SÉANCE DU 5 FRIMAIRE AN III (25 NOVEMBRE 1794) - N° 1 153 C’est à la fermeté de vos principes, à la sagesse de vos lois, à l’énergie de vos vertus que nous devons le salut de la France. Complots et conspirateurs, tout disparoît devant vous. Grâces vous soit à jamais rendues sur les principes consolateurs que vous avez solemnelement proclamés dans votre adresse au peuple français, ils ont vivifié nos cœurs, ralumé notre courage, et vous ont gagné des droits étemels à notre recon-noissance. Au nom de cette gloire immortelle que vous avez si bien méritée, au nom du salut de la patrie, dont le bonheur et la prospérité sont l’unique objet de nos sollicitudes. Restez fermes à votre poste jusqu’à ce que la trace même du crime soit entièrement effacée du sol français et qu’on n’y voye régner que la justice et la vertu. Rabastens, dix brumaire l’an troisième de la République française une et indivisible. Les membres de la société populaire de Rabastens qui ont su signer. Suivent 65 signatures. s [La société populaire de Revel à la Convention nationale, Revel, s.d.] (23) Représentans d’un peuple libre, L’ouvrage sublime de la régénération des français, désiré depuis longtemps par l’austère philosophie, commancé depuis cinq ans, avoit été enrayé par l’astuce des hommes immoraux, qui après avoir rêvé que leur existance étoit un prodige de la nature, avoir médité d’assassiner ceux que la seine raison auroit dû toujours leur faire regarder comme leurs égaux en droit, mais loin de protéger leurs criminels projets, le génie bienfaisant des français les a proscrits, le sol sacré de la liberté n’est plus souillé par eux, les républicains les ont terrassés, en jouisseurs de leur victoire. Des orages multipliés ont néanmoins inquiété pendant un tems les vrais amis du régime républicain, ils ont vû les partisans du royalisme et des prêtres, enfanter des sophismes, qui dans un siècle moins éclairé auroient produit l’effet le plus désastreux pour la liberté, et à peine ces vils suppôts du trône et de l’autel ont-ils été démasqués et abbatus que des hommes aussi exécrables qu’eux, avaient essayé de diviser la République, pour exposer ses habitants à la guerre civile, mais ils furent d’abord anéantis. Le calme avait succéder à ces désordres, lorsqu’un catilina moderne et ses complices, dont les français maudiront à jamais la mémoire, profitant de la confiance aveugle que leurs flagornerie avait provoquée, tramaient au milieu du Sénat auguste de la France, des scènes d’horreur: le Tribunal inique dont ils étaient inventeurs en (23) C 328 (2), pl. 1455, p. 26. l’appui avait déjà rougi Paris du sang d’une infinité d’innocens, tandis qu’ils travaillaient à forger des fers qui nous auraient remis dans l’esclavage le plus avilissant ; mais les monstres sont découverts, leurs crimes multipliés les accusent, et l’enceinte sacrée où naguère, ils avaient été adorés, est le témoin de leur réprobation, ils sont convaincus et la vengeance nationale expurge de suite la République. Qu’el lustre n’ont point acquis vos séances, citoyens représentans, depuis que les triumvirs ne siègent plus parmi vous? Quels décrets immortels n’avez-vous point rendu? ils font toute notre admiration, ils feront celle des siècles à venir. L’adresse aux français que vous avez aussi décrétée, a déconcerté les partisans de la terreur, et a réssussité la justice et la vertu ; elle sera à jamais la source féconde où les vrais Républicains vont puiser les vertus qui doivent faire éternellement leurs délices. Recevez en, citoyens réprésentans, les félicitations et les remerciemens les plus sincères, les habitans de Revel, s’honoreront toujours de vous regarder pour leurs sauveurs et leurs pères, ils transmettront l’idée de vos vertus à leurs dessen-dans, et ils vous jurent eux même, de ne suivre d’autre loi que vos décrets, d’autre guide que votre conduite. Votée à l’unanimité à Revel, le (24) l’an 3ème de la République française une et indivisible. Suivent 133 signatures. t [La société populaire de Saugues-la-Montagne à la Convention nationale, Saugues, le 8 brumaire an III\ (25) Citoyens représentans, Dans notre séance du 28 vendémiaire, la lecture de votre sublime adresse au peuple français, a si bien satisfait les membres de notre société et toute l’assemblée, qu’elle a été couverte des plus vifs applaudissemens ; souvent même interrompue par les cris de vive la Convention ! vive le bon esprit qui l’anime ! gloire immortelle à nos augustes représentans! attachement inviolable au congrès national! Lui seul,... notre point de ralliement ! Toutes les âmes ont été électrisées du feu du plus ardent patriotisme, et, dans cet ineffable enthousiasme, ont éclaté spontanément les élans les mieux marqués de la reconnoissance et d’une adhésion formelle à cette instruction lumineuse et régénératrice que les grands principes qui y sont développés sont propres à combler le cœur, à éclairer l’esprit et à faire savourer le nouvel ordre des choses ! Nous l’avons tous senti, aussi allons-nous travailler de tout notre pouvoir à faire germer autour de nous cette semence précieuse. (24) La date a été laissée en blanc. (25) C 328 (2), pl. 1455, p. 28. 154 ARCHIVES PARLEMENTAIRES - CONVENTION NATIONALE Puisse-t-elle produire les mêmes fruits sur tous les points de la République ! puissent tous les citoyens français ouvrir les yeux à la lumière et se rapprocher de leur centre commun, en se serrant étroitement par les liens de la plus intime fraternité! puissent-ils de faire qu’une seule famille, unie de cœur, de sentiments et d’opinions ; afin que cet heureux ensemble et de ce bel accord, il puisse résulter l’extirpation entière des conspirations, le triomphe complet de la liberté et enfin le salut de la chose publique ! Continuez, augustes représentons, continuez avec courage, vos glorieux et inappréciables travaux, jusqu’à ce que vous aurez conduit heureusement au port, le vaisseau de la République, dont de malicieux requins suivent avidement les traces, pour en dévorer l’équipage. Les astuces perfides de ces monstres ne peuvent être déjouées que par votre vigilance continuelle. Restez donc fermes au poste où vous a placés la confiance d’une grande nation qui veut être libre. Soutenez votre énergie ; nous la seconderons de toutes nos forces, avec la masse des bons français. Maintenez sages législateurs, maintenez jusqu’à la paix, le gouvernement révolutionnaire tournant sur le pivot de l’équité et de la justice que vous n’avez pas mises en vain à l’ordre du jour. C’est le plus sûr moyen de déconcerter les malveillans, de traverser leurs desseins libertici-des, de rendre leurs efforts impuissans et de consommer le grand œuvre de la Révolution français, que vous avez commencé et continué jusqu’ici sous les meilleurs auspices. Persévérez aussi, intrépides athlètes, achevez de parcourir votre pénible lice ; ne vous rebutez pas : vous toucherez bientôt au but si désiré de vous et d’un peuple immense dont vous portez en main les hautes destinées. Toujours même constance, toujours même courage... et la victoire vous est assurée ; votre récompense vous attend, vous la trouverez dans la bienveillance et dans la gratitude de vingt-quatre millions d’hommes affranchis. Salut et Fraternité. Vive la République ! Vive la Convention ! Vivent les amis de la liberté et de l’égalité ! Suivent 30 signatures. u [La société populaire de Chalinargues à la Convention nationale, Chalinargues, le 10 brumaire an III\ (26) Législateurs, La vive allégresse et les applaudissemens mérités, les cris de vive la République, vive la Convention nationale, qui ont accueilli votre adresse aux français lue à notre tribune, démontrent évidement que les principes sacrés, sages, humains qui y sont énergiquement développés sont gravés dans les cœurs de tous les hommes (26) C 328 (2), pl. 1455, p. 15. libres qui seuls les garantiront avec élan, avec enthousiasme et les regarderont comme la boussole qui doit les guider dans la révolution, et le phâre à l’éclat duquel ils entreront dans le port fortuné. Le règne de [illisible] est ranimé sur les débris du triumvirat, le crime court à l’échafaud, l’innocence est remise, la [illisible] : le peuple dans ses droits, les magistrats dans leurs devoirs, les sociétés populaires dans le cercle de leur institution, chacun reprend sa place et la France son bonheur. Recevés de nouveau ces sentimens de gratitude et de dévouement. Vive la République. Vive la Convention. Paix au peuple, guerre aux tyrans. Suivent 23 signatures. v [Les citoyens de la société populaire de Luneville à la Convention nationale, s.l.n.d.] (27) Citoyens représentants, Touchés dans tous les temps d’une admiration respectueuse pour vos sublimes travaux, nous avons été particulièrement frappés de la plus vive émotion par votre dernière adresse au peuple français. Dès les premières nouvelles de l’expulsion entière des satellites des tyrans du sol de la République qu’ils infestoient, nous en avions fait éclater notre joie par une fête qui a précédé celle que vous avez décrétée solennellement : elle a été renouvellée avec le plus vif enthousiasme le jour indiqué par votre décret. Votre magnifique adresse au peuple français en étoit le plus bel ornement ; elle communiquoit à cette fête l’éclat des vertus qui y brillent. La lecture a été entendue avec transport par la société populaire, les autorités constituées et la garde nationale, réunis au temple de l’étemel, on y a été généralement saisi de l’énergie avec laquelle vous posiez d’une main ferme les fondements inébranlables de la République, en lui donnant pour base immortelle la justice et la vertu. Si ces filles du ciel glacées d’effroi des crimes du dernier tyan, s’y étoient précipitamment réfugiées, il appartenoit aux représentants du peuple le plus généreux de la terre, de les en faire descendre avec toute leur dignité, et dans toute leur pompe. Retenez dans vos mains, l’exercice du pouvoir à vous seul délégué, et dont vous usez si dignement. Les sociétés populaires, quelque nom qu’elles se donnent, ne sont que les sentinelles vigilantes de la Révolution; elles observent et avertissent; si la moindre teinte de rivalité venoit à s’y mêler, ce serait à tort le règne de la confusion, et la confusion nourrit tous les crimes, et détruit les meilleurs gouvernement. La France en a fait la funeste expérience, et si la postérité épouvantée détourne ses regards de cette page ensanglantée de notre histoire, elle les portera (27) C 328 (2), pl. 1455, p. 19.