f Convention nationale.] ARCHIVES PARLEMENTAIRES. 569 d’un fer liberticide; en vain ont-ils voulu nous faire marcher pour porter le fer et le feu dans une ville qui n’a cessé de bien mériter de la patrie; en vain une administration corrompue leur a vendu son autorité; en vain cette admi¬ nistration perfide, enrichie des guinées de Pitt et Cobourg, a-t-elle eu la scélératesse de nous provoquer à une insurrection profane; en vain nous a-t-elle ordonné de nommer par chaque canton un député à leur soi-disant assemblée centrale de résistance à l’oppression, nous n’a¬ vons cessé de nous élever de toutes nos forces et de protester contre leur vœu sanguinaire et ty¬ rannique. « En vain ont-ils fait imprimer, ont-ils fait expédier à notre commune ainsi qu’aux autres leurs arrêtés perfides, leurs rapports faux et mensongers, les discours fanatiques des scélé¬ rats qui siégeaient parmi vous, nous en avons constamment empêché la promulgation, nous les avons laissés constamment ensevelis dans l’oubh, jusqu’à ce que, sur la motion du citoyen Samson, notre desservant, nous avons arrêté qu’ils seront ignominieusement brûlés sur la place de la Liberté ; les citoyens et citoyennes présents ont sauté par-dessus en des cris redou¬ blés de Vive la République une et indivisible ! Vive la Montagne ! après que le citoyen Samson notre desservant, eut chanté les couplets sui¬ vants qu’il avait faits relativement à la céré¬ monie : Sur l’air : Enfin après tous les orages. ■ Le sanguinaire despotisme Est enfin réduit aux abois Et le fier républicanisme Pourra seul nous donner des lois. (rible, O Français ! peuple bon, que ta vengeance soit ter-Que ton sol soit purgé de ce qui reste encore de bri-République une indivisible (gands. Voilà tes vœux et tes serments. (bis J En vain, le hideux fédéralisme A voulu souiller nos regards, Le glaive du patriotisme L’a terrassé de toutes parts. O Français, peuple bon, que etc. Jurons une haine éternelle A chacun de nos ennemis, Que le traître, que le rebelle Soient subjugués, anéantis. O Français, peuple bon, que, etc. Tremblez, Pitt, Cobourg et Guillaume, Tremblez, tyrans coalisés, Si nos fils quittent notre chaume Tremblez, vous serez terrassés. O Français, peuple bon, que, etc. En vain, Buzot et ses complices Ont tenté de nous désunir; La liberté fait nos délices, Pour elle nous voulons mourir. Tremblez, tyrans, notre vengeance sera terrible, Nous nous délivrerons de ce qui reste encore de bri-République une, indivisible, (gands. Voilà nos vœux et nos serments . (bis J Vous tous, souverains éphémères, Pétion, Buzot et Barbaroux; Avides du sang de vos frères, Pourquoi fuyez-vous devant nous? Que vos partisans vous mandent dans votre retraite, Qu’un feu vengeur brûle vos infâmes arrêtés. Rougissez de votre défaite, Craignez les Français irrités. (bis ) Sénat fier, Sénat redoutable, Qui méritez tant des Français, Restez, restez inébranlable, Restez, ne partez qu’à la paix. ’ :sr, Surveillez, proscrivez les ennemis de votre patrie, Décrétez, donnez-nous de bonnes et salutaires lois. Vous savez quel serment vous lie, Obéissez à notre voix. (bis) « Nous ne pouvons, législateurs, rien vous dire de plus, notre vœu est consigné dans ce dernier couplet. « Vous avez créé la République, restez pour la sauver. « Les membres du conseil général de la com¬ mune de la Trinité-du-Mesnil-Oury, canton de Saint-Julien -le -Faucon, district de Lisieux, département du Calvados, et du comité de sur¬ veillance. (Suivent 19 signatures.) « La Trinité du Mesnil-Oury, district de Li¬ sieux, le 4e jour de la seconde décade du second mois de la seconde année de la République, une et indivisible. » -.■■■£ � Ehrmann, représentant du peuple près Famée de la Moselle, écrit de Sarrebruck le 28 brumaire, que l’ennemi, après avoir abandonné le 27 les superbes positions qu’il occupait sur la rive droite de la Sarre, et s’être retranché à une lieue de Saint-Imbert, où nos troupes, après une marche forcée, sont parvenues à le joindre, et à l’obliger, après un combat très opiniâtre, de quitter cette seconde position, a profité de la nuit pour se retirer sur Hombourg, où l’armée républicaine va aller le trouver. Les habitants de Saint-Imbert ont assuré avoir vu passer beaucoup de voitures chargées des blessés ennemis. Jusqu’à présent, nous n’avons eu que 3 hommes tués et 15 blessés. Le chef de brigade Lombard, que l’armée a surnommé le « père Duchêne », a été le 26 con¬ duire des tirailleurs à la barbe de l’ennemi. Quel¬ ques-uns de ces tirailleurs, n’étant pas encore au fait de cette manière de guerroyer, s’étaient réunis au moment où un détachement ennemi se disposait à faire un feu de file sur eux. Il se hâta de s’approcher de ces tirailleurs, en leur criant et en leur faisant signe du bras de s’éparpiller : dans cet instant il reçut une balle qui lui tra¬ versa la main, et qui, quoique l’ayant blessé griè¬ vement, ne l’empêcha pas de continuer son ser¬ vice. Mention honorable et insertion au « Bulle¬ tin » (1). Suit la lettre d' Ehrmann, représentant du peuple près V armée de la Moselle (2). Ehrmann, représentant près l'armée de la Mo¬ selle, à la Convention nationale. « Sarrebruck, 28 brumaire, l’an II de la République française, une et indivisible. « Quoique privé du bonheur de combattre, avec nos braves frères d’armes, les vils esclaves (1) Procès-verbaux de la Convenlion, t. 26, p. 6. (2) Archives nationales, carton G 283, dossier 797] 570 [Convention nationale]. ARCHIVES PARLEMENTAIRES. [ t" frimaire an XI J l 21 novembre 1 du despotisme, par la pénible convalescence qui m’a forcé à rester à Sarrebruck, n’ayant pu, à cause de mon extrême faiblesse suivre mes collègues Soubrany et Richaud, qui se sont rendus, il y a 8 jours, au quartier général à Sarreguemines, je m’empresse d’ annoncer à la Convention nationale le succès des armes de la République dans cette partie de l’armée. « Hier, à six heures du matin, le petit camp de Sarrebruck, réduit à bien peu de monde à cause des forces qui en ont été tirées pour les porter sur différents points, devait attaquer les enne¬ mis dans leurs repaires (les colonnes de Sarre¬ guemines et de Sarrelibre devant agir en même temps), mais ces brigands n’ont pas eu le courage d’attendre les soldats de la liberté qui se réjouissaient de les faire entrer en danse pour une carmagnole, car à deux heures du matin ils ont abandonné les superbes positions qu’ils occupaient sur la rive droite de la Sarre, et ont battu en retraite. La troupe républicaine, co-mandée par le général Vincent , s’est mise à leurs trousses, et, par une marche forcée, est parve¬ nue à les joindre, sur les 10 heures, à une lieue de Saint-Imbert. « L’ennemi s’était déjà, retranché dans une position fort avantageuse, mais cela n’a pas empêché, que notre colonne, quoique bien infé¬ rieure en nombre, ne l’ait attaqué avec la plus grande valeur. Il a disputé le terrain avec beaucoup d’opiniâtreté, mais il n’a pu résister au zèle et à la bravoure d’hommes animés du désir d’-exter miner tons les tyrans et leurs satellites ;, il a été forcé de céder cette position et dé continuer sa retraite sur Saint-Imbert. La nuit les a empêchés de le pousser plus avant à cause des mauvais chemins et de la nouvelle position qu’il venait de prendre. a Nos troupes ont bivouaqué à une très petite distance de ce troupeau d’esclaves, espérant pouvoir, ce matin, l’engager à un combat, mais ils ont profité de la faveur de l’obscurité et de la grande quantité de feux qu’ils avaient allumés pour quitter leur position et opérer leur retraite qu’ils paraissent diriger sur Hambourg. « Ce matin* à 6 heures, nos troupes sont en¬ trées à Saint-Imbert, et poursuivent leur marche sur Limbach, où l’ennemi n’aura sûre¬ ment pas envie de s’arrêter. Les habitants de Saint-Imbert ont assuré avoir vu passer beau coup de voitures chargées de leurs classés. Jus¬ qu’à présent nous Savons eu que 3 hommes (L tués, et 1 5 de blessés; « La: colonne de Sarrelibre a aussi repoussé l’ennemi de ce côté ; elle a passé la Brême, et se dirige sur Toley. « Je ir ai pas encore eu de nouvelles officielle� de mes collègue • qui, sans doute, ne manqueront pas, ainsi que le général Hoche, d’apprendre à la Convention le succès qu’ont eu les colonne >> parties de Sarreguemines pour marcher sur Blieseastel qai, à’aprè' tons les rapports, est maintenant en notre pouvoir,, puisque dès hier soir l’ennemi a été forcé d’en évacuer les hau¬ teurs. Bulletin de la Convention du Ier jour de la lre décade dü 3e mois de l’an II (jeudi 21 novembre 1793); Moniteur universel [n° 63 du 3 frimaire an II (sa¬ medi 23 novembre 1793), p. 255, col. 1]; Journal des Débats et des Décrets { frimaire an. II, ns 42$, p.il). Auêard t Recueillies actes et de la correspondance du comité de Salut public, t. 8, p. 548. « Nous avons lieu d’espérer que sous peu nous serons en mesure pour faire repentir les hordes d’esclaves de leur entreprise téméraire sur le sol de la liberté. « Je rappelle à la Convention nationale la let..re que je lui ai écrite le 18 du courant; j’en joins ici copie (I) et l’invite à prononcer promp¬ tement sur une demande qui intéresse essen> tiellement la chose publique. « Ehrmann. « P. -S. Le chef de brigade Lombari. com¬ mande ici en l’absence du général Vincent ; ce brave républicain, que l’armée de la Moselle a surnommé le Père Dnchesne, a été, avant-hier. conduire des tirailleurs à la barbe de l’ennemi pour l’inquiéter dans son camp; quelques-uns de ces tirailleurs n’étant pas encore au fait de cette manière de guerroyer, s’étaient réunis au moment où un détachement ennemi se dis¬ posait à faire un. feu de file sut* eux. Il se hâta; de s’approcher de ces tirailleurs en leur criant et en leur faisant signe du bras de s’éparpiller; dans eet instant il îeçut une balle qui lui a traversé la main; cependant, quoique très blessé, le courage ne l’a point abandonné et il n’a pas discontinué son service. « Ehrmanx. >> Le conseil général du district de Verdun invite la Convention à rester à son poste et la félicite des mesures sages et vigoureuses qu’elle a prises contre les mandataires infidèles "qui étaient dans son sein. Il annonce que lés citoyens de la pre¬ mière réquisition de ce district ont formé deux bataillons qui attendent avec impatience l’ordre de voler aux frontières. Mention honorable et insertion an « Bulle¬ tin » (2). Suit ta iettr ; dm conseil général dm district de Verdun (3). Le procureur syndic du district de Verdun , département de la Meuse, à la Convention nationale. « Verdun, le 22e brumaire, l’an II de la République française, une et indivisible. « Représentants d’un peuple fibre, « Enfin la liberté triomphe et la patrie sera sauvée, la louve autrichienne, cette femme altière et sanguinaire n’existe plus, déjà plusieurs conspirateurs ont payé de leur tête le prix dé leurs forfaits et de leurs crimes, partout les traîtres sont démasqués, partout le vengeance nationale les poursuit, la Vendée n’existe plus, Lyon, cette ville rebelle, est soumise, bientôt Toulon s’éclipsera, partout les républicains sont victorieux, partout les vils esclaves dés despotes couronnés sont terrassés ; déjà tous les citoyens de ce; district non mariés,, depuis l’âge de Ï8 ans jusqu’à 40 ont forme 2 bataillions, et attendent avec la plus vive impatience l’ordre ( 1 ) Cettecopie n’était pas jointe ; mais nous avons: inséré la lettre d’Efirmaian à, la séance du 22< brur maire. (Voy. ci-dessus, ,p. 96.) (2) Procès-verbaux, de la Convention, t. 26y p. 6. (3) Archives nationales, carton G 284, dossier 819.