[Convention nationale.] ARCHIVES PARLEMENTAIRES. ?} brumaire an II 205 1 J ( 14 novembre 1793 VI. Adresse de la Société des sans-culottes de Bar-baste (1). « Barbaste, ce 16e jour de brumaire, an II de la République, une et indivisible. « Législateurs, « Grâce à votre insigne fermeté, le bonheur du genre humain n’est pas éloigné. Les aristo¬ crates, les royalistes, fédéralistes, malveillants, anarchistes, sont aux abois; leurs trames ourdies dans les ténèbres et le secret sont enfin dévoilées et mises au grand jour. La récompense due à leurs forfaits se distribue dans toute l’étendue de la République avec autant de discernement que de justice. Continuez, législateurs, de veiller à la félicité de l’univers en général, et à celle de 24 millions de Français en particulier. Ne quittez votre poste que lorsque les tyrans coalisés seront détruits ou forcés de respecter les lois de la République française, une et indi¬ visible. Ce sont les vœux bien prononcés de la Société des sans-culottes de Barbaste, district de Nérac, département de Lot-et-Garonne. « Larnaude, président ; Vidouze fils aîné, secrétaire ; Pierre -Gérôme Cazeaux, 2 e secrétaire ; Lamaury, bon sans-culotte ; Cazeaux, membre du comité de corres¬ pondance. » VII. La Société républicaine de Foix, au Président de la Convention nationale (2). « Foix, le 16 du mois de brumaire de l’an II de la République, une et indivisible. « Citoyen, « La Société a délibéré une adresse à la Con¬ vention; nous sommes chargés de vous la faire parvenir. Vous voudrez la faire lire à la tribune, afin de faire connaître le vœu des sans-culottes de cette cité, qui ont juré haine éternelle aux ennemis de la sainte Montagne et de les exter¬ miner tous plutôt que de souffrir qu’on porte atteinte aux bienfaisants décrets qu’elle a rendus. « Salut et fraternité. « Roques, président ; Lacombe, secrétaire. » Adresse (3). Les membres de la Société républicaine de Foix, à la Convention nationale. « Foix, le 13e jour du 2e mois de l’an II de la République, une et indivisible. « Citoyens représentants, « Des sans-culottes ne vous félicitent point d’avoir fait votre devoir. Que la louve autri-(1) Archives nationales, carton C 281, dossier 773. (2) Ibid. (3) Ibid. Supplément au Bulletin de la Convention du 24 bru¬ maire an II (jeudi 14 novembre 1793). chienne, cette veuve infâme du tyran, sa com¬ plice, ait subi son sort, eh bien ! quoi de mer¬ veilleux à cela ! que sa tête n’ait paru au clair - voir que neuf mois après lui ! « Citoyens, vengez les sans-culottes. Aux dépens de leurs biens, de leurs personnes, de leurs femmes et de leurs enfants, ils veulent être entièrement libres; les jeunes républicains dans nos armées secondent vos glorieux tra¬ vaux ; toutes les Sociétés populaires sont autant de corps de garde dont les sentinelles se tien¬ nent par la main, elles crient : Qui vive? à tous les passants, et s’assurent, avant qu’ils entrent dans le cercle, de la pureté de leurs sentiments montagnards. En attendant de danser la sainte farandole en famille, courage, représentants, vous seuls avez le mot de l’ordre; animez le tribunal révolutionnaire pour qu’il nous délivre encore de tout individu convaincu du crime de Ça n'ira pas. « Au nom de la Société, composée de cent quatre-vingts membres, « Les membres du bureau, « Larroire, président; Carbon, secrétaire; Roques, secrétaire; Lacombe, secrétaire ». VIII. Adresse des membres de l'Administration de Bellevue-les Bains (1). « Citoyens, représentants, « Votre énergie a sauvé la patrie, votre pru¬ dence a préservé de l’ignominie le nom français. votre vigilance a démasqué des traîtres, l’équité les a punis. Pour tant de bienfaits, joignez notre reconnaissance à celle de tous les vrais amis de la République; elle est vive, elle est sincère, et nous saurons saisir avec l’enthou¬ siasme de la liberté l’occasion de prouver nos sentiments. « Montagne chérie, accueille les droits sacrés que nos cœurs te vouent, continue de nous couvrir de ton égide et nous te couvrirons de nos corps. « Tes soins paternels doivent nous conduire à la primitive dignité de l’homme; ne nous aban¬ donne donc pas que tu nous aies donné des mœurs pures et simples ; que la superstition soit tota¬ lement anéantie et que la nature ait recouvré ses droits. « C’est à cette heureuse époque que le sou¬ verain jouira de la satisfaction de te serrer entre ses bras et te proclamera la bienfaitrice de l’humanité. « Telle est notre attente et celle de tous nos administrés. « Salut et fraternité. « Les membres de l'Administration du district de Bellevue-les-Bains. „ , « Lambert, vice-président; Jarent, procureur-syndic; Bouvier; Lavaivre aîné; Bijon. « A Bellevue-les-Bains, le 15e jour du 2e mois de l’an II de la République, une, indivisible et démocratique. » (1) Archives nationales , carton C 279, dossier 756,