SÉANCE DU 21 THERMIDOR AN II (8 AOÛT 1794) - N° 1 319 tants d’écueils, le vaisseau de la République ! Elle est triomphante et ses ennemis ont payés de leurs têtes leur coupable audace. En ordonnant que la hache nationale s’appesantisse sur la faction Robespierretine, vous avés inspiré la terreur aux arristocrates, aux modérés, aux roïalistes et à tous les contre-révolutionnaires. Continués, représentans, continués à vous montrer grand[s]; prononcés anathème contre tous les traîtres, contre tous les conspirateurs, contre tous les intrigans et contre tous les fripons : tous sont les ennemis de la souverai-nité (sic) du peuple; lancé [z] contre eux la foudre révolutionnaire et toutes les conspirations seront anéanties. Les scélérats de cette dernière conspiration étoient d’autant plus dangereux qu’ils avoient, par une faus[s]e apparence d’une conduitte vertueuse, usurpé la confiance publique sur la bonne foy du peuple; Robespierre, ce monstre enfanté par l’enfer, sous les dehors d’un Caton, agissoit en Catilina. Comme lui, il a cherché à dissoudre le corps législatif. Comme lui, il vouloit allumer la guerre civile, perdre la République pour rétablir le cruel despotisme. O paricide ! tu a osé chercher à assassiner ta patrie ! Ignoroit-tu que la conspiration contre la patrie est un crime dont la nature se révolte ? Ignoroit-tu que l’Etre suprême protège sans cesse la France, et qu’il fait tourner les poignards contre ceux qui les aiguisent pour égorger leurs frères ? Enfans dénaturés d’une mère tendre, scélérats, dont les noms font horreur ! Ennemies (sic) de la révolution, ap-prenés que toutes vos machinations contre la République se tourneront contre vous; sachés que tous vos efforts contre-révolutionnaires sont vains; que la liberté, l’égalité et la République sont impérissable[s] : plutôt perdre la vie que la liberté, telle est la révolution (pour résolution ?) des Français. 0 toi, Convention nationale, soutient de la République ! C’est à toi que le peuple est redevable de son bonheur. Le salut de la France est dans ton sein; tu est le roc contre lequel viendront briser les vaissaux de tous les tyrans, de tous les lâches conspirateurs, de tous les contre-révolutionnaires. Représentans qui la composés, restés à vôtre poste, et la République est sauvée. Vos travaux pénibles mais glorieux l’affermissent et la consolident, de manière à ce quelle prévaudra contre toutes les conjurations qui peuvent s’élever contre elle. Le peuple vous soutient, et toutes les sociétés révolutionnaires vous secondront. Celle de Saar-Union vous jure de ne jamais vous abandonner, de ne reconnaître aucune autorité que celle qui émane de la Convention nationale; elle déclare une guerre ouverte à tous les tyrans, à tous les conspirateurs et ennemis de la révolution; elle déclare à l’univers qu’elle préfère la mort à l’esclavage; ses dernières paroles seront : vive la liberté; vive légalité; vive la République une et indivisible; vive la Convention nationale, périssent les tyrans et les traîtres ! Henry Lharcher (secrét.), J. Schilt (présid.), Mathias Meyer (secrét.). Séance de la société populaire et régénérée de Saar-Union du 15 therm. II (Présidence du citoyen Jacob Schilt) Un membre ayant parlé sur l’énormité du crime de l’infâme Ropespierre (sic) et ses complices, il a démontré que, depuis l’heureuse révolution françoise, il n’y a pas eu de trame aussi odieuse que celle ourdie par ces scélérats; il a ajouté que jamais nos représentans n’ont courru plus de dangers que dans la nuit du 9 au 10 de ce mois; que, si la France a été encore une fois sauvée, que c’est à la Convention n[ationa]lle, sans cesse occuppée à faire le bonheur du peuple, que nous en sommes redevables; que nous devons nous rallier autour d’elle, ne porter nos regards que sur elle, et déclarer une guerre ouverte à tous ses ennemis, qui sont aussi ceux du peuple. Il a proposé en conséquence de faire une addresse à la Convention n[ationa]lle pour la féliciter sur l’heureuse découverte de la conspiration infernale du mo[n]stre Robespierre, ce nouveau Catilina, et de l’inviter de rester à son poste; spontannément l’assemblée s’est levée et, tous les citoyens présents à la société ont criés : vive la Convention n[ationa]lle, périssent les tirans et les traîtres ! Nous jurons de ne jamais abandonner la Convention n[ationa]lle; c’est sur elle que nos yeux seront constamment fixés; nous ne recon-naiterons d’autres pouvoirs que ceux émanés d’elle, et nous poursuivrons jusqu’à la mort tous ceux qui se déclareront contre elle; ses ennemis sont les nôtres. Après quoi la société a arrêtée l’adresse proposé[e]; elle a arretté, de plus, qu’une expédition du présent procès-verbal seroit envoyé à la Convention nfationajlle comme un gage certain du dévouement des citoyen[s] de Sarre-Union à la représentation n[ationa]lle. J. Schilt (présid.), Chierrounet (?) (secrét.), Shill (secrét.). e [La stê de Sancerre (1) à la Conv.; Sancerre, 16 therm. 7/7(2). Législateurs, La République existe-t-elle encore ? Sur quel abîme horrible la scélératesse et la perfidie l’avoient conduite ! Quels sont les coupables, quels sont les conspirateurs ?... Robespierre, Saint-Just, Couthon !... et ces monstres avoient fasciné la confiance publique, ils avoient séduit le peuple !... Quelle noire, quelle affreuse conjuration ! c’étoit au milieu de cette cité célèbre, le berceau de la liberté, qui sacrifie tout pour elle, qui saura la faire triompher de ses vils ennemis, c’étoit au milieu de cette cité, qui a vu tomber la tête du dernier tyran, qui a juré, sur son sang impur, une haine éternelle aux rois, qu’ils osoient machiner dans l’ombre et aspirer à la tyrannie ! C’étoit au nom de la justice, au nom de la vertu que ces perfides vouloient asservir (1) Cher. (2) C 315, pl. 1263, p. 29. Mentionné par Bm, 1er fruct. (1er suppl1). 320 ARCHIVES PARLEMENTAIRES - CONVENTION NATIONALE et la Convention et le peuple ! Non, non, la Convention, toujours inébranlable, a déjoué les conspirateurs, et le peuple, toujours fidèle à ses principes, s’est rallié autour de la Convention. Sages et courageux législateurs, vous estes dignes de tenir dans vos mains les destinées de la France. Au milieu de l’orage vos fronts n’ont point pâli; vous avez méprisé les dangers; vous n’avez vu que le vaisseau de l’Etat prêt à périr. Vous avez dit : sauvons la République, et la République a été sauvée. Parlez, et, à l’instant, vingt-cinq millions de François vous entoureront. Parlez, et tout un peuple se réunit à vous pour la liberté... Tous les traîtres périront, et leurs efforts se briseront contre le roc inébranlable de la République. Législateurs, vous estes au poste de l’honneur et du danger : la patrie est avant tout et son amour brûle dans vos âmes. Notre sort dépend du vôtre; il est commun avec celui de tous les François; point de millieu, la République, ou la mort ! Périssent tous les tyrans et leur mémoire ! Que le traître qui oseroit penser à la dictature expire à l’instant, frappé par la foudre. Vive la République, une, indivisible et démocratique ! Vive la Convention nationale ! Tels sont les sentimens invariables de la société populaire et républicaine de sancerre. Les président, secrétaires et membres composant le comité de correspondance de la société : Ete Rouillé (présid.), E. Boin, Hecquard, Mathuson, Meunier, Grenin (secrét.), Numas, Simon [et 1 signature illisible]. / [La sté des amis de la République, séante au temple de la montagne à Chambéry, à la Conv.; arrêté dans sa séance du 15 therm. IIRl). Représentans du peuple, La patrie est encore une fois sauvée. Nos coeurs, qui l’ont senti, déposent dans votre sein les émotions tour à tour terribles et délicieuses dont nous avons été atteints en apprenant les grands événemens qui viennent d’occuper la représentation nationale. Oui, la patrie est sauvée, les Catilinas sont descendus dans la tombe qu’ils avoient creusés pour y ensevelir la République. Grâces soient rendues à la Convention nationale, au peuple de Paris, et à l’éternel qui protège la vertu et abyme les scélérats. Nous sommes trop éloignés pour vous offrir nos bras, dont vous n’avez sans doute pas besoin, mais nos cœurs, brûlants d’amour pour la patrie, font de tout le département du Mont-Blanc un faisceau uni par l’amour des vertus et la haine de toutes les tyrannies. C’est du sein même de notre société et à la suite du serment réitéré d’un attachement inviolable à la Convention nationale, d’union et de (1) C 315, pl. 1263, p. 28. fraternité entre tous les républicains, que nous vous adressons les expressions de notre allégresse et de notre dévouement absolu pour la République, une, indivisible et démocratique. Vive la Convention nationale ! Chabert (secrét.), Martel, Rabanis (Présid..), Havre-Buisson, Charriet, Vêlas, Pre Bertrand, G. Jargoux (secrét. de la sté), J. Guicherd, Marthe, Pardu, G. Perrat, Dupasquier, Couty, Morel, Juillet, Delaheye, Doppet l’aîné, Crépine, Jacquier, Pithon, Délayé, J. Loquos, Willemenet, Chamoux Jh, Genot, autre Cha-moux, G. Emery, Peytavin, Grand, Quelier, Raymond, Gariod, Rochat [et 2 signatures illisibles]. g [La sté popul. et montagnarde régénérée de Vesoul(l) à la Conv.; Vesoul, 16 therm. II] (2). Législateurs français, Jusques à quand des têtes criminelles essayeront-elles de s’élever au dessus du niveau ? Jusques à quand le courroux du peuple sera-t-il obligé, par votre organe, de les engloutir dans le gouffre de l’oubli ? Nous l’avouons avec la franchise qui convient à des hommes libres, notre surprise a égalé notre indignation, en apprenant que le monstre, qui se disait le plus ferme appui de la liberté, l’avait insensiblement conduite au bord de l’abîme, où il allait la précipiter sans votre énergie. Oui, législateurs, nous avons été abusés, comme toutte la France, comme vous-même[s], par ce vernis de vertus qui déguisait à nos yeux un cœur ambitieux et violent. Mais avec quel entousiasme satisfaisant n’avons-nous pas vu votre bras vengeur déchirer le voile de la politique la plus astucieuse et plonger l’existence de ce nouveau Cromvel dans le tombeau du néant ! Le glaive de l’opinion, aussi prompt que le glaive de la loi, s’est appesanti sur la tête des coupables, et nous les avons punis dans nos cœurs désabusés en vouant à l’exécration leur réputation usurpée. Cet évennement, tout en resserrant le faisceau de l’opinion, prouve à tous les Français que, dans la République, l’individu n’est rien, que le peuple est tout et que son unique point de ralliement est la représentation nationale. Législateurs, si l’ombre enveloppe encore quelques projets liberticides, si, du sang impur qui vient de couler, doit sortir un nouvel oppresseur, qu’il tremble ! Le vrai patriotisme aiguise dans nos mains le poignard de Brutus. Nous ne serons plus dupes d’une vertu hypocrite; nous soulèverons le masque, nous l’arracherons, et nous le briserons sur la figure du tyran. Que l’ambitieux qui oserait porter une main sacrilège sur les rênes de l’état ait l’échaf-faud pour trône, et, si la massue du peuple est trop lente à l’écraser, que le fer d’un Cassius le fasse rentrer dans la poussière. (1) Haute-Saône. (2) C 315, pl. 1263, p. 27. 320 ARCHIVES PARLEMENTAIRES - CONVENTION NATIONALE et la Convention et le peuple ! Non, non, la Convention, toujours inébranlable, a déjoué les conspirateurs, et le peuple, toujours fidèle à ses principes, s’est rallié autour de la Convention. Sages et courageux législateurs, vous estes dignes de tenir dans vos mains les destinées de la France. Au milieu de l’orage vos fronts n’ont point pâli; vous avez méprisé les dangers; vous n’avez vu que le vaisseau de l’Etat prêt à périr. Vous avez dit : sauvons la République, et la République a été sauvée. Parlez, et, à l’instant, vingt-cinq millions de François vous entoureront. Parlez, et tout un peuple se réunit à vous pour la liberté... Tous les traîtres périront, et leurs efforts se briseront contre le roc inébranlable de la République. Législateurs, vous estes au poste de l’honneur et du danger : la patrie est avant tout et son amour brûle dans vos âmes. Notre sort dépend du vôtre; il est commun avec celui de tous les François; point de millieu, la République, ou la mort ! Périssent tous les tyrans et leur mémoire ! Que le traître qui oseroit penser à la dictature expire à l’instant, frappé par la foudre. Vive la République, une, indivisible et démocratique ! Vive la Convention nationale ! Tels sont les sentimens invariables de la société populaire et républicaine de sancerre. Les président, secrétaires et membres composant le comité de correspondance de la société : Ete Rouillé (présid.), E. Boin, Hecquard, Mathuson, Meunier, Grenin (secrét.), Numas, Simon [et 1 signature illisible]. / [La sté des amis de la République, séante au temple de la montagne à Chambéry, à la Conv.; arrêté dans sa séance du 15 therm. IIRl). Représentans du peuple, La patrie est encore une fois sauvée. Nos coeurs, qui l’ont senti, déposent dans votre sein les émotions tour à tour terribles et délicieuses dont nous avons été atteints en apprenant les grands événemens qui viennent d’occuper la représentation nationale. Oui, la patrie est sauvée, les Catilinas sont descendus dans la tombe qu’ils avoient creusés pour y ensevelir la République. Grâces soient rendues à la Convention nationale, au peuple de Paris, et à l’éternel qui protège la vertu et abyme les scélérats. Nous sommes trop éloignés pour vous offrir nos bras, dont vous n’avez sans doute pas besoin, mais nos cœurs, brûlants d’amour pour la patrie, font de tout le département du Mont-Blanc un faisceau uni par l’amour des vertus et la haine de toutes les tyrannies. C’est du sein même de notre société et à la suite du serment réitéré d’un attachement inviolable à la Convention nationale, d’union et de (1) C 315, pl. 1263, p. 28. fraternité entre tous les républicains, que nous vous adressons les expressions de notre allégresse et de notre dévouement absolu pour la République, une, indivisible et démocratique. Vive la Convention nationale ! Chabert (secrét.), Martel, Rabanis (Présid..), Havre-Buisson, Charriet, Vêlas, Pre Bertrand, G. Jargoux (secrét. de la sté), J. Guicherd, Marthe, Pardu, G. Perrat, Dupasquier, Couty, Morel, Juillet, Delaheye, Doppet l’aîné, Crépine, Jacquier, Pithon, Délayé, J. Loquos, Willemenet, Chamoux Jh, Genot, autre Cha-moux, G. Emery, Peytavin, Grand, Quelier, Raymond, Gariod, Rochat [et 2 signatures illisibles]. g [La sté popul. et montagnarde régénérée de Vesoul(l) à la Conv.; Vesoul, 16 therm. II] (2). Législateurs français, Jusques à quand des têtes criminelles essayeront-elles de s’élever au dessus du niveau ? Jusques à quand le courroux du peuple sera-t-il obligé, par votre organe, de les engloutir dans le gouffre de l’oubli ? Nous l’avouons avec la franchise qui convient à des hommes libres, notre surprise a égalé notre indignation, en apprenant que le monstre, qui se disait le plus ferme appui de la liberté, l’avait insensiblement conduite au bord de l’abîme, où il allait la précipiter sans votre énergie. Oui, législateurs, nous avons été abusés, comme toutte la France, comme vous-même[s], par ce vernis de vertus qui déguisait à nos yeux un cœur ambitieux et violent. Mais avec quel entousiasme satisfaisant n’avons-nous pas vu votre bras vengeur déchirer le voile de la politique la plus astucieuse et plonger l’existence de ce nouveau Cromvel dans le tombeau du néant ! Le glaive de l’opinion, aussi prompt que le glaive de la loi, s’est appesanti sur la tête des coupables, et nous les avons punis dans nos cœurs désabusés en vouant à l’exécration leur réputation usurpée. Cet évennement, tout en resserrant le faisceau de l’opinion, prouve à tous les Français que, dans la République, l’individu n’est rien, que le peuple est tout et que son unique point de ralliement est la représentation nationale. Législateurs, si l’ombre enveloppe encore quelques projets liberticides, si, du sang impur qui vient de couler, doit sortir un nouvel oppresseur, qu’il tremble ! Le vrai patriotisme aiguise dans nos mains le poignard de Brutus. Nous ne serons plus dupes d’une vertu hypocrite; nous soulèverons le masque, nous l’arracherons, et nous le briserons sur la figure du tyran. Que l’ambitieux qui oserait porter une main sacrilège sur les rênes de l’état ait l’échaf-faud pour trône, et, si la massue du peuple est trop lente à l’écraser, que le fer d’un Cassius le fasse rentrer dans la poussière. (1) Haute-Saône. (2) C 315, pl. 1263, p. 27.