W [Convention nationale.] ARCHIVES PARLEMENTAIRES j ïnoSbr "ri biens nationaux, dilapidation commise par de perfides administrations, vous fera sans doute adopter les vues que vous présente la Société populaire de Tours, dont le républicanisme ne dort jamais, et qui consacre avec ardeur tous ses travaux à consolider la République, à cher¬ cher tous les moyens possibles de déraciner et détruire tous ces chancres politiques qui veulent saper une révolution qui, malgré tous les obs¬ tacles, nous donnera, dans toute sa pureté, la République une et indivisible. « L. Texier-Olivier, président; Chalmel, secrétaire. » , I Y. La Société populaire de la commune de Molières demande que la Convention lui envoie son Bulletin (1). Suit le texte de la pétition de la Société popu¬ laire de la commune de Molières, d’après un document des Archives nationales (2). La Société populaire de la commune de Molières, , [ à la Convention nationale. « Molières, chef -lieu de canton, district de f. ,, Montauban, département du Lot, le ; 24e jour de brumaire de l’an II de la . . , République, une et indivisible. « Citoyens représentants Montagnards, « Grâces soient rendues à toi, sacrée Mon¬ tagne, pour les bienfaits innombrables que tu as rendus et que tu rends tous les jours à ta patrie. C’est toi qui a su nous délivrer et te délivrer de ces lâches et perfides mandataires, égoïstes, brissotins et fédéralistes. C’est au mi¬ lieu de toi que l’homme républicain apprend à connaître parfaitement ses devoirs. Oui, c’est de toi que découle cette source abondante et inépuisable de vertus, sans lesquelles le citoyen n’est rien. « Ce sont ces vertus, Montagnards, que nous cherchons à acquérir journellement, mais le plus souvent nous manquons du sublime journal de la Montagne et de ton Bulletin, où chaque ligne renferme des traits sublimes et des actes bien¬ faisants et généreux. Aussi la Société populaire de cette commune, jalouse d’égaler et de sur¬ passer même toutes les autres en vertus répu¬ blicaines, a chargé son comité de correspondance de te demander de lui envoyer directement, et à son adresse, ton Bulletin. Elle l’a aussi chargé de te faire part de la joie qu’elle a ressentie du jugement et de la mort des Brissot, Vergniaud, Ducos et de leur monstrueuse clique. Nous nous sommes réjouis aussi et nous avons chanté l’hymne marseillais, en apprenant la peine justement due et méritée qu’a subie Philippe-Égalité, second Pinon, nou¬ veau Protée; le scélérat n’a pas eu honte d’em-(1) La pétition de la Société populaire de la com¬ mune de Molières n’est pas mentionnée au procès-verbal de la séance du 1er frimaire an II; mais en marge de l’original qui existe aux Archives natio¬ nales, on lit l’indication suivante : « Renvoyé au comité de correspondance, le 1er frimaire, an II de la République. » (2) Archives nationales, carton Dxl 25 (Loi). ployer toutes sortes de voies basses pour faire revivre la tyrannie et nous asservir sous un joug aussi humiliant. Elle est enfin tombée, cette tête orgueilleuse et hypocrite, et comme elles tomberont, celles de ses partisans, nous l’espérons, nous le jurons. « Vive la Montagne ! Vive la Convention ! Vive la République ! « Les membres composant le comité de corres¬ pondance, « Montratier; Desplat; Fournie; Dejean; Gignoux. « Séance du quartidi de la 3e décade de bru¬ maire de l’an II de la République, une et indi¬ visible. « Présidence du citoyen Dejean père. « La Société, après avoir entendu la lecture de l’adresse, en a adopté la rédaction et l’envoi à la Convention nationale. « Collationné par nous, président et secrétaire : « Dejean, président; Gignoux, secrétaire. »' V. La Société montagnarde de Bagnères-Adour annonce qu’elle s’est régénérée ET APPELLE L’ATTENTION DE LA CONVENTION SUR LA CONDUITE ANTI-CIVIQUE DES REPRɬ SENTANTS Piqué, Gertoux, Dupont et La-CRAMPE ( 1 ). Suit le texte de l’adresse de la Société monta¬ gnarde de Bagnères-sur-Adour, d’après un docu¬ ment des Archives nationales (2) : La Société montagnarde régénérée de Bagnères-sur-Adour, à la Convention nationale. « Longtemps le fédéralisme fit siffler ses affreux serpents dans Bagnères; longtemps ses machinations liberticides tendirent à séparer cette intéressante contrée du centre essentiel de la République. « Les intentions anti-révolutionnaires de quelques hommes méprisables qui déshonorent les vrais et nombreux montagnards des Pyré¬ nées, furent alimentées par les caresses perfides, par l’or corrupteur d’un conseiller des horreurs de la ci-devant cour, d’un monstre échappé à la surveillance magistrale de la commune de Paris, de Joly, enfin. « O crime ! ô honte ! cet homme dégoûtant encore du sang versé le 10 août 1792 devant le repaire infernal du dernier de nos tyrans, fut admis à participer aux délibérations d’une so¬ ciété qui se disait républicaine ! l’honneur même de les diriger, ces délibérations, la présidence lui [ fut conférée ! Contraste vraiment bizarre et étonnant ! Un fauteur de tyrannie, celui qui venait d’arrêter, d’organiser, d’exécuter le mas-(1) L’adresse de la Société montagnarde de Ba¬ gnères-sur-Adour n’est pas mentionnée au procès-verbal de la séance du 1er frimaire an II; mais en marge de l’original qui existe aux Archives natio¬ nales, on lit l’indication suivante : « Renvoyé au comité de sûreté générale, le 1er frimaire, an II de la République. » (2) Archives nationales, carton Dm 346, dossier Dupont. [Convention nationale.] ARCHIVES PARLEMENTAIRES, j 1“ frimaire . an Jl 601 1 J i 21 novembre 1793 sacre de l’ humanité, un ministre dn 10 août présider une assemblée dont la philanthropie dût être le caractère distinctif ! « Non, ce n’étaient pas des républicains qui le composaient alors, ce club trop fameux dans les fastes du girondinisme. C’étaient des conspi¬ rateurs qui, sous le dehors astucieux du civisme, cherchaient à pervertir l’opinion du peuple, pour, à l’aide de celle-ci, armer son bras tout-puissant contre son propre bonheur; la collec¬ tion de ces conjurés n’était autre chose qu’une ramification du grand système de conspiration qui devait précipiter le corps politique dans une dissolution prochaine. « Mais tant de projets furent vainement con¬ çus, le génie de la liberté était là pour les faire échouer, plus les obstacles sont nombreux pour entraver sa marche rapide, plus son triomphe est ressortissant aux yeux de ses ennemis : sem¬ blable au roc immobile qui brave le courroux simultané des vents et des flots, cette fille du ciel et de la raison domptera toujours les efforts redoublés de la tyrannie et la poursuivra jusque dans ses retranchements les plus cachés et les plus redoutables. « Grâces éternelles en seront rendues aux sénateurs Ysabeau, Monestier, Dartigoeyte et Cavaignac, le hideux fédéralisme a été abattu dans cette contrée, ses vils suppôts ne souillent plus les honorables fonctions de la magistrature. Les rênes de l’administration ont été ôtées de leurs mains parricides, et ont été placées entre celles des sans-culottes dont les principes purs et la conduite révolutionnaire nous garantissent leur fidélité pour l’exécution des lois. « Nous ne pouvons cependant pas vous le dissimuler, un amas effroyable de vapeurs in¬ fectes, qui s’étaient élevées de la vase du marais, empoisonnaient encore la Montagne de la So¬ ciété dite populaire de Bagnères. Il ne fallait rien moins qu’un violent coup de foudre pour les expulser dans le lointain. De bas valets de l’ex-ministre Joly, de vils girondistes s’y pa¬ raient forcément et avec une impudeur dont rien ne nous offre l’exemple du titre et du lan¬ gage des Montagnards contre lesquels naguère ils exhalaient les injures et le mépris les plus insolents; leurs délibérations portaient l’em¬ preinte de leurs principes, les patriotes gémis¬ saient sous le joug de l’oppression. « Tout d’un coup, les révolutionnaires Darti¬ goeyte et Cavaignac, par un de ces arrêtés mar¬ qués au coin de l’énergie, suppriment cette so¬ ciété qui souillait le nom qu’elle portait, mais sa non-existence ne devait être que momenta¬ née. De son abolition, elle se relève plus bril¬ lante et pure, sous le titre de société monta¬ gnarde, elle a pris le timon de l’opinion publique, et les citoyens qui la composent aujourd’hui, après avoir été pesés à la balance d’une censure régénératrice, croient convaincre la Convention de la pureté de leurs principes, en lui adressant leur profession de foi et leurs vœux de la ma¬ nière suivante : « Nous croyons que l’unité et l’indivisibilité de la République sont les bases uniques et assu¬ rées de son bonheur. En conséquence, nous te remercions, Montagne chérie, d’avoir lancé le décret d’accusation contre les conventionnaires (sic) convaincus d’avoir conspiré contre elle. « Mais, considérant que des 6 envoyés de ce département à la représentation nationale, deux seuls marchent dans la carrière du républica¬ nisme; que les quatre autres appelés Piqué, Oer-toux, Dupont et Laerampe doivent aussi être regardés comme conspirateurs, puisqu’ils écri¬ virent à notre département, alors girondin, et que celui-ci propagea, par la voie de l’impres¬ sion, que tous les événements des 31 mai, 1er et 2 juin et toutes leurs conséquences étaient une collection et continuation d’immoralités, que la force avait surpris les décrets à la Convention, qu’elle n’était pas libre, voulant dire par là que ses actes étaient tachés d’une nullité radicale; « Considérant que nous avons toujours été convaincus du contraire, et qu’une pareille mis¬ sive de nos quatre députés n’est sans doute que le remplissement du rôle qui leur avait été dis¬ tribué dans la grande pièce contre-révolution¬ naire, nous demandons que la même accusation soumette au tribunal révolutionnaire nos dépu¬ tés infidèles, pour que leur accession au fédéra¬ lisme soit légalement punie. « Nous demandons de plus que la sainte Mon¬ tagne, qui tient en main le tonnerre, le lance sur tous les ennemis de l’égalité, qu’elle reste à son poste jusqu’à ce que le vaisseau politique soit parvenu et ancré invariablement au port ; nous demandons que Monestier, et Dartigoeyte, aux¬ quels nous devons la régénération sociale de ce pays, y soient conservés, afin que si quelques-unes des cent têtes du hideux fédéralisme ve - n aient à y repulluler, ils soient là pour les abattre. « Les membres composant le bureau de la So¬ ciété montagnarde de Bagnères -Adour, départe¬ ment des Hautes -Pyrénées, « Pinac, président ; J. Rousse-Bezy neveu, secrétaire; Auguste Fréchou, secrétaire. » VI. Lettre du représentait Mallarmé pour ANNONCER QU’UNE INDISPOSITION l’a EMPʬ CHÉ DE REJOINDRE SOI! POSTE A LA CON¬ VENTION (1). Suit le texte de la lettre de Mallarmé d’après un document des Archives nationales (2). François -Auguste Mallarmé, député de la Con¬ vention nationale, au citoyen Président. « Pont-à-Mousson, le 26 brumaire de la seconde année de la République, une et indivisible. « Citoyen Président, « Je me serais rendu à mon poste dans le sein de la Convention, aussitôt que j’ai été informé du décret qui m’y rappelle, si je n’en avais pas été empêché par une indisposition, dont je joins ici le certificat. Je vous prie d’en informer (1) La lettre de Mallarmé n’est pas mentionnée au procès-verbal de la séance du 1er frimaire an II; mais on lit en marge de l’original qui existe aux Archives nationales l’indication suivante : « Ren¬ voyé au comité de Salut public le 1er frimaire an II.» D’autre part, il y est fait allusion dans le compte rendu de la séance du 1er frimaire publié par le Mercure universel [2 frimaire an II (vendredi 22 no¬ vembre 1793), p. 20, col. 1]. (2) Archives nationales, carton AFn 151, pla¬ quette 1225, pièces 9 et 10.