SÉANCE DU 4 FLORÉAL AN II (23 AVRIL 1794) - N03 36 et 37 191 36 La commune de Meaux félicite la Convention nationale sur ses immenses travaux, l’invite à rester à son poste, et lui annonce qu’elle vient d’envoyer à la monnoie 1,462 marcs 8 onces d’argent. Mention honorable et insertion au bulletin (1). [Meaux, s.d.] (2). « Salut, reconnaissance et amitié; Législateurs, Le nouvel et grand exemple de justice et de sévérité que vous venez de donner à l’univers entier, en même temps qu’il vous acquiert des droits imprescriptibles à la reconnaissance du peuple français, il ajoute de nouveaux tributs d’éloges aux vertus républicaines qui caractérisent vos cœurs. Continuez, Législateurs, à poursuivre jusque dans leurs derniers retranchements, les scélérats conspirateurs, qui, sous le masque perfide d’un faux patriotisme, oseraient encore attenter à cette auguste liberté sous l’empire de laquelle tous les vrais français jurent de vivre et de mourir. Achevez, Législateurs, achevez de consolider le grand et sublime édifice élevé par vos mains à la félicité publique : achevez, incorruptibles montagnards, de faire triompher la République que vous créâtes au sein de la tempête et des orages de l’infernale et tyrannique coalition inutilement armée pour la détruire. Faites rentrer dans le néant et la poussière cette horde de brigands et d’esclaves que le crime seul enfante pour la honte et le malheur de l’humanité. Et nous, citoyens, tandis que vous travaillerez à l’affermissement de nos heureuses destinées, nous veillerons sans cesse sur les vôtres et comme par le passé, les lois que vous annoncerez feront la règle de notre conduite et leur exécution sera dans nos séances, à l’ordre de tous les jours et de tous les moments. Déjà la raison et la philosophie ont terrassé dans nos campagnes l’hydre du fanatisme et de la superstition qui violèrent et outragèrent trop longtemps les droits de la nature, de l’homme et de la vérité : toutes ces idoles métalliques que l’orgueil et l’imposture avaient élevé à l’ignorance, furent banies à perpétuité des temples qu’ils habitaient et ont été déportées par nos soins au creuset national. Il ne nous restait plus de ces gothiques colli-fichets que le riche vêtement qui servait à couvrir l’impudence, la terreur et l’ambition; nous les avons dépouillés de l’or et de l’argent dont ils étaient tissés et décorés; cette nouvelle récolte produisit 1462 marcs, 8 onces parmi lesquels il y a 2 marcs, 9 onces d’argent massif que nous vous faisons passer sous la responsabilité de l’un de nos collègues; nous conservons les morceaux de draps et d’étoffes qui restent a ces ornements, et nous vous prions de nous (1) P.-V., XXXVI, 76. (2) C 301, pl. 1077, p. 31. autoriser à en couvrir les patriotes infortunés de notre commune; cet usage ne peut répugner à vos cœurs, ni préjudicier aux intérêts de la République; la modicité de leur valeur jointe à leur inutilité actuelle, nous font espérer que vous accueillerez favorablement l’objet de notre demande. Bientôt, nous vous offrirons les salpêtres qui se fabriquent en ce moment dans cette commune, et nous serons bien récompensés des soins et de l’active surveillance que nous apportons au succès de notre atelier, si la matière que nous en attendons peut servir à exterminer le dernier des ennemis de la République ». Lemaître, Bonnard, Huette, Fossé, Jourdain, Masnet, Hédiard, Lelouy, Boutroy, Bon-temps, François, Tissot, Bénestroy, Jaunin. 37 La société républicaine d’Arc-sur-Tille, district de Dijon, et la société révolutionnaire de Gyé-sur-Seine, félicitent la Convention nationale sur la découverte des nouveaux complots des infâmes conspirateurs qui, abusant de la confiance du peuple, vouloient le remettre sous le joug, et elles l’invitent à rester à son poste. Mention honorable et insertion au bulletin (1). a [La Sté popul. d’Arc-sur-Tille, à la Conv.; 5 germ. Il] (2). «Représentants du peuple, Vous avez encore une fois sauvé la patrie. Vous avez déjoué les nouveaux complots de Pitt et de Cobourg. Vous avez livré à la justice nationale leurs infâmes agents, ces scélérats qui abusant de la confiance du peuple, voulaient le remettre sous le joug et égorger ses défenseurs. Nous vous félicitons, nous vous remercions, nous vous réitérons l’invitation que nous vous avons déjà faite plusieurs fois, de rester à votre poste jusqu’à ce que tous les tyrans, leurs satellites et leurs complices soient exterminés. Nous vous seconderons de tout notre pouvoir. Nous avons juré de vivre libre ou de mourir, nous tiendrons notre serment. Fait en séance publique tenue dans le temple de la Raison; Jacquemard et Calignon». « P.S. : que les ennemis de la patrie sachent bien qu’il ne leur reste plus aucune ressource. La dernière conjuration croyait exciter des troubles par la famine factice, par la rareté des subsistances qu’ils voulaient occassionner par leurs intrigues criminelles. Eh bien ! non seulement les subsistances ne nous manqueront point, mais nous avons encore le plaisir de vous annoncer que depuis que nous existons, nous n’avons pas vu une plus belle apparence d’une récolte ni plus abondante, ni plus précoce. Suivant toutes les probabilités, nous ferons cette (1) P.V., XXXVI, 76. Gyé-sur-Seine, départ4 de l’Aube. (2) C 303, pl. 1100, p. 32, 39; Mon. XX, 308. SÉANCE DU 4 FLORÉAL AN II (23 AVRIL 1794) - N03 36 et 37 191 36 La commune de Meaux félicite la Convention nationale sur ses immenses travaux, l’invite à rester à son poste, et lui annonce qu’elle vient d’envoyer à la monnoie 1,462 marcs 8 onces d’argent. Mention honorable et insertion au bulletin (1). [Meaux, s.d.] (2). « Salut, reconnaissance et amitié; Législateurs, Le nouvel et grand exemple de justice et de sévérité que vous venez de donner à l’univers entier, en même temps qu’il vous acquiert des droits imprescriptibles à la reconnaissance du peuple français, il ajoute de nouveaux tributs d’éloges aux vertus républicaines qui caractérisent vos cœurs. Continuez, Législateurs, à poursuivre jusque dans leurs derniers retranchements, les scélérats conspirateurs, qui, sous le masque perfide d’un faux patriotisme, oseraient encore attenter à cette auguste liberté sous l’empire de laquelle tous les vrais français jurent de vivre et de mourir. Achevez, Législateurs, achevez de consolider le grand et sublime édifice élevé par vos mains à la félicité publique : achevez, incorruptibles montagnards, de faire triompher la République que vous créâtes au sein de la tempête et des orages de l’infernale et tyrannique coalition inutilement armée pour la détruire. Faites rentrer dans le néant et la poussière cette horde de brigands et d’esclaves que le crime seul enfante pour la honte et le malheur de l’humanité. Et nous, citoyens, tandis que vous travaillerez à l’affermissement de nos heureuses destinées, nous veillerons sans cesse sur les vôtres et comme par le passé, les lois que vous annoncerez feront la règle de notre conduite et leur exécution sera dans nos séances, à l’ordre de tous les jours et de tous les moments. Déjà la raison et la philosophie ont terrassé dans nos campagnes l’hydre du fanatisme et de la superstition qui violèrent et outragèrent trop longtemps les droits de la nature, de l’homme et de la vérité : toutes ces idoles métalliques que l’orgueil et l’imposture avaient élevé à l’ignorance, furent banies à perpétuité des temples qu’ils habitaient et ont été déportées par nos soins au creuset national. Il ne nous restait plus de ces gothiques colli-fichets que le riche vêtement qui servait à couvrir l’impudence, la terreur et l’ambition; nous les avons dépouillés de l’or et de l’argent dont ils étaient tissés et décorés; cette nouvelle récolte produisit 1462 marcs, 8 onces parmi lesquels il y a 2 marcs, 9 onces d’argent massif que nous vous faisons passer sous la responsabilité de l’un de nos collègues; nous conservons les morceaux de draps et d’étoffes qui restent a ces ornements, et nous vous prions de nous (1) P.-V., XXXVI, 76. (2) C 301, pl. 1077, p. 31. autoriser à en couvrir les patriotes infortunés de notre commune; cet usage ne peut répugner à vos cœurs, ni préjudicier aux intérêts de la République; la modicité de leur valeur jointe à leur inutilité actuelle, nous font espérer que vous accueillerez favorablement l’objet de notre demande. Bientôt, nous vous offrirons les salpêtres qui se fabriquent en ce moment dans cette commune, et nous serons bien récompensés des soins et de l’active surveillance que nous apportons au succès de notre atelier, si la matière que nous en attendons peut servir à exterminer le dernier des ennemis de la République ». Lemaître, Bonnard, Huette, Fossé, Jourdain, Masnet, Hédiard, Lelouy, Boutroy, Bon-temps, François, Tissot, Bénestroy, Jaunin. 37 La société républicaine d’Arc-sur-Tille, district de Dijon, et la société révolutionnaire de Gyé-sur-Seine, félicitent la Convention nationale sur la découverte des nouveaux complots des infâmes conspirateurs qui, abusant de la confiance du peuple, vouloient le remettre sous le joug, et elles l’invitent à rester à son poste. Mention honorable et insertion au bulletin (1). a [La Sté popul. d’Arc-sur-Tille, à la Conv.; 5 germ. Il] (2). «Représentants du peuple, Vous avez encore une fois sauvé la patrie. Vous avez déjoué les nouveaux complots de Pitt et de Cobourg. Vous avez livré à la justice nationale leurs infâmes agents, ces scélérats qui abusant de la confiance du peuple, voulaient le remettre sous le joug et égorger ses défenseurs. Nous vous félicitons, nous vous remercions, nous vous réitérons l’invitation que nous vous avons déjà faite plusieurs fois, de rester à votre poste jusqu’à ce que tous les tyrans, leurs satellites et leurs complices soient exterminés. Nous vous seconderons de tout notre pouvoir. Nous avons juré de vivre libre ou de mourir, nous tiendrons notre serment. Fait en séance publique tenue dans le temple de la Raison; Jacquemard et Calignon». « P.S. : que les ennemis de la patrie sachent bien qu’il ne leur reste plus aucune ressource. La dernière conjuration croyait exciter des troubles par la famine factice, par la rareté des subsistances qu’ils voulaient occassionner par leurs intrigues criminelles. Eh bien ! non seulement les subsistances ne nous manqueront point, mais nous avons encore le plaisir de vous annoncer que depuis que nous existons, nous n’avons pas vu une plus belle apparence d’une récolte ni plus abondante, ni plus précoce. Suivant toutes les probabilités, nous ferons cette (1) P.V., XXXVI, 76. Gyé-sur-Seine, départ4 de l’Aube. (2) C 303, pl. 1100, p. 32, 39; Mon. XX, 308.