336 ARCHIVES PARLEMENTAIRES - CONVENTION NATIONALE 4 La société populaire de La Ferté-les-Bois [ci-devant La Ferté-Vidame], département d'Eure-et-Loir, félicite la Convention nationale sur ses immenses travaux des deux premières années de la République, et l’invite à écraser les agens de Robespierre, les aristocrates, les ambitieux, les intrigans, les fripons, et à rester à son poste jusqu’à ce qu’elle ait achevé le bonheur du peuple français. Mention honorable, insertion au bulletin (5). [Les membres du bureau de correspondance de la société populaire de La Ferté-les-Bois au président de la Convention nationale, du 30 fructidor an IL] (6) Citoyen président, La société populaire de La Ferté-les-Bois dans sa séance du quintidi 25 fructidor, a arrêté qu’il seroit fait une adresse à la Convention nationale, pour la féliciter sur ses immenses travaux des deux premières années de la République, et l’engager à rester à son poste jusqu’à ce qu’elle ait achevé le grand ouvrage auquel elle a été appellée par la confiance des français, c’est-à-dire, le bonheur du peuple. Nous te l’adressons : veuilles bien la communiquer à la Convention, et l’assurer qu’elle n’exprime que foiblement les sentimens vraiment républicains de la société qui l’a signée. Vive la République. Vive la Convention! Borde, Crosson, Février. [La société populaire de La Ferté-les-Bois à la Convention nationale, du 30 fructidor an 17] (7) Citoyens représentants, L’hydre du despotisme des rois écrasé fut l’époque heureuse de la première année de la République. La seconde expire et avec elle l’hydre non moins terrible d’une tyrannie d’hypocrites ambitieux dégoûtants de sang et d’opprobre. La confiance nationale qui vous entoure exige impérieusement qu’en restant fermes à votre poste, pour consolider la liberté, vous déjouiez la malveillance qui rode autour de vous et qui vient de fraper la Convention dans la personne d’un de ses membres. Que la vengeance nationale se déploie! Si les infâmes agents de Robespierre vevdent encore du sang pour assouvir la soif de ses mânes, que ce soit le leur qui coule. Que celui des aristocrates qui semblent sortis des ruines du despotisme y soit confondu! Comprimez le modérantisme ! écrasez les ambitieux, les (5) P.-V., XLVI, 316. Bull., 26 vend, (suppl.). (6) C 322, pl. 1351, p. 25. (7) C 322, pl. 1351, p. 26. intrigants et les fripons. Ils n’ignorait pas cet homme dévoré de la domination, ce lâche vampire, que depuis longtems les intrigants, les hommes sans vertus, sous le masque du plus ardent patriotisme, veillaient constamment non pour le bien général, mais pour trouver tous les moyens de servir leur cupidité et leurs passions. Partout il trouva de ces jongleurs de l’opinion publique, partout il s’en fit des créatures qui devinrent ses coopérateurs à la tyrannie. Avec eux le dernier tyran osa donc former le dessein de renverser la liberté! Vous vous signalâtes par votre amour et votre dévouement pour la patrie, en brisant le joug du despotisme des rois, en terrassant les factions. Vous avez cédé un instant à l’espèce d’enchantement de cet atroce scélérat qui sut, par cinq années d’une hypocrisie raffinée, en contrariant l’opinion des uns, subjugant et flattant l’opinion des autres, sut parvenir au point de faire craindre un instant pour la liberté et l’anéantissement de la République. La liberté enfin aussi évidemment en danger, en vous électrisant vous a fait arracher le masque de cet homme de sang qui au nom de la nature, de l’humanité, de la liberté contre laquelle il conjurait, au nom de la justice, de la divinité même, ensanglantait la terre pour se l’approprier. Avec lui sont tombés ses complices les plus affidés ; mais il en existe encore. L’oeil de la surveillance les découvrira. La justice, la vertu mises à l’ordre du jour serviront de boussole pour les faire connaître. Le républicain sera enfin calme, l’intrigant inquiet, et l’aristocrate consterné. Les victoires en permanence sur les frontières désolent ces derniers et maintiennent constamment la terreur à l’ordre du jour pour les despotes coalisés. Que l’instruction publique depuis si longtemps attendue et aussi soigneusement écartée par le dernier tyran dont le projet manifeste était de tuer et les hommes et les arts, vienne déployer le germe des vertus qui doivent caractériser nos jeunes républicains ; qu’ainsi tous les hommes nés pour servir leur patrie, par de grands talents, ne restent point ensevelis dans les ténèbres et l’ignorance, esclave née du despotisme. C’est aux lumières du siècle que nous devons la liberté ; c’est à votre zèle pour le bien général de les propager, à vos talents, à votre grand courage de consolider votre ouvrage ; et à nous de répandre jusqu’à la dernière goutte de notre sang pour qu’il n’y soit porté aucune atteinte. Vive la Liberté, l’égalité. Vive la République, vive la Convention. Guerre aux ambitieux, aux intrigants, mort aux dominateurs et aux tyrans. Bazin, président, Livet, Chevrier, secrétaires et une page et demie de signatures (ceux ne sachant signer ont déclaré adhérer à la présente adresse). 5 Les sans-culottes du cinquième bataillon de la Drôme applaudissent à la chûte de Robespierre, et invitent la