[Convention nationale.] ARCHIVES PARLEMENTAIRES \ 28 b™mail'e an II . 429 { 18 novembre 1793 désiste et déporte du bénéfice de ladite pension Bernard (/haussier, vicaire épiscopal de Dijon, pour l’avenir. renonce à son état et à sa pension (1). La Convention nationale décrète la mention honorable et l’insertion au « Bulletin » (1). Les administrateurs du district de Dijon féli¬ citent la Convention nationale sur ses travaux, et invitent la Montagne à ne pas abandonner à des pilotes novices le gouvernail qu’elle a su diriger d’une main ferme; ils annoncent l’envoi de plus de 1,600 marcs d’argenterie provenant des églises et des émigrés. Mention honorable, insertion au « Bulletin » (2). Suit V adresse des administrateurs et employés dans l'administration du district de Dijon (3). Les citogens administrateurs et employés dans � l'administration du district de Dijon, à la Convention nationale. « Législateurs. « Envoyés pour fonder la République, vous vous êtes élevés à la hauteur de votre mission; vous avez connu les droits et la puissance d’une grande nation, et vous avez su les faire valoir. Aucun danger, aucun obstacle n’arrêtent votre marche rapide; les entraves se reproduisaient sans cesse jusque dans votre sein, et vous avez su vous en délivrer; le feu de la guerre civile menaçait de tout consumer, vous avez étouffé cette flamme dévorante ; vous avez dit à la Ven¬ dée : disparaissez, et la Vendée n’est plus. « Lyon, cette ville superbe, habituée à rendre nos cités tributaires de sa suprématie mercan¬ tile, s’est livrée aux perfides conseils de l’or¬ gueil et de l’intérêt privé, elle a méconnu la voix de la patrie, et Lyon est rayée du nombre des cités. « Vous avez fait un grand pas pour assurer le règne de la liberté et de l’égalité en faisant tomber les têtes des tyrans et de tous les cons¬ pirateurs; vous avez donné un grand exemple de courage en retranchant de votre sein tous les membres gangrenés. « Restez, Montagne inébranlable, vainement battue par les flots conjurés d’ennemis inté¬ rieurs, auxiliaires des tyrans coalisés; les traî¬ tres comprimés par vos mesures énergiques ne sont pas anéantis, les vagues mugissent encore, n’abandonnez pas à des pilotes novices le gou¬ vernail que vous avez su diriger d’une main ferme au milieu des orages, si les murmures des envieux retentissent à vos oreilles, le jugement équitable de la postérité vous dédommagera des peines et travaux endurés pour elle. « A Dijon, ce 8 brumaire, an II de la Ré¬ publique française une, indivisible et démocra¬ tique. » (Suivent 31 signatures.) (1) Procès-verbaux de la Convention, t. 25, p. 302. (2) Procès-verbaux de la Convention, t. 25, p. 302. (3) Archives nationales, carton G 278, dossier 743. D’après le Journal des Débats et des Décrets (bru¬ maire an II, n° 426, p. 380), cette lettre fut lue à la Convention par Guyton-Morveau. Suit la lettre de Bernard Chaussier (2). Bernard Chaussier, à la Convention nationale. « Dijon, 23 brumaire, l’an II de l’ère ré¬ publicaine. « Républicains de la Montagne, « En 1789, indigné de la conduite du ci-devant évêque Merenville, ex-constituant, je lui ren¬ voyai avec mépris ses lettres d’archi -prêtrise et ses vaisseaux d’onctions. « J’ai voté à la commune, il y a plusieurs mois, pour la suppression des conseils épisco¬ paux. L’adresse vous a été envoyée. « Depuis près d’un mois j’ai cessé les fonc¬ tions de desservant à la cathédrale, et j’ai re¬ noncé, et renonce au traitement décrété en der¬ nier lieu, en faveur des ex-vicaires épiscopaux. « Aujourd’hui j’envoie à la Convention mes lettres de prêtrise, de prise de possession de la cure de Francheville, de nomination à la place de vicaire de la cathédrale, et à la desserte de Corcelle-les-Citeaux. « Dégagé ainsi de toute autre entrave reli¬ gieuse, ma religion est la volonté nationale; l’exercice de mon culte, la pratique de l’éga¬ lité et de la liberté ; mes prières, un vœu ardent pour la prospérité de la République. « Quant au traitement que je percevais, je crois l’avoir mérité en prodiguant, très gratui¬ tement d’ailleurs, à mes ci-devant paroissiens, le fruit de mes études en l’art de guérir. « Bernard Chaussier. » Le citoyen Durand, prêtre, renonce à son état, et fait don à la nation de son traitement et des arrérages échus depuis 1792. Mention honorable, insertion au « Bulletin » (3). Suit la lettre du citoyen Durand (4). « Législateurs, « Dans un moment où tous les francs répu¬ blicains s’empressent de faire leur offrande à la patrie en danger, je supplie la Convention na¬ tionale d’accepter mon renoncement pur, sim¬ ple, entier et pour toujours au traitement an¬ nuel de 1596 livres 15 sols 10 deniers, fixé à mon profit par un arrêté définitif au départe¬ ment d’Eure-et-Loir, en date du 26 juillet 1792, et réduit, au mois de septembre suivant, à mille livres, par un décret général de la Convention; duquel traitement j’affirme n’avoir rien touché depuis le 15 mai 1792, comme il est aisé de voir par les pièces ci-jointes que je fais remettre à la barre de la Convention. (1) Procès-verbaux de la Convention, t. 25, p. 302. (2) Archives nationales, carton G 278, dossier 743. D’après le Journal des Débats et des Décrets (bru¬ maire an II, n° 426, p. 380), cette lettre fut lue à la Convention par Guyton-Morveau. (3) Procès-verbaux de la Convention, t. 25, p. 302. (4) Archives nationales, carton G 278, dossier 743.