[Convention nationale.] ARCHIVES PARLEMENTAIRES, j Jj brumaire an II 345 Ions, et les muscadins, qui étaient à Eeims, à leur poste. J’exigeais de ceux qui se disaient infirmes les certificats de deux officiers de santé. J’ai trouvé dans ces départements une fabrique de charpie pour les plaies de nos frères d’armes. La citoyenne Cornier en avait déjà pour sa part 1,300 livres pesant. Dans la commune de Mon¬ tigny, il y en avait déjà 100 livres de faite. J’ai mis le vieux linge en réquisition à Chaumont, à Nogent, à Langres, trois manufactures de la¬ mes de sabre sont établies. Eeims, Epernay, avaient besoin de subsistances, je les ai appro¬ visionnées; Epernay l’est pour quatre mois. « Les administrations étaient bonnes, à l’exception de celle de Saint-Dizier, que j’ai renouvelée. Cependant, je ne puis le dissimuler, il faudrait les renouveler toutes. Les deux dépar¬ tements sont arriérés de sept millions. Dans leurs dépositions, la commune de Montigny seule a payé toutes les contributions. Les biens des émigrés se vendent très bien; un, estimé 26,000 livres, a été vendu 125,000. » (Applau¬ dissements.) La Convention nationale décrète l’insertion de ce compte au Bulletin, et la mention honora¬ ble du zèle de la citoyenne Cornier; elle décrète que la commune de Montigny a bien mérité de la patrie. III. Compte rendu du Journal de Berlet (1). Eühl, de retour du département delà Marne, . où. il avait été envoyé en qualité de représentant du peuple, rend compte de sa mission. La réqui¬ sition s’est faite avec joie et célérité; les musca¬ dins, qui s’étaient Gâchés ou qui avaient déserté les drapeaux de leurs bataillons, ont été recon¬ duits par la gendarmerie à leurs corps respectifs ; les administrations ont été renouvelées ; les sociétés populaires sont dans les meilleurs prin¬ cipes ; les contributions ont été très bien payées, en grande partie; les biens des émigrés se ven¬ dent à merveille. Tous les citoyens de ce département sont à la hauteur de la Eévolution; ils pourchassent et arrêtent journellement les prêtres réfractaires, les ci-devant nobles, les gens suspects. Le fils de Dietrieh, ancien maire de Stras¬ bourg, a é' é arrêté à Nogent et transféré à Paris, où sa conduite sera scrupuleusement examinée. Ce compte rendu par Eühl sera inséré au Bulletin. La Convention nationale approuve sa conduite et toutes les mesures de sûreté générale qu’il a prises. ’ ; i (1) Journal de Perlel [n° 421 du 27 brumaire an II (dimanche 17 novembre 1793), p. 377]. CONVENTION NATIONALE Séance du 27 brumaire, l’an II de la République française, une et indivisible. (Dimanche 17 novembre 1793) La séance est ouverte à 10 heures et demie (1). On donne lecture de la correspondance comme il suit : Le conseil général de la commune de Poitiers envoie une adresse dans laquelle il félicite la Convention sur la punition d’Antoinette, sur la destruction du fédéralisme et du fanatisme; il invite la Montagne à rester inébranlable. Mention honorable, insertion au « Bulletin » (2). Suit V adresse du conseil général de la commune de Poitiers (3). Adresse du conseil général de la commune de Poitiers, à la Convention nationale. « La liberté ou la mort! « Citoyens législateurs, « La tête de l’infâme Antoinette est donc enfin tombée. Cette nouvelle messaline ne souil¬ lera donc plus de sa présence odieuse le sol de la liberté. Puissent comme elle les brigands cou¬ ronnés expier bientôt leurs forfaits. Le fédéra¬ lisme abattu, le fanatisme anéanti, les manda¬ taires infidèles punis, la Vendée purgée des monstres qui l’habitaient; Lyon, cette ville orgueilleuse et rebelle soumise et détruite, voilà votre ouvrage. Vous avez tout fait pour la patrie, vous avez bien mérité d’elle. Montagne sacrée, c’est à vous seule à qui nous adressons nos hom¬ mages. Votre énergie a fait disparaître la plaine et le marais. Vous seule avez sauvé la Eépubli-que. Eestez à votre poste, braves Montagnards, achevez le grand œuvre de votre régénération, tels sont vos devoirs, tels sont les vœux de tous les sans-culottes. « Grâces vous soient rendues encore, citoyens législateurs, nous possédons le brave Ingrand, sa présence achètera de purifier notre atmo¬ sphère. « Les membres du conseil de la commune en permanence. » (Suivent 24 signatures. ) (1) Procès-verbaux de la Convention, t. 25, p. 266. (2) Ibid. (3) Archives nationales, carton G 279, dossier 754; Second supplément au Bulletin de la Convention du 27 brumaire an II (dimanche 17 novembre 1793).