354 fConvëàma nationale.] AftëïSVËS PÀRLEMËNÏÂIRES* f II Entendez les cris de reconnaissance de tous les bons républicains. Qu’ils sont joyeux de voir dans la tombe infecte la louve autrichienne réunie au tyran français I Mais le vœu du peuple n’est pas comblé : le coassement du marais frappe encore ses oreilles. Hâtez-vous, légis¬ lateurs, de faire jeter dans la même fosse ces crapauds et toute la boue qui les entoure; que là scélérate faction des brissotins, girondins, fblandistës et de tous les liberticides fédérés des départements soit frappée du glaive extermi¬ nateur. Purgez le sol de la République de tous ces reptiles venimeux pour rendre à jamais incorruptible l’atmosphère de la liberté. » (Suivent 102 signatures.) Lés administrateurs composant le directoire du département de Paris font part à la Convention nationale que le citoyen Lemasson, actuellement Assesseur du jugé de paix de la section de Beau-repaire» qui dès le 4 de ce mois a abjuré sa qua¬ lité de prêtre, et la citoyenne Leroy, êx-religieuse dès ci-devant FiileS-Dieu, ont fait devant ce di¬ rectoire la renonciation patriotique, le premier de la pension dè 1,000 livres dont il jouissait, et la deuxième de sa pension de 700 livres; elle a de plus offert le remboursement de 1,950 livres, montant des arrérages de cette pension qu’elle a reçue depufe le 1er janvier 1791. Mention honorable, insertion au » Bulletin » (1). Suit la lettre des administrateurs composant le directoire du département de Paris (2). lies administrateurs composant le directoire du département de Paris, à la Convention nationale. « Paris, le 3� jour (sic) de brumaire, l’an II ; de la République française, une et indi¬ visible. « Citoyens, « Le citoyen Le Masson, actuellement asses¬ seur du juge de paix de la section de Beaure-paire qui, dès le 4 de ce mois, a fait abjuration authentique de sa qualité de prêtre, et la ci¬ toyenne Le Roy, ex-religieuse du ci-devânt couyént des Filles-Dieu, ont fait, par devant nous, la renonciation patriotique : le premier, de la pension de 1,000 livres dont il jouissait eh qualité d’ex-bénëficier, et la deuxième, de sa pension de 700 livres. Cette dernière a de plus offert le remboursement de 1,950 livres dont les arrérages de cette pension par elle reçus depuis le 1er janvier 1791 jusqu’au 1er janvier pro¬ chain, savoir : pour les 9 premiers mois de 1791 sur le pied de '500 livres et pour le surplus, sur le pied de 700 livres. « Nous nous empressons de vous faire con¬ naître ces généreux sacrifices, et vous prions de leur accorder le tribut d’éloges qu’ils méritent. E. J. B. Maillard; Dubois. » ( 1) Procès-verbaux de la Convention, t. 25, p. 270. (2j ÆrcMvéS iïttUvnàles, carton C 279, dossier 754. Un membre [Monmayoü (1)] a proposé de dé¬ créter que toutes les lettres ou pétitions conté» nant des renonciations à des traitements ou pen¬ sions, seront renvoyées au comité de liquidation, qui sera tenu de les faire passer aux différents payeurs, et d’en retirer le récépissé. Cette proposition a été renvoyée au comité des finances, qui doit faire un rapport aujourd’hui (2). Châles, représentant du peuple auprès de l’ar¬ mée du Nord, écrit de Lille qu’il n’était plus prêtre depuis longtemps, et qu’il ne l’a jamais été ni de cœur, ni d’esprit. Insertion au « Bulletin » (3). Suit la lettre de Châles (4). Châles, Vun des représentants du peuple auprès do V armée du nord, à la Convention nationale. « Lille, 23 brumaire, an II de la République. « Citoyens mes collègues, « Je ne sais si, en offrant mon sang à la patrie dans les champs de Werwick, j’ai suffisamment expié le malheur d’avoir été prêtre, Je ne l’étais plus depuis longtemps, ou, pour mieux dire, je ne l’ai jamais été ni de cœur ni d’esprit. J’en fais la déclaration authentique et solennelle, et je jure, sur l’autel de la raison et de la liberté, de ne jamais ambitionner d’autres titres que celui d’homme et de citoyen. « Défendre les droits du peuple, maintenir par tous les moyens qui sont en mon pouvoir la Constitution que vous avez décrétée, recher¬ cher et combattre tous les partisans du roya¬ lisme, du fédéralisme, tous les ennemis dé la sainte égalité, telle sera, jusqu’à mon dernier soupir, mon unique profession. « Châles. » Thirion, représentant du peuple dans le dépar¬ tement de la Sarthe et autres circonvoisins envoie le bordereau double de l’argenterie envoyée à Orléans le 30 septembre dernier par l’ancienne Administration de ce département. Cettè argen¬ terie se monte à 645 marcs 7 gros; elle provient presque toute de la maison d’un émigré, où les administrateurs destitués la conservaient depuis le mois d’avril. Il annonce que ce délit est le moindre de tous ceux commis par ces adminis¬ trateurs qu’il a fait mettre en arrestation à Chartres. Un autre envoi d’argenterie estimé à plus de 200,000 livres, consistant en beaux petits saints d’or et d’argent, en ornements d’église et ustensiles précieux du fanatisme, va être fait par la commune du Mans à la Convention nationale.. Insertion au « Bulletin » (5). (1) D’après la minute qui se trouve aux Archives nationales, carton C 277, dossier 72b. (2) Procès-verbaux de la Convention, t. 25, p. 271.. (3) Procès-verbaux de la Convention, t. 25, p. 271. (4) Archives nationales, carton F1W 875, dossier Châles; Second supplément au Bulletin de la Conven¬ tion du 27 brumaire an II (dimanche 17 no¬ vembre 1793). M. Aulard, dans son Recueil des actes el de la correspondance du comité de Salut public, t. 8, p. 398, donne, pour cette lettre, le texte du Mercure universel, qui est très incomplet. (5) Procèsoerbaux de là Convention, t. 25, p. 271.