[Convention nationale;] ARCHIVES PARLEMENTAIRES* [ £ bruma*re an U 115 1 J (12 novembre 1793 barre les chappes et les chasubles. Les cris de Vive la République! vive la Montagne ! se mêlent à Ça ira, et sont répétés par le peuple qui est au-dehors. Cette séance est terminée par l’abjuration de deux prêtres de la section des Gravilliers, La Convention décrète la mention honorable de la conduite des citoyens de la section des Gravilliers, insertion au Bulletin du discours de l’enfant et de l’hymne des orphelins. Elle ordonne l’envoi de son procès-verbal de ce jour à tous les départements et lève la séance à cinq heures. C. Compte rendu du Mercure universel (1). _ Des citoyens de la section des G-ravilliers, vêtus de chappes, de chasubles, d’étoles, de mitres, entrent en dansant : Ça ira. Ils portent plusieurs dais. Bous l’un est le buste de Lepeletier. Mais après avoir pris séance dans les gradins, les républicains se sont dépouillés de. ces dorures, de ces vêtements et brimborions de l’hypo¬ crisie. Ils ont été jetés en l’air, au bruit des applaudissements et des cris, et remis en paquets après avoir, avec justice, servi de jouets à ceux qui ne croient plus aux vieilles idoles. Un enfant a porté la parole, et, réuni à ses camarades, ils ont fait entendre l’hymne suivant, sur l’air chéri : Français, quelle métamorphose Transforme nos saints en lingots? La raison est enfin éclose, Elle anéantit les cagots. (bis) De leurs ridicules mystères Effaçons jusqu’au souvenir; Que notre dogme à l’avenir Soit d’être heureux avec nos frères. Français, la vérité, qui brille à tous les yeux, La liberté, l’égalité : voilà quels sont nos dieux ! Voûte si longtemps profanée Par le plain-chant du calotin, Tu ne seras plus parfumée Que par l’ encens républicain. (bis) Réjouis-toi, tes destinées Loin d’un clergé sot et fripon, A la nature, à la raison Seront désormais consacrées. Français, la vérité, qui brille à tous les yeux, La liberté, l’égalité : voilà quels sont nos dieux ! Sur le tombeau du fanatisme Et d’une absurde trinité, Éclairons le patriotisme Du flambeau de la vérité. (bis) Aux discordes du culte antique Faisons succéder l’union, Et que notre religion Soit d’adorer la République. Français, la vérité, qui brille à tous les yeux, La liberté, l’ égalité : voilà quels sont nos dieux! L’Assemblée en a décrété l’impression et l’en¬ voi du procès-verbal de la séance à tous les départements. (1) Mercure universel [24 brumaire an II (jeudi 14 novembre 1793), p. 216, col. 2]. D. Compte rendu de V Auditeur national (1). La séance a été terminée par l’offrande que sont venus faire les citoyens de la section des Gravilliers des chasubles, chapes et autres ha¬ bits de prêtres dont ils s’étaient vêtus et qu’ils ont déposés au milieu de vifs applaudissements. Le cortège était accompagné d’une musique mi¬ litaire, jouant des airs chéris de la liberté. Un orphelin de sept ans a été l’organe des senti¬ ments de la section; un autre a chanté un hymne patriotique. Cette 'cérémonie a excité des trans¬ ports d’allégresse; le récit, ainsi que le discours du jeune orphelin, seront imprimés et envoyés aux départements. E. Compte rendu des Annales patriotiques et littéraires (2). La séance a été terminée par l’entrée d’une véritable procession. C’étaient des citoyens de la section des Gravilliers qui, presque tous couverts d’habits d’église, ont commencé leurs chants par l’air Alléluia et les ont terminés par la Carmagnole, qu’ils ont dansée revêtus de chapes, de surplis, etc. La marche était termi¬ née par un dais, sous lequel était le buste de Lepeletier, assassiné par un esclave des rois. Ce spectacle a été vivement applaudi, surtout au moment où tous les citoyens, se débarrassant de leurs habits sacerdotaux, les ont jetés dans l’enceinte de la barre, comme pour se purifier de les avoir un instant portés. F. Compte rendu du Journal de la Montagne (3). La section des Gravilliers termine la séance par l’hommage des dépouilles de l’église de Saint-Nicolas-des -Champs. Un jeune orphelin de la patrie, dont les préjugés religieux n’ont point encore atteint l’esprit, sert d’organe aux ci¬ toyens des Gravilliers et reçoit l’accolade du Président. VII. Un ci-devant prêtre de l’église Saint-Nicolas-des-Champs se plaint de ne pas être marié (4). Compte rendu du Mercure universel (5). Un ci-devant prêtre de l’église du ci-devant S aint-Nioolas -des -Champs se plaint de n’avoir (1) Auditeur national [n° 417 du 23 brumaire an II (mercredi 13 novembre 1793), p. 6]. (2) Annales patriotiques et littéraires [n° 317 du 24 brumaire an II (jeudi 14 novembre 1793), p. 1470, col. 1]. (3) Journal de la Montagne [n° 164 du 23e jour du 2e mois de l’an II (mercredi 13 novembre 1793), p. 1212, côl. 2]. (4) Le discours de ce prêtre, qui faisait proba¬ blement partie de la députation de la section des Gravilliers, n’est pas mentionnée au procès-verbal de la séance du 22 brumaire an II; mais il y est fait allusion dans le compte rendu de cette séance publié par le Mercure universel. (5) Mercure universel [24 brumaire an II (jeudi 14 novembre 1793), p. 217, col. 1].