[Convention nalionale.] ARCHIVES PARLEMENTAIRES. { 23 novembre 1793 ' 713 XIV. La commune de Francîade, ci-devant Saint-Denis, VIENT D’ÉQUIPER A SES FRAIS DEUX CAVALIERS (1). Compte rendu des Annales patriotiques et littéraires (2). La commune de Franciade, ci-devant Saint - Denis, vient d’habiller, armer et équiper à ses frais deux cavaliers. ANNEXE fl A la séance de la Conventiopi nationale du 3 frimaire an II. (Samedi 3 3 novembre 1903). Comptes rendus, par divers journaux, de la discussion à laquelle donna lieu la motion de flfiühl relative à l’écliange des prisonnier� de guerre (3). I. Compte rendu du Journal des débats et des décrets (4). Rühl propose à la Convention d’ordonner l’échange des prisonniers étrangers, qui sont entre nos mains, contre les prisonniers français de Mayence et du Rhin. Il s’étonne de ce que l’on ne s’occupe pas de l’échange des repré¬ sentants du peuple livrés aux ennemis par une infâme trahison. Merlin appuie ces propositions. C’est moi, dit-il, qui ai fait prisonniers les trois princes de Linanges ; ce sont’de véritables prisonniers de guerre. Je demande que le conseil exécutif les fasse échanger contre Drouet et ceux de nos collègues qui sont dans les prisons des despotes. Levasseur. Je m’oppose à l’échange que l’on vous propose. Pourriez-vous traiter avec des traîtres du fruit de leurs trahisons, pour ceux que vous avez vaincus par la force des armes? Non. Nos collègues eux-mêmes condamneraient cette mesure. Tous les rois coalisés ne pourraient être échangés contre un représentant du peuple. Nous saurons bien forcer nos ennemis à nous rendre nos collègues; mais, je le répète, il ne peut y avoir d’échange. Laloy rappelle que la question fut agitée il y a quelque temps et que la Convention passa à l’ordre du jour, parce que ceux des représentants (1) Le don patriotique de la commune de Fran¬ ciade n’est pas mentionné au procès-verbal de la séance du 3 frimaire an II; mais il y est fait allu¬ sion dans le compte rendu de cette séance publié par les Annales patriotiques et littéraires. (2) Annales patriotiques et littéraires [n° 327 du 4 frimaire an II (dimanche 24 novembre 1793), p. 1513, col. I]. (3) Voy. ci-dessus, même séance, p. 672, le compte rendu de la même discussion d’après le Moniteur. (4) Journal des Débats et des Décrets (frimaire an II, n° 431, p. 37). qui sont au pouvoir de l’ennemi, n’y sont tombés que par des trahisons. Après quelques débats, les propositions sont renvoyées au comité de Salut public. II. Compte rendu de V Auditeur national. (1) Rühl. Ce n’est pas tout. Trop longtemps nous avons laissé dans l’oubli nos malheureux collè¬ gues qui, livrés par l’infâme trahison de Dumou-riez, gémissent dans les prisons de Kœnisseing ou de Coblentz. Je demande que les princes étrangers, que le sort de la guerre a fait tomber en nos mains, soient échangés contre ces dignes martyrs de la liberté. Ces propositions sont d’abord appuyées par di¬ vers membres, et particulièrement par Merlin (de Thionville); mais Levasseur s’est élevé con¬ tre. Il a fait sentir avec chaleur que ce n’était pas par la voie d’un échange que la République française devait se faire rendre des représentants du peuple, qui ne devaient pas être mis en ba¬ lance et en parallèle avec des princes et même des rois coalisés, « car, ajoutait-il, tous les rois de la terre ne valent pas un représentant du peuple français. Nos collègues ont été livrés par la plus infâme des violations du droit des gens ; ils doi¬ vent être rendus sans échange. Si on ne veut pas nous les rendre, nous avons des baïonnettes et des canons pour les ravoir. « Pendant ma mission à l’armée du Nord, j’ai failli être fait prisonnier à Warwick par les Anglais. Eh bien, je déclare que si je fusse tombé entre leurs mains je vous écrirais du fond de ma prison que je ne voudrais jamais consentir, en ma qualité de représentant du peuple, à être échangé contre un prince ou contre un roi. » Un autre membre. C’est parce que je méprise les princes que j’appuie la motion de Rühl. Nous ne pouvons que gagner à un échange qui nous rendra des collègues dignes de notre estime, pour des hommes appelés princes, qui sont de peu de valeur à mes yeux. Richard s’est aussi opposé à la motion de Rühl. Il a partagé les sentiments de Levasseur, et, comme lui, a demandé que la Convention nationale, conservant toute la dignité de son caractère, ne le compromît pas par un échange qui ferait oublier que des représentants du peu¬ ple, livrés par la plus infâme perfidie, ne doivent être demandés qu’à coups de canon et de baïon¬ nette. Ce sentiment a été partagé par toute l’As¬ semblée qui a passé à l’ordre du jour sur la mo¬ tion de Rühl. III. Compte rendu du Journal de Perlet (2). Rühl demande l’échange des patriotes cle Mayence contre les otages des pays du Rhin, et celui des représentants du peuple livrés par l’infâme Dumouriez, contre les trois princes de Linanges détenus à l’Abbaye. (1) Auditeur national [n° 428 du 4 frimaire an II (dimanche 24 novembre 1793), p. 2]. (2) Journal de Perlet [n° 428 du 4 frimaire an II (dimanche 24 novembre 1793), p. 434].