[Convention nationale.] ARCHIVES PARLEMENTAIRES. «98 42ü quitter sa société, pour raison de santé, offre à la Convention nationale 3 habits et veste bro¬ dés pour les frais de la guerre, savoir : 2 brodés en argent et un en or. « Ce 28 brumaire. « Narbonne, rue des Filles -Saint-Thomas, chez l'épicier. Compte rendu du Moniteur universel (1). Narbonne, ci-devant acteur de l’ Opéra-Co¬ mique national, rue Favart, fait don à la Con¬ vention nationale de ses habits de théâtre dont il destine la dorure à la défense de la patrie. Adresse des autorités constituées et de la So¬ ciété populaire de la commune d’Amiens, qui renferme les expressions du dévouement et du patriotisme le plus pur. Mention honorable et insertion au « Bulle¬ tin » (2). Suit l’adresse des autorités constituées et de la Société populaire de la commune d’Amiens (3). Les autorités constituées et la Société populaire de la commune d’ Amiens réunies, aux membres de la Convention nationale. « Amiens, le 25 brumaire de l’an II de la République une, indivisible et im¬ périssable. « Citoyen Président, « L’hydre du fanatisme enchaînait encore les préjugés de l’ignorance : une fausse philosophie s’opposait au progrès de la raison, des pratiques superstitieuses fixaient encore les regards de la crédulité; un siècle régénérateur devait s’indi¬ gner de ces actions ténébreuses, propres à asser¬ vir le peuple, sans travailler à son bonheur. « Il était réservé à la sagesse de nos incorrup¬ tibles représentants d’extirper cette lèpre éten¬ due dans tous les coins de l’hémisphère. Oui, brave Montagne, tu as détourné les orages; ta fermeté courageuse a détruit cette horde enne¬ mie, l’infatigable Dumont a secondé ton zèle, il a dû frapper le coup terrible qui a écrasé cette caste d’hommes qui, trop longtemps, s’est jouée de notre faiblesse; il les a requis d’abjurer leurs erreurs; il vient, au nom de la loi, d’annoncer au peuple assemblé dans l’église principale, que cet asile des prétendus ministres d’un dieu qu’ils outrageaient, serait désormais le temple de la raison et de la vérité; que dans ce lieu, le pauvre y trouverait des secours; le malheureux, des consolations; le citoyen vertueux, sa récom¬ pense. « A sa voix, tous les cœurs se sont épanchés, des dons abondants en faveur des pauvres, et qui se continuent, ont été les premiers fruits de cette exhortation républicaine sur un peuple qui ne respire que pour la liberté. « Déjà, les trésors de ce temple s’enlèvent, ils (1) Moniteur universel [n° 60 du 30 brumaire an II (mercredi 20 novembre 1793), p. 244, col. 1]. (•2) Procès-verbaux de la Convention, t. 25, p. 300. (3) Archives nationales, carton C 279, dossier 755. vont alimenter le Trésor public et serviront à forger des armes pour abattre la tête du der¬ nier des tyrans. « Grâces te soient rendues, céleste Montagne, tu nous as conservé Dumont, tu as étendu sa surveillance, tu as senti la nécessité de conser¬ ver au peuple celui qui a tout sacrifié pour la chose publique. Reçois les remerciements des autorités constituées de la Société populaire, ou plutôt de tous les républicains de cette com¬ mune. « Partage, Dumont, partage les sentiments de notre reconnaissance, continue tes travaux; le bonheur du peuple, le maintien de la liberté et de l’égalité, le salut de la République te le commandent, et ton cœur le désire. » (Suivent 171 signatures. ) Les sans-culottes du canton d’Essaÿ annoncent à la Convention que les 15 communes qui com¬ posent ce canton, se sont levées dans un moment en masse; et que, par une marche précipitée, ils ont empêché que le chef-lieu du département tombât entre les mains des brigands; ils invitent la Convention à rester à son poste. Mention honorable, insertion au « Bulletin » (1). Suit la lettre des sans-culottes du canton d'Es-say (2) : Les sans-culottes amis de la Constitution républi¬ caine du petit bourg d’Essay, district d’Alen¬ çon, département de l’Orne, au citoyen Prési¬ dent de la Convention nationale. « Citoyen, « Fais connaître à la Convention nationale et à la France entière le mouvement sublime qui vient de s’opérer dans notre département, et notamment dans le canton d’Essay. Ce récit portera l’épouvante parmi nos ennemis, et fera connaître à nos frères ce qu’ils ont droit d’at¬ tendre de républicains tels que nous. « La nuit étendait déjà son voile épais sur nous lorsque nous apprîmes que les brigands se portaient sur Alençon. Aussitôt, la Société s’assembla extraordinairement, des députés fu¬ rent dépêchés sur-le-champ dans les 15 com¬ munes du canton pour leur en donner connais¬ sance; ils n’eurent pas besoin de les engager à voler au secours de la patrie, il n’y eut qu’un cri : Aux armes ! aux armes ! Mort aux brigands ! Trois heures suffirent pour rassembler 3,000 ré¬ publicains armés, déterminés à vaincre ou à mourir, et traînant après eux pour huit jours de vivres dont le patriotisme avait fait présent au moment du départ malgré la disette ef¬ frayante qui ravage nos contrées Eloignés de 5 lieues, trois heures nous suffirent pour arriver au poste de l’honneur où nous eûmes la gloire de nous placer les premiers do tout le départe¬ ment, aux cris de : Vive la Bépubligue ! Le plus grand ordre a régné dans ce mouve¬ ment inattendu, et nous avons lieu de croire que notre marche précipitée, jointe au bruit continuel du tocsin, n’a pas peu servi à sauver le chef-lieu du département, duquel ies révoltés (1) Procès-verbaux de la Convention, t. 25, p. 300. (2) Archives nationales, carton G 281, dossier 772. 426 [Convention nationale.] ARCHIVES PARLEMENTAIRES. [ 28 brumaire an II i 18 novembre 1793 se sont éloignés la nuit même, après s’être por¬ tés jusqu’à nos avant-postes. « Tels sont, citoyen Président, tels sont les prodiges qu’il n’appartient qu’à la Montagne d’opérer; telle est l’impulsion que sa conduite mâle et vigoureuse a donnée à la République entière et dont l’époque mémorable sera con¬ signée glorieusement dans les fastes de l’his¬ toire pour servir d’exemple à nos derniers ne¬ veux. Convaincus de cette grande vérité, qu’il nous soit permis d’annoncer à la Convention que le vœu de notre canton et le nôtre est de la voir rester au poste qui lui a été confié, jus¬ qu’ a ce qu’elle ait achevé d’exterminer tous nos ennemis. Il ne suffit pas d’avoir sauvé le vaisseau de l’État d’un naufrage inévitable, il faut encore l’amener au port. « A Essay, ce 20 brumaire, l’an II de la Répu¬ blique, une et indivisible. « Dudouit, président; Grégoire, secrétaire; Bourgogne. » Une députation de la commune et des sans™ culottes de Gisors font hommage des vases et ornements de leurs églises; ils invitent la Con¬ vention à rester à son poste : ils demandent qu’elle lui accorde deux canons. Mention honorable, insertion au « Bulletin » et renvoi au ministre de la guerre (1). Suit un extrait de V adresse de la commune et de la Société populaire de Gisors , d'après le Bul¬ letin de la Convention (2). Les sans-culottes de la Société populaire de la commune de Gisors invitent la Convention à rester à son poste. Ils demandent à être auto¬ risés à vendre les cloches pour avoir 2 pièces de canon de 4 et leurs caissons; ils s’obligent de fournir le surplus, s’il est nécessaire. Compte rendu du Journal des Débats et des Décrets (3). La Société populaire de Gisors, présentée à la barre par une députation, annonce qu’elle a formé un bataillon qui a juré de vaincre les ennemis de la liberté ou de mourir. Elle de¬ mande que les cloches, qui se trouvent dans son arrondissement, lui soient abandonnées pour être fondues en canons et servir au bataillon qu’elle a formé. La Convention renvoie la pétition au comité de la guerre. (1) Procès-verbaux de la Convention, t. 25, p. 300. (2) Bulletin de la Convention du 8e jour de la 3e décade du 2e mois de l’an II (lundi 18 no¬ vembre 1793). (3) Journal des Débals et des Décrets (brumaire an II, n° 426, p. 380). D’autre part, les Annales patriotiques et littéraires [n° 322 du 29 brumaire an II (mardi 19 novembre 1793), p. 1492, col. 1] rendent compte de la pétition de la Société popu¬ laire de Gisors dans les termes suivants : « La commune de Gisors, représentée par une diéputation, félicite l’Assemblée sur ses glorieux tra¬ vaux. Elle expose que sa garde nationale forme un bataillon, que la loi accorde deux pièces de canon à chaque bataillon et qu’elle n’en a point. Elle de¬ mande à être autorisée à faire fondre ses cloches pour les convertir en canons. « L’Assemblée ordonne la mention honorable et renvoie la demande au ministre de la guerre. » Le citoyen Desîorges, homme de lettres, dé¬ pose sur l’autel dé la pairie 1 piastre, 6 jetons et quelques pièces de monnaie. Mention honorable, insertion au « Bulletin » (1). Suit la lettre du citoyen Desforges (2). « Quintidi, 3e décade brumaire, an II de la République une et indivisible. « Citoyens législateurs, « Il y a près de trois ans que je fus admis dans le sein de la Société républicaine des en¬ fants d’Apollon. L’amour des arts et des talents, un zèle ardent pour toutes les vertus, une hor¬ reur décidée pour tous les vices et le patriotisme le plus prononcé, voilà les bases de cet édifice social et civique. « Au temps où le numéraire circulait encore, il était d’usage qu’à chaque séance chacun des frères reçut un jeton d’argent pour son droit de présence. Ces jetons portaient, d’un côté, l’effigie royale. Je n’ai pas besoin de vous dé¬ tailler ce que m’inspire ce type anti-républi¬ cain et anti -logique. J’en ai reçu six, que je dé¬ pose sur le bureau avec une piastre qu’une cu¬ riosité puérile m’avait fait conserver jusqu’à ce jour. J’ose espérer que la République ne jettera point un regard de dédain sur la médiocrité de cette offrande et qu’elle l’acceptera en faveur des sentiments vraiment civiques du républi¬ cain qui l’a faite. « P. S. Je joins à ce bien faible don quelques pièces de monnaie, desquelles je n’aime point la vue, mais dont j’aime aujourd’hui l’usage que j’en fais. « Le citoyen : « Desforges, homme de lettres. » Le citoyen Delacroix fait don d’une somme de 150 livres. d Mention honorable, insertion au « Bulletin » (3). Suit la lettre du citoyen Delacroix (4). « Citoyen Président, « Un véritable citoyen ne prête pas à sa pa¬ trie, lorsqu’elle est en danger, une partie de son superflu, il lui donne une portion de son néces¬ saire. « C’est, d’après ce sentiment, que je dépose 150 livres sur l’autel de la patrie, quoique la modicité de mon revenu me dispense du prêt volontaire. « Je suis, citoyen Président, votre dévoué concitoyen. « Delacroix, ancien défenseur des opprimés et citoyen de la section de l'Homme armé. « Ce 25 brumaire, l’an II de la République, une et indivisible. (1) Procès-verbaux de la Convention, t. 25, p. 301. (2) Archives nationales, carton G 278, dossier 743. (3) Procès-verbaux de la Convention, t. 25, p. 301. (4) Archives nationales, carton G 278, dossier 743.