540 [Convention nationale.] ARCHIVES PARLEMENTAIRES, j g �"�bre �93 Le citoyen Rougier Chatenet, ci-devant reli¬ gieux, fait part à la Convention de son mariage avec la citoyenne Lavallette (1). Suit la lettre du citoyen Rougier Chatenet (2). « Confolens, 22 brumaire de l’an II de la République française, une et indivisible. « Citoyen Président, « J’annonce à la Convention nationale mon mariage avec la citoyenne Marie Lavallette. J’avais eu la faiblesse de faire des vœux monas¬ tiques dans un temps où. de vieux préjugés re¬ tenaient ma raison captive et enchaînaient ma liberté Je me suis lavé de cette tache par mon amour constant pour la Révolution et par la haine implacable que j’ai vouée à toute espèce de tyrannie. J’abandonne pour toujours la classe des prêtres ou imposteurs, pour me ranger du côté des bons citoyens pères de famille. Mon mariage, célébré à Chabanais le 11 brumaire, fut une fête vraiment civique; des sans -culottes don¬ nèrent un repas auquel je fus invité avec mon épouse, on y porta les santés de la République, de la Convention et de la Montagne. On y chanta l’air Ça ira, la Carmagnole et l’Hymne marseil¬ lais. Cette cérémonie touchante fera connaître à la Convention que le peuple est lassé de ses an¬ ciennes superstitions et qu’il marche à grands pas vers la hauteur de la Révolution. « Rougier Chatenet. » La Société populaire de Dourdan invite la Con¬ vention à prolonger la mission du représentant du peuple Couturier, pour qu’il puisse électriser les communes qu’il n’a pas encore eu le temps de parcourir. Insertion au « Bulletin » (3). Suit un extrait de l’adresse de la Société popu¬ laire de Dourdan d’après le Bulletin de la Con¬ vention (4). La Société populaire de Dourdan invite la Convention à rester à son poste; elle demande que le citoyen Couturier, représentant du peuple, soit autorisé à rester à sa mission Renvoyé au comité de Salut public. Le citoyen Barraud (ou Barrand), ci-devant vicaire épiscopal, abjure ses erreurs; il renonce à son titre de prêtre et dépose ses lettres d’ordre. Mention honorable, insertion au « Bulletin » (5). Suit un extrait de la lettre du citoyen Barrand ,v d’après le Bulletin de la Convention (6). Le citoyen Barrand, du département de l’In¬ dre, ci-devant vicaire épiscopal, abjurant ses er¬ reurs, renonce à son titre et à son caractère de prêtre. Il dépose ses lettres, etc. (1) Procès-verbaux de la Convention, t. 25, p. 341. (2) Archives nationales, carton C 281, dossier 744. (3) Procès-verbaux de la Convention, t. 25, p. 341. (4) Supplément au Bulletin de la Convention du 10e jour de la 3e décade du 2e mois de l’an II (mer¬ credi 20 novembre 1793). (5) Procès-verbaux de la Convention, t. 25, p. 341. (6) Supplément au Bulletin de la Convention du Les citoyens Siriat, curé d’Arbignecy (d’Arbi-gnieu), et Bosquillon, ci-devant chanoine de Péronne, déposent leurs lettres de prêtrise et abjurent leurs fonctions. Insertion au « Bulletin » (1). Suit la lettre du citoyen Siriat (2). A la Convention nationale. « Citoyens représentants, « Je vous déclare que j’étais prêtre, que de¬ puis quelque temps je n’ai pas exercé mes fonc¬ tions. J’attendais le moment de retourner dans ma patrie pour vous envoyer mes lettres de prê¬ trise et y joindre des pièces curieuses que le ci-devant pape m’avait vendues. Comme la na¬ ture me fait un devoir d’obéir à la liberté et à la vérité, je déclare que je ne veux d’autre temple que celui de la République, d’autre ca¬ ractère que celui de républicain et que j’abdique mes fonctions sacerdotales et pastorales de la commune d’Arbigneux, et que je renoncerai avec plaisir à la pension que la générosité na¬ tionale accorde aux prêtres indigents, aussitôt que je serai pourvu d’une place qui puisse m’ai¬ der à soulager un père septuagénaire qui n’a d’autres ressources qu’en moi. J « Siriat, curé d’Arbigneux, district de Belley, département de l’Ain. c Paris, le 28 brumaire de l’an II de la Répu¬ blique française, une et indivisible. » Suit la lettre du maire de Montdidier annonçant le dépôt par le citoyen François Bosquillon de ses lettres de prêtrise (3). « Mondidier, le 7e jour de la 3e décade du mois de brumaire de l’an II de la Répu¬ blique française, une, indivisible et im¬ périssable. « Citoyen Président, représentant du peuple, « Le citoyen Luglien (sic) François Bosquil¬ lon, ci-devant chanoine de Péronne, habitant de ma commune, vient de me déposer ses let¬ tres de prêtrise. « Je m’empresse d’annoncer à la Convention nationale, par ton organe, cet acte civique de la part d’un de mes contemporains (sic). « Il m’a donné sa confiance, je m’en applaudis puisque j’ai été assez heureux pour le déterminer à faire le sacrifice que je désirais de lui. « Salut, union et fraternité. « Le maire de Montdidier, . « Pucelle. » 10e jour de la 3e décade du 2e mois de l’an II (mercredi 20 novembre 1793). (1) Procès-verbaux de la Convention, t. 25, p. 342. (2) Archives nationales, carton C 281, dossier 774. (3) Archives nationales, carton G 281, dossier 774.