û6t> (Convention nationale.] ARCHIVES PARLEMENTAIRES, j mée, et une Commission militaire va sur-le-champ juger les coupables. Le citoyen Guimberteau transmet 32 croix ffe Saint-Louis qui lui ont été remises par le dis¬ trict dé Tours. H annonce que d’après l’aperçu qa’il vient de faire des contributions révolution¬ naires à lever sur les aristocrates, les modérés et ceux qui ont entravé la Révolution, dans la seule ville de Tours, elles se porteront au moins à un million. Sur cette somme on prélèvera tous les frais révolutionnaires établissements de com¬ missions, etc., et le surplus sera affecté aux veuves, femmes et enfante des défenseurs de la liberté qui sont aux frontières. Insertion au « Bulletin » et renvoi au comité de Salut public (2). Suit la lettre de Guimberteau, représentant du peuple dans les départements d’Indre-et-Loire et Loir-et-Cher (1). Jean Guimberteau, représentant du peuple, investi de pouvoirs illimités par la Convention nationale dans les départements d’ Indre-et-Loire et Loir-et-Cher, à la Convention nationale. « Tours, le 27 brumaire, de l’an II de la République une et indivisible. « Citoyens collègues, « Il s’est commis, le 23 et le 24 de ce mois, un grand attentat contre la liberté. Des scélérats, sans doute soudoyés par l’or de Pitt et de Co¬ bourg, ont eu l’audace de crier dans la salle de spectacle : « A bas le bonnet rouge! » Ils sont même parvenus à le faire ôter à deux sans -culot¬ tes. Deux des prévenus sont arrêtés; je suis à la suite dès autres; toutes les précautions sont prises pour qu’il n’en puisse échapper. La salle de spectacle est fermée; je viens d’établir une Commission militaire pour juger sur-le-champ les coupables, la guillotine sera demain en permanence, et elle nous fera raison de tous les genres de scélératesse et de malveillance. Si par le résultat des interrogatoires il se découvrait quelque autre trame, je serai très exact à faire parvenir tous les renseignements au comité de Salut public. « Le district de Tours vient de me faire gasser trente-deux croix du ci-devant ordre de aint -Louis, avec des brevets, je les joins ici. Ils m’annoncent que cette offrande sera bientôt suivie de dons plus utiles au soutien de la cause de la liberté et de l’égalité. Je vous transmets la liste qui accompagnait la lettre des admi¬ nistrateurs. «Je vous transmets également une pétition qui m’a été remise par les vétérans nationaux qui sont dans cette ville. Leur âge et leurs ser¬ vices leur ont mérité, disent -ils, le médaillon; mais ils regrettent de voir cette récompense ac¬ compagnée d’un brevet émané du dernier de - nos tyrans; Ils vous invitent à décréter le rem-(I) Procès-verbaux de ta Convention „ t. 20, p. 5. f2) Archives nationales, carton AFu 170, pla¬ quette 1307, pièce 2Üi Aulard i Recueil des actes et «te lacorrespondanee du comité de Salut p&trfic, t. & p* SOS. placement de ces brevets par d’autres, décorés des emblèmes de la liberté. « D’après un aperçu que je viens de faire des contributions révolutionnaires à lever sur les aristocrates, les modérés et ceux qui ont en¬ travé la Révolution dans la seule ville de Tours et des environs, elles se porteront au moins à un million. Sur cette somme je ferai prélever tons les frais révolutionnaires, établissement de commissaires, etc. Le surplus sera affecté aux veuves, femmes et enfants des défenseurs de la liberté qui sont aux frontières. » J’en userai de même dans tous les ehefs-lieux de district où je passerai. Il n’est que ce moyen d’écraser tout à fait l’hydre de l’aristocratie, du fédéralisme, de l’accaparement, du modéran¬ tisme et de la malveillance. « La terreur est ici à l’ordre du jour, et ça ira (1). « Vive la République ! « GUIMBERTEAU. » Arrêté (2). Jeau Guimberteau, représentant du peuple, investi de pouvoirs illimités par la Convention nationale, dans les départements d’Indre-et-Loire et Loir-et-Cher; Considérant qu’il s’est commis un grand attentat hier vingt-quatre et avant-hier vingt-trois, dans la salle du spectacle de cette ville de Tours contre le symbole de la liberté; que cet attentat ne peut être que la suite d’un complot contre-révolutionnaire, et qu’il est urgent d’em¬ ployer des mesures vigoureuses pour s’assurer des scélérats qui se sont rendus coupables d’un délit aussi atroce, de leurs fauteurs, complices et adhérents, voulant accélérer leur punition par tous les moyens qui sont en notre pouvoir et purger promptement la terre de la liberté de tous les genres de scélératesse et de malveil¬ lance, Arrête ce qui suit : Art. 1er. « Il sera établi dans la ville de Tours une Com¬ mission militaire composée de sept membres nommés par le représentant du peuple. [! Art. 2. « Cette Commission sera chargée de juger définitivement et en dernier ressort : « 1° Tous les fauteurs, complices et adhérents de l’ attentat horrible commis contre la liberté dans la salle du spectacle de Tours, le vingt-trois et le vingt-quatre de ce mois, en criant : «A bas le bonnet rouge! »; « 2° Tous les émigrés rentrés sur le territoire de la République ainsi que les prêtres qui ne se sont pas soumis à la loi de là déportation; « 3° Tous ceux qui, par leurs discours ou leurs écrits, ont provoqué ou provoqueraient par la suite le rétablissement de là royauté ou un chan¬ gement de forme dans le gouvernement, l’avi-(1) Applaudissements, d’après le Mercure univer¬ sel [2 frimaire an II (vendredi 22 novembre 1793], p. 20, col. 2]. (2) Archives natmnales, carton AFir 170, pla¬ quette 1397, pièce 19.