24 [Convention nationale.] ARCHIVES PARLEMENTAIRES, j Novembre T793 de Gennevilliers, ainsi que celui de tous ses fau¬ teurs et adhérents, au point que mes hardes et effets sont encore à Gennevilliers à la disposi¬ tion du procureur de cette commune, qui est un des plus furieux contre moi; car c’est son curé qui l’a déchaîné, et que j’aurais tout à risquer en allant chercher mesdits effets. « Ce considéré il plaise à la Convention na¬ tionale, en attendant la définition de toute cette affaire, ordonner provisoirement de la remise de mes effets et meubles, de manière à ce que je ne sois point exposé en allant les retirer. « Je joins ici la copie de l’acte de destitution qui me fut signifié le 2 novembre de l’an passé, pour cette pièce être jointe à toutes les autres que j’ai déjà remises à votre comité de sûreté générale. « Bachelu. « A Paris, ce nonidi de la 2e décade du 2e mois de la 2e année de la République française, une et indivisible. » Mémoire (1). Nous soussignés, maire, officiers municipaux et procureur de la commune de la paroisse de Gennevilliers, en vertu de l’arrêté que nous avons pris dimanche 21 octobre 1792, l’an Ier delà République, en l’assemblée générale de tous les citoyens et du curé de cette paroisse, avons l’honneur de représenter à M. l’Evêque de Paris et à son conseil, que le sieur Bachelu, prêtre et vicaire dudit Gennevilliers, ne remplit en rien les fonctions de son ministère; que, malgré les représentations réitérées qui lui ont été faites par nous de se conformer aux heures et usages de notre paroisse, nous n’avons jamais pu ob¬ tenir de lui, pendant le carême dernier, de venir à son confessionnal pour y préparer les per¬ sonnes à la quinzaine de Pâques ; il a eu l’indé¬ cence de faire des fiançailles dans sa chambre; le jour de la Saint-Louis il n’a point voulu dire la messe, ce qui a occasionné une émeute qui, heureusement, a été arrêtée par la prudence de la municipalité; il ne vient, ni fêtes, ni diman¬ ches, à l’office divin; il refuse universellement de faire tout ce qui est de son ministère, même les catéchismes ; en un mot, il ne fait rien, il ne veut rien faire. C’est pourquoi nous vous prions d’avoir égard à notre requête, de nous débarrasser d’un prêtre qui nous devient inutile, et qui fait continuelle¬ ment murmurer après lui par sa paresse, et de nous en envoyer un autre qui aimera mieux son devoir et son état. En foi de quoi nous avons signé. Signé : Dequeuvaillet, maire; Fleury, pro¬ cureur de la commune; C. Buttot; Nicolas Bauchi; P.-R. Royer; Jacques Pajer; Beaussire; Manel; A. Chappilloü, curé, (Avec le cachet de la municipalité de Genne¬ villiers, en cire rouge, en marge.) Je soussigné, curé de Gennevilliers, déclare que pour les causes mentionnées au présent mé¬ moire, je révoque le citoyen Bachelu, mon vicaire, pour en choisir un autre dès que le ci¬ toyen évêque et son conseil auront prononcé, (1) Archives nationales , carton F7 4584, dossier Bachelu. au désir de la loi, sur la légitimité desdites causes, ayant entièrement perdu la confiance des ci¬ toyens de la paroisse de Gennevilliers. En' foi de quoi j’ai signé, ce vingt-neuf oc¬ tobre mil sept cent quatre-vingt-douze, l’an premier de la République. Signé : A. Chappillon, curé. Vu le mémoire ci-dessus et les causes y men¬ tionnées, Nous, évêque métropolitain de Paris, de l’avis de notre conseil, les déclarons légitimes, et approuvons en conséquence la révocation pro¬ visoire faite par le citoyen Chappillon, cure de Gennevilliers, de la personne du citoyen Ba¬ chelu, pour son vicaire, et la déclarons bonne et valable. Fait au conseil, ce vingt-neuf octobre mil sept cent quatre-vingt-douze, l’an premier de la République. Signé : Le citoyen Gobel, évêque métropolitain de Paris; Gênais, vicaire métropolitain et secrétaire du conseil. Pour copie conforme à l'original : « Raisson, secrétaire greffier. » La Société populaire de Gonesse réclame la liberté de quatre officiers municipaux, détenus par les ordres du représentant du peuple Levas¬ seur. L’Assemblée, après avoir entendu plusieurs membres, passe à l’ordre du jour sur sa péti¬ tion (1). Suit la pétition de la Société populaire de Gonesse (2) : La Société populaire de Gonesse , à la Convention nationale. « Représentants d’un peuple essentielle¬ ment libre, « La Société populaire de Gonesse est à la hauteur des circonstances orageuses où. se trouve la patrie. Jamais les poisons du fédéralisme n’in-fecfcèrent son territoire; elle s’indigne du modé¬ rantisme et le repousse de son sein avec horreur; le patriotisme le plus pur et le zèle le plus ardent pour tout ce qui intéresse le salut de la Répu¬ blique une et indivisible; la soumission la plus entière et la plus respectueuse aux décrets de la Convention nationale, caractérisent l’universa¬ lité de ses membres. C’est au feu sacré de ses sentiments innés dans l’âme de tous les vrais républicains qu’elle les épure tous, elle les exige surtout, ces sentiments sublimes, des adminis¬ trateurs, des fonctionnaires publics soumis à sa censure; elle entend qu’ils y joignent un dévoue¬ ment absolu à l’exercice de leurs fonctions, la vigilance la plus active pour l’exécution des lois, protectrices des pauvres, conservatrices des per¬ sonnes et des propriétés. Elle veut que les admi¬ nistrateurs se montrent infatigables défenseurs du dogme de l’égalité et de la liberté; elle veut que, le bras toujours levé pour frapper les traî¬ tres, les conspirateurs, ils sachent distinguer les trompeurs des trompés et que la sainte huma-(1) Procès-verbaux de la Convention , t. 25, p. 153. (2) Archives nationales , carton C 280, dossier 768.