Séance du 16 thermidor (soir) Présidence de COLLOT D’HERBOIS La séance est ouverte à huit heures. 1 Les autorités constituées et la commune d’Arcueil, district de Bourg-Egalité (1), félicitent la Convention sur la sagesse avec laquelle elle a su garantir la patrie et elle-même des pièges au moyen desquels les conspirateurs espéroient parvenir à immoler l’une et l’autre. Mention honorable, insertion au bulletin (2). [s.d.] (3) Représentants d’un peuple libre Vous avez encore une fois sauvé la patrie; vous avez su la garantir de tous les pièges qui lui ont été tendus sous différentes formes; vous saurez aussi la soustraire à tous ceux qui pourroient se présenter, si d’autres scélérats osoient encore en imaginer. La liberté et vous, avez failli être immollés; des monstres qui siégeoient parmi vous avoient juré votre perte et celle de la France entière. Oh, cruauté ! Quelle est la terre qui a pu enfanter tant de crimes ? Ils avoient creusé un abîme sous vos pas, mais, heureusement, le génie de la liberté, qui veille sur les destinées de la République, a arraché le masque qui couvroit les coupables, et vous, vous prévintent le danger au moment où cet abîme alloit écrouler (sic); et, en moins de vingt-quatre heures, vous fittent faire justice des plus grands coupables, et Paris, par vos sages mesures, fut calme comme avant; heureux résultat de vos travaux, les Français qui aiment la liberté ne seront plus idolâtres, mais ils sauront continuer à faire un rempard de leurs corps pour garrantir la représentation natio-nalle des attentats dirigés contre elle; ils la regarderont toujours comme la source de lu-(1) Département de Paris. (2) P.-V., XLIII, 11. (3) C 312, pl. 1 241, p. 21. mière, comme le point de ralliement de tous les vrais républicains français. Restés à votre poste, représentants fidelles et courageux. Continués à consolider la liberté tant de fois opprimée; n’abandonnés les resnes du gouvernement à une autre législature que lorsque vous aurez assuré notre bonheur commun par une paix durable. ■ Quand à nous qui, comme tous les vrais amis de la liberté, sont toujours debout et prêts à marcher à votre signal, nous réitérons le serment de verser jusqu’à la dernière goutte de notre sang pour le soutien de la République une et indivisible. Nous jurons, à la face de l’univers, de vivre libre ou de mourir plutôt que d’obéir à la tyrannie, sous quelleque forme qu’elle se présente. Et nous ne cesserons de répetter : périssent tous les traîtres ! Vive la République ! Vive la Convention nationalle ! Laforest (off. mun.), Dun (off. mun.), Dorcé (off. mun.), Michan ( maire ), Courtaz ( présid . de sté popul), Sabotin ( agent nat.), Feugère (off. mun.), N.G. Scribe (secrét.), Leroy (du c. de surv.) [et plus de 30 autres signatures], 2 La citoyenne Geofroi réclame la liberté de son mari et de son fils. Renvoyé au comité de sûreté générale (1). [Paris, 16 therrn. II] (2) Citoyen président, Mon fils et mon mari sont en arrestation depuis un mois, sans motif, sur la foi d’un procès-verbal qui, ne pouvant constater de délit, puisqu’il n’en existe pas, suppose l’intention de la résistance dans l’acte le plus naturel, et celle de manquer de respect dans la réponse la plus innocente. Nous demeurons à une portée de fusil du corps de garde. Mon fils, gendarme, étoit venu dîner avec nous. Après dîner, mon (1) P.-V., XLIII, 12. (2) C 314, pl. 1 259, p. 57. Séance du 16 thermidor (soir) Présidence de COLLOT D’HERBOIS La séance est ouverte à huit heures. 1 Les autorités constituées et la commune d’Arcueil, district de Bourg-Egalité (1), félicitent la Convention sur la sagesse avec laquelle elle a su garantir la patrie et elle-même des pièges au moyen desquels les conspirateurs espéroient parvenir à immoler l’une et l’autre. Mention honorable, insertion au bulletin (2). [s.d.] (3) Représentants d’un peuple libre Vous avez encore une fois sauvé la patrie; vous avez su la garantir de tous les pièges qui lui ont été tendus sous différentes formes; vous saurez aussi la soustraire à tous ceux qui pourroient se présenter, si d’autres scélérats osoient encore en imaginer. La liberté et vous, avez failli être immollés; des monstres qui siégeoient parmi vous avoient juré votre perte et celle de la France entière. Oh, cruauté ! Quelle est la terre qui a pu enfanter tant de crimes ? Ils avoient creusé un abîme sous vos pas, mais, heureusement, le génie de la liberté, qui veille sur les destinées de la République, a arraché le masque qui couvroit les coupables, et vous, vous prévintent le danger au moment où cet abîme alloit écrouler (sic); et, en moins de vingt-quatre heures, vous fittent faire justice des plus grands coupables, et Paris, par vos sages mesures, fut calme comme avant; heureux résultat de vos travaux, les Français qui aiment la liberté ne seront plus idolâtres, mais ils sauront continuer à faire un rempard de leurs corps pour garrantir la représentation natio-nalle des attentats dirigés contre elle; ils la regarderont toujours comme la source de lu-(1) Département de Paris. (2) P.-V., XLIII, 11. (3) C 312, pl. 1 241, p. 21. mière, comme le point de ralliement de tous les vrais républicains français. Restés à votre poste, représentants fidelles et courageux. Continués à consolider la liberté tant de fois opprimée; n’abandonnés les resnes du gouvernement à une autre législature que lorsque vous aurez assuré notre bonheur commun par une paix durable. ■ Quand à nous qui, comme tous les vrais amis de la liberté, sont toujours debout et prêts à marcher à votre signal, nous réitérons le serment de verser jusqu’à la dernière goutte de notre sang pour le soutien de la République une et indivisible. Nous jurons, à la face de l’univers, de vivre libre ou de mourir plutôt que d’obéir à la tyrannie, sous quelleque forme qu’elle se présente. Et nous ne cesserons de répetter : périssent tous les traîtres ! Vive la République ! Vive la Convention nationalle ! Laforest (off. mun.), Dun (off. mun.), Dorcé (off. mun.), Michan ( maire ), Courtaz ( présid . de sté popul), Sabotin ( agent nat.), Feugère (off. mun.), N.G. Scribe (secrét.), Leroy (du c. de surv.) [et plus de 30 autres signatures], 2 La citoyenne Geofroi réclame la liberté de son mari et de son fils. Renvoyé au comité de sûreté générale (1). [Paris, 16 therrn. II] (2) Citoyen président, Mon fils et mon mari sont en arrestation depuis un mois, sans motif, sur la foi d’un procès-verbal qui, ne pouvant constater de délit, puisqu’il n’en existe pas, suppose l’intention de la résistance dans l’acte le plus naturel, et celle de manquer de respect dans la réponse la plus innocente. Nous demeurons à une portée de fusil du corps de garde. Mon fils, gendarme, étoit venu dîner avec nous. Après dîner, mon (1) P.-V., XLIII, 12. (2) C 314, pl. 1 259, p. 57.