[Convention nationale.] séances, pour le décadi, 30 de brumaire, en l’honneur des représentants du peuple qui sont tombés sous les coups des amis des rois, et en l’honneur des autres républicains de tous les temps et de tous les pays. Ce sont vos frères, ce sont vos amis, sur la tombe desquels nous allons jeter des fleurs. Nous vous inviterions à y envoyer une députation, si nous n’étions per¬ suadés qu’il n’est besoin que de vous instruire de cette fête républicaine pour vous déterminer à le faire. Deflandre, ex -président ; Perrot, secré¬ taire ; A. Brute, secrétaire; Ronesse. Je jure, au nom de tous les citoyens de la ville de Franciade, de ne reconnaître d’autre culte que la liberté et l’égalité. Compte rendu du Moniteur universel (1). XJne nombreuse députation de la commune de la Franciade, ci-devant de Saint-Denis, est in¬ troduite. Parmi les dons qu’elle fait, on re¬ marque une grande croix de vermeil, la tête (1) Moniteur universel [n6 54 du 24 brumaire an II (jeudi 14 novembre 1793), p. 220, col. 1]. D’autre part, le Journal des Débals et des Décrets (brumaire an II, n° 420, p. 299), le Mercure universel |24 brumaire an II (jeudi 14 novembre 1793), p. 215, col. 1], le Journal de Perlel [ n° 417 du 23 brumaire an II (mercredi 13 novembre 1793), p. 347], Y Audi¬ teur national [n° 417 du 23 brumaire an II (mer¬ credi 13 novembre 1793), p. 4] et les Annales patrio¬ tiques el littéraires [n° 317 du 24 brumaire an II (jeudi 14 novembre 1793), p. 1469, col. 2] rendent compte de l’admission à la barre de la commune de Franciade dans les termes suivants : I. Compte rendu du Journal des Débats et des Décrets. Une nombreuse députation des citoyens habitant Franciade (ci-devant Saint-Denis ) est introduite à la barre. Elle porte à la Convention les images des saints et des rois qui étaient dans son église. La plupart sont en argent; le reste est en vermeil. Les porteurs forment le cercle dans la salle; l’orateur se place au milieu; il dit 5 ( Suit le texte de l'adresse que nous avons insérée ci-dessus d'après un document des Archives natio¬ nales.) La Convention nationale a renvoyé à la Commis¬ sion des monuments pour l’enlèvement de l’autel d’or. II. Compte rendu du Mercure universel. Une nombreuse députation apporte 5 à 6 bustes de saints, de vermeil; une châsse très belle en ver¬ meil; trois petites châsses d’argent. L'orateur : Nos prêtres ne sont point ce qu’un vain peuple pense, Notre crédulité fait toute leur science. . Législateurs, ces vers sont d’un grand écrivain qui prépara la Révolution, de Voltaire. (Suit un résumé de l'adresse que nous avons insérée ci-dessus d'après un document des Archives natio¬ nales.) (Applaudissements.) L’Assemblée y enverra une députation. Mention honorable et les honneurs de la séance. III. Compte rendu du Journal de Perlel. La Commune de Franciade, ci-devant Saint-Denis, apporte aussi tous les saints de son église. 22 brumaire an II 12 novembre 1793 de saint Denis et plusieurs bustes de saints» également de vermeil et garnis de pierres pré¬ cieuses. Les pétitionnaires sont accueillis aveG leur offrande par les plus vifs applaudissements. L'orateur. « Citoyens représentants, Nos prêtres ne sont pas ce qu’un vain peuple pense Notre crédulité fait toute leur science, (etc...). (Suit le texte de l'adresse que nous avons in¬ sérée ci-dessus d'après un document des Archives nationales. ) La Convention nationale renvoie à la Com¬ mission des monuments pour l’enlèvement de l’autel d’or, et ordonne l’insertion de l’adresse au Bulletin. Une députation des sans-culottes de la Nièvre est admise à la barre. « Infatigables, dit l’orateur, les sans-culottes du département de la Nièvre viennent pour la troisième fois apporter à la Convention la récolte qu’ils ont faite au profit de la patrie. Dans ce département, le mépris des richesses est tel qu’on y rougirait de la possession d’un écu, d’un bijou d’or; c’est à qui l’offrira pour le soulagement de ses frères. Elle annonce que 6 chariots d’argenterie sont à la porte de l’Assemblée, et qu’ilne reste à la Franciade qu’un autel d’or, qu’on n’a pu transporter à cause du précieux du travail. Elle demande que la Commission des monuments l’en débarrasse au plus tôt. Mention honorable. IV. Compte rendu de V Auditeur national. Les citoyens de Franciade, ci-devant Saint-Denis, apportent les saints, les châsses d’or et d’argent qui étaient dans leur commune. Ils ont dit aux saints de toutes espèces ! « Montrez-vous patriotes, marchez au secours de la patrie, levez-vous en masse, partez pour la Monnaie, » et aussitôt ils sont venus. Ces citoyens ont prié la Convention d’envoyer une députation à la fête qu’ils doivent célébrer le 30 en l’honneur des républicains de tous les pays. L’Assemblée accède à l’invitation et ordonne l’in¬ sertion au Bulletin du discours, vivement applaudi. V. Compte rendu des Annales patriotiques et littéraires. La commune de Franciade, apportant la tête de saint Denis el les guenilles prétendues sacrées qui V accompagnent, est admise à la barre. « On nous a dit, s’écrie l’orateur, qu’un miracle la fit voyager de Montmartre à Saint-Denis, un miracle plus vrai, plus authentique vient de la rame¬ ner à Paris. » Ici, l’orateur s’adresse aux saints et leur dit ! « O vous, les instruments du fanatisme, saints, bienheureux de toute espèce, soyez enfin patriotes, levez-vous en masse, servez la patrie, et faites dans ce monde notre bonheur que vous vouliez faire dans l’autre. » De nombreux applaudissements s’élèvent dans toutes les parties de la salle. L’orateur de la com¬ mune de la Franciade termine par annoncer que 6 chariots pleins d’or et d’argent sont arrivés à Paris, et ses concitoyens ont juré de n’avoir plus d’autre culte que celui de la liberté et de l’égalité ARCHIVES PARLEMENTAIRES. (Convention nationale.] ARCHIVES PARLEMENTAIRES. « brumaire an li 87 * (12 novembre 1793. Les pétitionnaires déposent 900,009 livres en numéraire, puis environ pour 2 millions en argen¬ terie; ils espèrent qu’ils seront imités par leurs frères de tous les départements. Selon eux, cet abandon des richesses conventionnelles est le seul moyen de tuer les tyrans du continent. La Convention nationale applaudit à l’offrande, la reçoit, en ordonne mention honorable et inser¬ tion au « Bulletin ». Les pétitionnaires sont admis aux honneurs de la séance (1). Suit le discours prononcé au nom de la dépu¬ tation des sans-culottes de la Nièvre (2). Les sans-culottes de la Nièvre, à la Convention nationale. « Représentants du peuple français, « Pour la troisième fois dans l’espace d’un mois, vous voyez les sans-culottes de la Nièvre apporter dans le sanctuaire de la loi tout l’or et l’argent de leur département. Le mépris pour ces métaux est à un tel point que, sans invi¬ tation, le peuple même des campagnes qui avait enfoui son numéraire, l’apporte dans la caisse patriotique en échange du papier-monnaie. Le croiriez-vous, représentants, un mendiant a versé dans ces caisses 1,900 livres en numéraire. Reste-t-il encore aujourd’hui chez nous un pré¬ jugé à combattre, nous avons porté le premier coup au fanatisme en démeublant les temples et en proscrivant dans l’opinion les prêtres; tous les prestiges ont fui loin de notre climat; la haine du fanatisme y égale aujourd’hui celle de la tyrannie; un prêtfe est regardé chez nous comme un ennemi de la patrie. Et comment pourrait-on supposer quelques vertus à l’apôtre d’un culte parricide qui assassine la nature en la déshonorant. Nous demandons, représentants du peuple, en échange de nos efforts et de nos travaux, l’abohtion légale d’une doctrine qui a coûté tant de sang à notre pays et qui, en le dépeuplant de citoyens, le repeuple de vices et d’esclaves; que tous ces temples disparaissent de nos cités et ne déshonorent plus le sol chéri de la liberté et de l’égalité, que les prêtres se cachent désormais pour escamoter leur Dieu dans un pain à cacheter et pour le faire dévorer aux visionnaires tout orgueilleux de digérer, dans leur infâme croyance, le créateur du monde et qui prétendent nous persuader que trois per¬ sonnes ne font qu’une : quelle bizarre indivi¬ sibilité. Fasse la Montagne que celle de la Ré¬ publique soit plus réelle, qu’elle s’établisse sur les débris du fanatisme et de la royauté et qu’elle s’éternise avec le règne de la raison qui a commencé pour la France le jour à jamais mémorable où les jongleurs de deux religions ont abdiqué dans cette enceinte leurs fonctions et abjuré leur erreur. « Vive la République une et indivisible ! Vive la Convention nationale ! vive la Montagne ! (Suivent 15 signatures.) Compte rendu de Y Auditeur national (3). Des citoyens de la Nièvre apportent l’or et l’argent de leur département. Ils déposent (Il Procès-verbaux de la Convention, t. 25, p. 178. (2 ) Archives nationales, carton G 280, dossier 769. (3) Auditeur national fn° 417 du 23 brumaire an II (mardi 13 novembre 1793), p. 5]. 900,000 livres en numéraire et près de deux millions d’argenterie. Ils demandent l’abolition d’une doctrine qui favorisait les tyrans, et que les temples disparaissent, comme les prêtres, de nos cités. Il sera fait mention honorable de cette of¬ frande, ainsi que de la conduite de la section des Tuileries, qui a veillé à la garde de ces tré¬ sors depuis leur arrivée à Paris. Un membre [Voulland (1)] observe que le Président avait reçu une lettre adressée : aux très dignes juges composant le Parlement , séant à Paris. Il l’avait dit à la Convention et l’on avait renvoyé cette lettre au comité de sûreté générale, sans l’ouvrir. Cette lettre est d’un galérien qui ne sait pas qu’il n’y a plus de Parlements, et qu’ils sont remplacés par des tribunaux criminels. Ce galé¬ rien prétend avoir été injustement condamné, il demande que son procès soit revu. Renvoyé au comité de législation (2). Compte rendu du Moniteur universel (3). Voulland. Le Président avait reçu une lettre adressée : Aux très dignes juges composant le Parlement, séant à Paris. Il l’avait dit à la Con¬ vention, et l’on avait renvoyé cette lettre au comité de sûreté générale sans l’ouvrir. Cette lettre est d’un 'galérien qui ne sait pas qu’il n’y a plus de Parlements, et qu’ils sont remplacés par des tribunaux criminels. Ce ga¬ lérien prétend avoir été injustement condamné. Il demande que son procès soit revu. Renvoyé au comité de législation. Adresse des républicains réunis en Société po¬ pulaire à Rodez. Us envoient à la Convention nationale le pro¬ cès-verbal des offrandes qu’ils ont reçues depuis le peu de jours que la Société est sortie régénérée du creuset d’un scrutin épuratoire. « Écoutez, ajoutent-ils, nos vœux et l’expres¬ sion de nos sentiments. En fixant pour toute la République le maximum des différentes espèces de denrées, vous venez encore de couper une des têtes de l’hydre aristocratique. Le coupable accapareur et l’avide négociant en ont frémi; c’est ainsi qu’en repoussant d’une main l’ennemi extérieur, vous réprimez de l’autre l’insatiable cupidité. Continuez, législateurs, de poursuivre (1) D’après le Moniteur universel* et le Journal des Débats et des Décrets. (2) Procès-verbaux de la Convention, t. 25, p. 179. (3) Moniteur universel [n° 54 du 24 brumaire an II (jeudi 14 novembre 1793), p. 219, col. 1]. D’autre part, les Annales patriotiques et littéraires [n° 316 du 23 brumaire an II (mercredi 13 no¬ vembre 1793), p. 1466, col. 1] rendent compte de la lettre de ce galérien dans les termes suivants : « Le Président. Je viens de trouver sur mon bureau une lettre ayant pour suscription i Aux très dignes juges et Président du Parlement de Paris. Cette lettre est d’un galérien qui, ignorant la réforme des abus, demande que son procès soit révisé. »