10 ARCHIVES PARLEMENTAIRES - CONVENTION NATIONALE souffrir que qui se puisse être ose contrebalancer ses décrets. Ils lui jurent un attachement inviolable, et l’invitent à rester à son poste jusqu’à ce qu’elle ait rendu stable la constitution. Mention honorable, insertion au bulletin (6). [La société des Amis de la Convention de Boulay aux président et membres de la Convention nationale , le 10 brumaire an III\ (7) Citoyens Répresentans, Mandataires d’un peuple libre et souverain vous n’avés cessé de démontrer que votre unique but étoit d’en assurer les droits imprescriptibles, non seulement vous l’avés victorieusement vengé des tirans coalisés contre sa liberté, mais vous l’avés encore garanti des menées criminelles de la trahison. Cependant, malgré vos travaux toujours guidés par la sagesse et couronnés par d’heureux résultats, l’ambition et la tyrannie s’efforcent de rivaliser de pouvoirs avec la Représentation nationale, et cherchent à vous troubler au milieu de vos importantes fonctions. Elus par le peuple pour exercer toute sa souveraineté, ne souffrés jamais que qui que ce puisse être, ose contrebalancer vos décrets ; tout citoyen, il est vrai a le droit de vous faire des observations, mais il n’appartient qu’à la malveillance et à l’intrigue d’entreprendre de vous contre carrer. Nos ennemis extérieurs vaincus et fuians en grande hâte, le despotisme anneanti, le fanatisme expirant, les progrès rapides de la raison, la liberté reconquise, la vertu scrupuleusement recompensée, le crime rigoureusement poursuivi, tels sont les heureux effets de vos soins, tels sont aussi les motifs de notre inviolable attachement pour vous, votre tâche est encore de nous assurer la durée de ces bienfaits ; siégés donc sur l’auguste montagne jusqu’à ce que vous ayés rendu stable à jamais la constitution sage et bienfaisante que vous nous avés donné et que nous avons unanimement adoptée. Boulay le dix brumaire l’an 3 de la Republique française une et indivisible. Suivent 20 signatures. 4 Des citoyens composant la société populaire d’Alais [Alès] département du Gard, applaudissent à la chûte du tyran Robespierre et à la destruction de la tyrannie : ils invitent la Convention à rester à son poste et à donner à la France des lois sages et réfléchies. « Si la voix de la sagesse, disent-ils, se fait entendre dans le sein de la Convention, elle retentit bientôt dans tous (6) P.-V., L, 2. (7) C 328, pl. 1453, p. 2. Bull., 5 frim. (suppl.). les points de la République. » Ils jurent attachement à la Convention, fidélité au gouvernement démocratique, exécration à ses ennemis. Mention honorable, insertion au bulletin (8). [La société populaire d’Alès à la Convention nationale , le 4 brumaire an III\ (9) Liberté, Égalité, ou la mort. Représentans d’un peuple libre, Ce ne sera pas en vain que nous aurons lutté cinq années tour à tour contre le despotisme, la tyrannie, la trahison et les factions. Ce ne sera pas en vain que le sang de plusieurs milliers de nos braves frères d’armes aura été versé et que le char triomphant des français aura parcouru les régions de nos ennemis vaincus de toutes parts. La Convention nationale a fait entendre sa voix au milieu des agitations et tous les républicains se sont ralliés autour de la Convention, parce qu’elle leur a promis l’égalité, la liberté, la République, une et indivisible, le régné de la justice et de la vertu, la punition des traitres, des conspirateurs, des fripons, en un mot de tous les ennemis de la patrie et l’absolution des hommes égarés. Il ne restera désormais aux agents perfides des projets sanguinaires de Robespierre que l’echaffaud et aux applaudisseurs de son affreux système que la honte et le remord. Législateurs, restés à votre poste, continués vos glorieux, vos pénibles travaux ; donnés au peuple qui vous a envoyé et dont vous avés toute la confiance des lois sages et mûries dans le calme des passions. Si dans l’enceinte du Sénat français l’on n’entend que la voix de la sagesse, l’echo fidele en retentit dans tous les points de la République. La discorde au contraire agite-t-elle ses brandes désorganisatrices dans votre sein ? C’est un signal aux ennemis de la Révolution pour semer la division parmi nous, pour nous conduire de la division à l’anarchie et de l’anarchie au despotisme ; etes vous unanimes dans vos décréts, le peuple est unanime à les applaudir. En vain les monstres pour qui l’anarchie est un besoin et la tyrannie une jouissance chercheront à rallumer et parmi vous et parmi nous, les torches sanglantes de la Contre-Révolution, ils seront déçus de leurs criminels espoirs, vous serés calmes et le peuple qui vous observe le sera aussi. Vous continuerés à faire de bonnes lois et le peuple les observera fidellement, vous poursuivrés ses ennemis de quelque forme qu’ils s’enveloppent et il vous secondera de son généreux dévouement. C’est ainsi que se préparera le bonheur qu’attendent de vous, et ceux qui ont fait tant d’efforts, tant de sacrifices, pour terrasser les ennemis du dedans, et ceux qui ont prodigué leurs sueurs et leur sang pour repousser les (8) P.-V., L, 2. (9) C 328, pl. 1453, p. 3. Bull., 5 frim. (suppl.). SÉANCE DU 1er FRIMAIRE AN III (21 NOVEMBRE 1794) - N° 5 11 tyrans coalisés, loin de nos frontières. Ce bonheur, ils espèrent le trouver dans raffermissement de la République une et indivisible, et dans les douces jouissances de l’égalité et de la fraternité. Vive la République ! Vive la Convention ! Périssent tous les ennemis des gouvernements démocratiques ! DESPEISSE au 1er bataillon du Gard et 52 autres signatures. 5 Les citoyens composant la société populaire de Cérilly, département de l’Ailier, félicitent la Convention d’avoir triomphé par son énergie des factions de l’intérieur. Les journées des 9 et 10 thermidor ont rendu les Français à la dignité des hommes libres, et le peuple bénit la Convention, dont ces journées furent l’ouvrage. Ces citoyens ajoutent que si la tranquillité de leur pays a été menacée un moment, la présence du représentant Vernerey a maintenu l’ordre et la justice. « Représentans, disent-ils, ne croyez pas aux clameurs de quelques individus qui osent dire que l’aristocratie lèvent la tête, que le patriotisme est persécuté. Qu’ils désignent les aristocrates qui lèvent la tête, qu’ils nomment les patriotes qui éprouvent des persécutions». Ils terminent en vouant une haine implacable à tous les ennemis du bien public, en demandant le gouvernement révolutionnaire jusqu’à la paix, mais dirigé par la justice, et en jurant que leur seul point de réunion sera la représentation nationale. Mention honorable, insertion au bulletin (10). [La société populaire de Cérilly à la Convention nationale à la Convention nationale, s. d.] (11) Représentans du peuple françois, Ce n’étoit pas assez pour vous d’avoir fondé la republique, vous avéz du la maintenir contre ses ennemis, et vous avez rempli notre attente grâces vous en soient rendues tandis que toutes nos armées triomphantes au dehors, chassent devant elles les satellites des despotes que nos succès font pâlir jusque sur leurs thrones, votre energie a triomphé des factions de l’interieur, et les Cata-lina ne sont plus. Déjà le peuple secouant le joug dont l’acca-bloient les sectateurs des Robespierre et des Cou-thon, a récouvré ses droits, il bénit les journées des 9 et 10 thermidor, il bénit la Convention. Heureusement notre paisible contrée n’a point vu ces scènes déchirantes qui ont fait frémir l’humanité dans les départemens de l’Ouest et ensanglanté les rives de la Loire, nous n’avons point à gémir de l’effusion du sang innocent. Quelques agitateurs cependant ont parus parmi nous ; couverts du masque du patriotisme, et sous une feinte popularité ils ont parlé de sang et de pillage ; mais leur doctrine meurtrière et perverse ne fit qu’une foible impression sur l’esprit du peuple sans toucher à son coeur, de légers nuages obscurcicent notre horison, ils furent bientôt dissipés, et la présence du sage représentant Vernerey a maintenu la justice, l’ordre et la tranquillité qui avoient été menacés. Représentans, ne croyez pas à ces clameurs de quelques individus, que l’aristocratie leve la tête, que le patriotisme est persécuté, qu’ils désignent donc les aristocrates qui prennent de l’empire, et bientôt ils seront témoins de leur supplice ; qu’ils dénoncent les patriotes qui éprouvent des persécutions, ah ! il n’est pas un seul point sur le sol de la republique ou les autorités et le peuple entier ne s’empressent de venir à leur appuy. Mais ce langage n’est tenu que par ces hommes de sang, ces etres immoraux perdus dans l’opinion publique : quand ils crient que l’aristocratie leve la tête, c’est a dire que les cachots regorgent leurs proyes, et que les innocentes victimes de leur fureur recouvrent leurs droits avec la liberté ; lorsqu’ils disent que le patriotisme est persécuté, c’est à dire que les intrigans, les meneurs perdent l’empire despotique qu’ils avoient usurpé, ils voyent avec regret arracher de leurs mains sanglantes le sceptre de fer avec lequel ils se flatent encore, mais en vain, non pas de voiler les forfaits dont ils sont couverts, non d’effacer les traces de sang dont ils se sont abbreuvés, ils sont trop bien connus, mais de nous enchaîner encore par la terreur et déchaper ainsi à la vengeance nationale prêtre à les atteindre. Non, vous ne les croiyés pas, votre adresse au peuple nous assure que la justice et la probité ne sont plus de vains noms et que désormais les lois, sous l’egide de la vertu, régiront seules les français. Citoyens représentans, guerre, guerre à mort aux tyrans, aux despotes, aux aristocrates, aux intrigans, aux dilapidateurs des fortunes publiques et privées, à tous les frippons sous quelques masques et en quelques parts qu’ils se présentent, nous leur vouons une haine implacable ; nous demandons le gouvernement révolutionnaire jusqu’à la paix, mais dirigé par la justice et la vertu, que l’aristocrate, que tout ennemi du bien public tremblent, et ne puissent éviter le glaive de la loy, mais que la timide innocence n’ait plus a redouter le régime de sang que vous avez renversé ; le but ou nous aspirons est la liberté et la République une et indivisible, notre seul point de ralliement est la Convention nationale, notre unique confiance est en vous. Voila notre profession de foy. Suivent 56 signatures. (10) P.-V., L, 2-3. (Il) C 328, pl. 1453, p. 4.