46 [Convention nationale.] ARCHIVES PARLEMENTAIRES, j 22 brumaire an il v ? 19 novembre 1793 Suit Vadresse de la Société populaire de No-lay (1). Adresse de la Société populaire de Nolay, dépar¬ tement de la Côte-d’Or, à la Convention natio¬ nale. « Fondateurs de la République une et indi¬ visible, nous demandons que vous restiez à votre poste jusqu’à ce qu’une paix solide et glorieuse ait couronné vos travaux. « Ce n’est point assez d’avoir abattu les ty¬ rans et frappé les mandataires infidèles, vous nous deviez l’achèvement du grand édifice qui s’élève sur les débris de la servitude et des fac¬ tions; car en révolution, c’est n’avoir rien fait que d’avoir laissé quelque chose à faire. « Déjà l’horizon s’éclaircit; au dehors les en¬ nemis sont terrassés» au dedans tout se resserre, tout tend vers un centre; cette anarchie dont on vous disait les fauteurs et qu’enfantait le seul fédéralisme, fait insensiblement place au mou¬ vement organique et à un gouvernement régu¬ lier. « Cependant, le vaisseau de l’État vogue encore à travers de nombreux écueils; ne l’aban¬ donnez point qu’il n’ait atteint la haute mer; ne vous y trompez pas, législateurs, les traîtres, agents de l’Angleterre et de l’Autriche attendent la convocation des assemblées primaires pour y exercer leurs manœuvres corruptrices; l’épu¬ rement n’est pas fait; ne doutez pas qu’elles ne fussent, en ce moment, des foyers d’agitation, que leur résultat ne fût un mélange dangereux de bon et de mauvais et que le nouveau corps législatif n’offrît encore le spectacle des déchi¬ rements par lesquels il a fallu passer pour ar¬ river à cette unité d’opinion sans laquelle nous allions périr. « Quant, à nous, citoyens, nous ne vous par¬ lerons pas de nos sacrifices passés; ils ne sont rien puisque la liberté en est le prix, et il n’en est aucun que nous ne soyons disposés à faire encore pour la consolider, et pour rallier tous les cœurs français et tous les points de la République au corps législatif (2). « Signé : J. -B. Burette; Cottin; Martin; La Buissiêre. » F « Nous croyons, disent les sections de Saint-Omer, que la Montagne a sauvé le peuple dans les journées des 31 mai et 2 juin, et nous par¬ tageons la reconnaissance que lui doivent tous les républicains. « Nous vouons également à la reconnaissance publique les généreux Parisiens qui, dans ces jours mémorables, ont secondé les efforts des défenseurs du peuple. « Nous vouons au mépris, à l’exécration géné¬ rale, à celle de la postérité, la mémoire de Bris¬ sot et de ses complices, de ceux qui, par la suite, se sont soustraits au châtiment dû à leurs for-( 1 ) Archives nationales, carton C 280, dossier 269. ‘ (2) En marge du document, on lit cette note de la main de Carnot : « Cette adresse est très recommandée à Fourcroy par son collègue Carnot. Fourcroy est prié de de¬ mander la mention honorable et l’insertion au Bul¬ letin. K faits, et de ceux dont la tête coupable vient de tomber sous le glaive de la vengeance nationale, » Enfin, elles approuvent toutes les mesures salutaires, tous les décrets révolutionnaires que la! Convention nationale a portés pour sauver la patrie; elles jurent de les défendre avec autant de courage qu’elles ont mis de zèle et d’empres¬ sement à les exécuter. Mention honorable, insertion au « Bulletin » (1). Suit un extrait de Vadresse des sections de Saint-Omer, d’après le Bulletin de la Conven¬ tion (2). « Nous croyons, disent les sections de Saint-Omer, que la Montagne a sauvé le peuple dans les journées des 31 mai et 2 juin, et nous par¬ tageons la reconnaissance que lui doivent tous les républicains. « Nous vouons également à la reconnaissance publique les généreux Parisiens qui, dans ces journées mémorables, ont secondé les efforts des défenseurs du peuple. « Nous vouons au mépris, à l’exécration gé¬ nérale, à celle de la postérité, la mémoire de Brissot et de ses complices, de ceux qui par la fuite se sont soustraits au châtiment dû à leurs forfaits; et de ceux dont la tête coupable vient de tomber sous le glaive de la vengeance natio¬ nale. « Nous déclarons à la France entière que nous avons retiré à Magnier, Yarlet, Personne, Tho¬ mas Payne et d’Aunou, la confiance qu’ils nous avaient surprise; et que ceux-là seuls’la méritent, que ceux-la seuls ont notre estime et notre affection, qui constamment attachés au sommet de la Montagne, n’ont cessé d’y combattre et d’y foudroyer, en véritables sans-culottes, les ennemis de la liberté. « Nous déclarons enfin que nous approuvons toutes les mesures salutaires, tous les décrets révolutionnaires que vous avez portés pour sau¬ ver la patrie, et que nous les défendrons avec autant de courage que nous avons mis de zèle et d’empressement à les exécuter. » Mention honorable. Compte rendu des Annales patriotiques et littéraires (3). La commune de Saint-Omer demande à s’ap¬ peler désormais Marat-la-Montagne. Renvoyé au comité d’instruction publique. « Nous vous prévenons, écrivent les adminis¬ trateurs du district de Chaumont, que nous avons fait conduire, il y a quelques jours, aux hôpitaux militaires de Lille une voiture de charpie et linge, provenant des dons volontaires des habitants de ce district, et qu’ils destinent au service des ma¬ lades. Nous attendons les ordres du ministre de la guerre pour faire passer encore plusieurs mil¬ liers pesant de linge aux hôpitaux qu’il nous indiquera. » (1) Procès-verbaux de la Convenlionï, t.25, p. 161. (2) Supplément au Bulletin de la Convention du 22 brumaire an II (mardi 12 novembre 1793). (3) Annales patriotiques et littéraires [n° 316 du 23 brumaire an II (mercredi 13 novembre 1793), p. 1466, col. 1].