-verbaux de la Convention, t. 25, p. 168, (2) Archives nationales, carton G 278, dossier 741.