80 ARCHIVES PARLEMENTAIRES - CONVENTION NATIONALE e [Charenton-Républicain, s.d.J (1) Représentants, Que les despotes se coalisent; qu’ils emploient la force, la perfidie et le crime; qu’ils fassent jouer tous les ressorts de la plus infernale politique pour détruire une République naissante qui doit les précipiter du trône, il n’y a rien qui doive étonner; mais que des hommes honorés par leurs concitoyens de la plus haute confiance, décorés des titres flateurs d’incorruptibles, de vertueux républicains, appelés à défendre les droits du peuple dans les plus nobles emplois, ne se servent de tous ces avantages que pour parvenir plus aisément à l’égorger, c’est un crime atroce dont l’histoire des révolutions n’a pas encor fourni d’exemple : ce crime est celuy de l’exécrable Roberspiere et des scélérats qui se sont rendus ses complices. La vengeance nationale s’est appesantie sur leurs têtes; elle a été prompte et terrible, tant par la juste peine qu’ils ont subi, que par l’ignominie qui les a suivi jusqu’au lieu du suplice. Puisse l’opprobre qui restera éternellement attachée à leurs noms servir d’exemple à ceux qui seraient tentés de les imiter, s’il était possible que la nature vomît encor de pareils monstres. Hommes modestes et vertueux, amis sincères de la patrie, vous dont tous les moments sont consacrés à rendre ses enfans heureux, recevez de nouveau le tribut de notre admiration et de notre reconnaissance. Jamais il ne fut mieux mérité, puisqu’au moment où, par l’effet de vos sages dispositions nos armées sont partout triomphantes, vous avez purgé la France d’ennemis d’autant plus redoutables qu’ils avaient étrangement surpris l’opinion publique. Courageux citoyens, continuez vos travaux glorieux; nos coeurs et nos bras, ceux de tous les bons Français, ne cesseront d’être à vous. Avec un pareil appuy l’édifice de la République sera toujours inébranlable. J. F. David ( secrét . de la sté popul.), J. Ruau (maire, Lavechef Du Parc ( ex-présid . de la sté popul.), Cavene ( ex-secrét .), Brémaux (off. mun.), Neveu ( ex-présid . du c. de surv.), Chaupoulot (du c. de surv.). Représentants Nous étions en société populaire à l’instant où l’on a répandu dans notre commune le bruit de la fermeture des barières. Tous les citoyens se sont aussitôt rassemblés à la maison commune et ont juré de se rallier à la Convention nationale; les authorités constituées se sont établies en permanence, et des mesures ont été prises pour la plus exacte surveillance. Nous sommes chargés de déposer sur le bureau le procès-verbal qui a été dressé à ce sujet. Lavechef Du Parc, Jean Dardenne, Cavenel, Chaupoulot, Brémaux, Rousseau (off. mun.). (1) C 312, pl. 1 240, p. 11, 12. 13. Mention dans B1", 17 therm. (suppf). [Extrait des registres des délibérations de la société populaire séante à Charenton-Répu-blicain (séance extraordinaire du 13 therm. Wl Sur la proposition d’un membre, la société arrête à l’unanimité qu’il sera demain envoyé une députation de quatre de ses membres à la Convention nationale pour la féliciter sur la découverte de la nouvelle conjuration ourdie par l’exécrable Robespierre et consorts. Les citoyens qui se sont offerts pour composer ladite députation sont Lavechef Du Parc, Jean Dardenne, Pierre Rémond et Cavenel. J. F. David (secrét.), Meuse (?) (présid.). [Conseil gal de la comm. de Charenton-Républi-cain (extrait des registres de ses délibérations du 9 therm. Il)] Les membres du conseil général et du comité de surveillance réunis en la maison commune, sur les avis qui ont été donnés qu’il y avait de la rumeur dans Paris et que la représentaion nationale était menacée, que les barrières étai[en]t fermées, le canon d’alarme tiré et le tocsin sonné, Les membres des autorités constituées, et tous les citoyens réunis en ce moment en la maison commune, ce sont levé simultanément et ont tous jurés de rester unis et de deffendre jusqu’à la dernière goutte de leur sang la Convention nationale. La municipalité, le comité de surveillance et la garde ont déclaré qu’ils resteroient en permanence nationale Collationné au registre, J. Ruau (maire) [et une signature (du secrét. -greffier) illisible]. P. S. Les membres pour porter l’adresse sont les citoyens Rousseau et Brémaux, officiers municipaux. 75 Un membre [BARÈRE], au nom du comité de salut public, fait un rapport sur les nouvelles reçues de l’armée du nord. Il en résulte que cette armée est sur le chemin de la Hollande, et que l’isle de Cassandra est au pouvoir de la République. La possession de cette isle nous assure la prise prochaine du fort l’Ecluse, que l’ennemi ne peut plus évacuer. Il laisse aux représentans du peuple et au général à apprendre les détails honorables de cette affaire, ainsi que les traits de valeur et de dévouement de nos braves défenseurs. Il donne lecture des lettres officielles (1). BARÈRE : Citoyens, aujourd’hui la victoire ne trouvera plus dans cette enceinte un ennemi des succès des armées, et toutes les mains seront unanimes pour applaudir dans ce moment au courage de l’armée du Nord. (1) P. V.. XLII, 317. 80 ARCHIVES PARLEMENTAIRES - CONVENTION NATIONALE e [Charenton-Républicain, s.d.J (1) Représentants, Que les despotes se coalisent; qu’ils emploient la force, la perfidie et le crime; qu’ils fassent jouer tous les ressorts de la plus infernale politique pour détruire une République naissante qui doit les précipiter du trône, il n’y a rien qui doive étonner; mais que des hommes honorés par leurs concitoyens de la plus haute confiance, décorés des titres flateurs d’incorruptibles, de vertueux républicains, appelés à défendre les droits du peuple dans les plus nobles emplois, ne se servent de tous ces avantages que pour parvenir plus aisément à l’égorger, c’est un crime atroce dont l’histoire des révolutions n’a pas encor fourni d’exemple : ce crime est celuy de l’exécrable Roberspiere et des scélérats qui se sont rendus ses complices. La vengeance nationale s’est appesantie sur leurs têtes; elle a été prompte et terrible, tant par la juste peine qu’ils ont subi, que par l’ignominie qui les a suivi jusqu’au lieu du suplice. Puisse l’opprobre qui restera éternellement attachée à leurs noms servir d’exemple à ceux qui seraient tentés de les imiter, s’il était possible que la nature vomît encor de pareils monstres. Hommes modestes et vertueux, amis sincères de la patrie, vous dont tous les moments sont consacrés à rendre ses enfans heureux, recevez de nouveau le tribut de notre admiration et de notre reconnaissance. Jamais il ne fut mieux mérité, puisqu’au moment où, par l’effet de vos sages dispositions nos armées sont partout triomphantes, vous avez purgé la France d’ennemis d’autant plus redoutables qu’ils avaient étrangement surpris l’opinion publique. Courageux citoyens, continuez vos travaux glorieux; nos coeurs et nos bras, ceux de tous les bons Français, ne cesseront d’être à vous. Avec un pareil appuy l’édifice de la République sera toujours inébranlable. J. F. David ( secrét . de la sté popul.), J. Ruau (maire, Lavechef Du Parc ( ex-présid . de la sté popul.), Cavene ( ex-secrét .), Brémaux (off. mun.), Neveu ( ex-présid . du c. de surv.), Chaupoulot (du c. de surv.). Représentants Nous étions en société populaire à l’instant où l’on a répandu dans notre commune le bruit de la fermeture des barières. Tous les citoyens se sont aussitôt rassemblés à la maison commune et ont juré de se rallier à la Convention nationale; les authorités constituées se sont établies en permanence, et des mesures ont été prises pour la plus exacte surveillance. Nous sommes chargés de déposer sur le bureau le procès-verbal qui a été dressé à ce sujet. Lavechef Du Parc, Jean Dardenne, Cavenel, Chaupoulot, Brémaux, Rousseau (off. mun.). (1) C 312, pl. 1 240, p. 11, 12. 13. Mention dans B1", 17 therm. (suppf). [Extrait des registres des délibérations de la société populaire séante à Charenton-Répu-blicain (séance extraordinaire du 13 therm. Wl Sur la proposition d’un membre, la société arrête à l’unanimité qu’il sera demain envoyé une députation de quatre de ses membres à la Convention nationale pour la féliciter sur la découverte de la nouvelle conjuration ourdie par l’exécrable Robespierre et consorts. Les citoyens qui se sont offerts pour composer ladite députation sont Lavechef Du Parc, Jean Dardenne, Pierre Rémond et Cavenel. J. F. David (secrét.), Meuse (?) (présid.). [Conseil gal de la comm. de Charenton-Républi-cain (extrait des registres de ses délibérations du 9 therm. Il)] Les membres du conseil général et du comité de surveillance réunis en la maison commune, sur les avis qui ont été donnés qu’il y avait de la rumeur dans Paris et que la représentaion nationale était menacée, que les barrières étai[en]t fermées, le canon d’alarme tiré et le tocsin sonné, Les membres des autorités constituées, et tous les citoyens réunis en ce moment en la maison commune, ce sont levé simultanément et ont tous jurés de rester unis et de deffendre jusqu’à la dernière goutte de leur sang la Convention nationale. La municipalité, le comité de surveillance et la garde ont déclaré qu’ils resteroient en permanence nationale Collationné au registre, J. Ruau (maire) [et une signature (du secrét. -greffier) illisible]. P. S. Les membres pour porter l’adresse sont les citoyens Rousseau et Brémaux, officiers municipaux. 75 Un membre [BARÈRE], au nom du comité de salut public, fait un rapport sur les nouvelles reçues de l’armée du nord. Il en résulte que cette armée est sur le chemin de la Hollande, et que l’isle de Cassandra est au pouvoir de la République. La possession de cette isle nous assure la prise prochaine du fort l’Ecluse, que l’ennemi ne peut plus évacuer. Il laisse aux représentans du peuple et au général à apprendre les détails honorables de cette affaire, ainsi que les traits de valeur et de dévouement de nos braves défenseurs. Il donne lecture des lettres officielles (1). BARÈRE : Citoyens, aujourd’hui la victoire ne trouvera plus dans cette enceinte un ennemi des succès des armées, et toutes les mains seront unanimes pour applaudir dans ce moment au courage de l’armée du Nord. (1) P. V.. XLII, 317.