(Convention nationale.] AKCHIVES PARLEMENTAIRES. j » brumaire an 11 21 gnehard au conseil exécutif provisoire, et ren¬ voie son travail au comité des finances (1). Compte rendu du Moniteur universel (2) î Un curé, accompagné d’une députation de sa commune, renonce à ses fonctions de prêtre et présente un ouvrage qu’il a composé sur la con¬ tribution mobilière . Les ouvriers rubanniers, accompagnés de ma¬ gistrats du peuple de la ville de Paris, viennent se plaindre de la loi du maximum , relativement à leur partie. La Convention nationale décrète le renvoi de leur pétition au comité de commerce (3). Des députés commissaires du comité central de 56 sociétés populaires de Paris demandent l’abolition du traitement des prêtres. « Que ceux qui ont encore foi aux augures les payent; mais pourquoi asservir à ce tribut honteux un répu¬ blicain qui n’a d’autre dieu que la vertu et son pays? » La Convention décrète l’insertion de l’adresse au a Bulletin » avec mention honorable (4). Suit Vadresse des députés commissaires du comité central des 56 Sociétés populaires de Paris (5) : Législateurs, Voici ce que les commissaires du comité central des Sociétés populaires viennent vous dire au nom de la raison : L’immortelle Déclaration des droits de l’homme et du citoyen garantit la liberté des opinions et des cultes; par conséquent elle proscrit toute religion dominante, c’est-à-dire toute secte privilégiée, salariée des deniers de la République à l’exclusion de toute autre. Il est bien temps sans doute de ne plus gager d'intermédiaire entre des hommes libres et le dieu des hommes. Les sections et les Sociétés populaires de Paris, ci-après désignées, vous demandent un décret, sauvegarde des consciences, une loi, puisqu’il en faut une encore, par laquelle un citoyen ne soit plus tenu de contribuer au salaire des prêtres, auxquels il ne croit pas. Que ceux qui ont encore foi aux augures les paient; mais pourquoi assujettir plus longtemps à ce tribut honteux le franc républicain, qui n’a d’autre religion que le culte de la liberté et l’amour de la patrie? Il est temps de renoncer à salarier le men¬ songe et le fanatisme. Déjà toute Société populaire ferme ses portes à l’individu flétri du nom de prêtre; toute fonction publique lui est (1) Procès-verbaux de la Convention, t. 25, p. 151. (2) Moniteur universel [n° 53 du 23 brumaire an II (mercredi 13 novembre 1793), p. 215, col. 3]. (3) Procès-verbaux de la Convention, t. 25, p. 151. (4) Ibid. (5) Anli-fèdèralisle, n°47, du 21 brumaire an II. Journal des Débats el de la Correspondance des Ja¬ cobins : Débats, n° 530 et 531, 18 et 19 brumaire et Journal de la Montagne, n° 161, du 21 brumaire. Cette adresse donna lieu à un décret, que l’on trouvera plus loin, et qui fut rendu sur la motion de Thuriot (voy. ci-après, p. 32). interdite; il ne lui reste plus d’autre ressource que d’abjurer un métier vil et dangereux, pour embrasser telle autre profession dont il n’ait pas à rougir. La République est une ruche qui se refuse à entretenir des frelons incommodes, paresseux et perfides. Ce pas de fait, législateurs, vous aurez la gloire d’avoir porté le dernier coup au fanatisme sacerdotal, et vous aurez encore une fois bien mérité de la patrie. Compte rendu du Moniteur universel (1) : On admet à la barre une députation des seO* tions et sociétés populaires de Paris. L'orateur de la députation. Législateurs, voioi ce que les commissaires du comité central des sociétés populaires et des sections de Paris, au nombre de 56, viennent vous dire : « Nous vous demandons une loi par laquelle nul citoyen ne soit tenu de contribuer au salaire de cultes aux¬ quels il ne croit pas. Que ceux qui croient encore aux augures les payent. Le républicain ne con¬ naît d’autre culte que celui de la liberté, de la vérité, de la raison. Il est temps de cesser de sala¬ rier le mensonge et la fainéantise. (On applaudit .) Déjà les portes des sociétés populaires sont fermées à tout individu souillé de la tache de prêtre, à moins qu’il n’ait rénoncé à ses fonctions et pris tin autre métier. La Répubüque française est une ruche de laquelle il faut écarter tous les inutiles frélons. Prononcez, législateurs, et vous aurez encore bien mérité de la patrie. (On ap¬ plaudit. ) (1) Moniteur universel [n° 53 du 23 brumaire an II (mercredi 13 novembre 1793), p. 215, col. 3]. D’autre part, le Journal des Débats el des Décrets (brumaire an II, n° 419, p. 285), Y Auditeur national [n° 416 du 22 brumaire an II (mardi 12 no¬ vembre 1793) p. 3], le Journal de Perlet ln° 416 du 22 brumaire an II (mardi 12 novembre 1793), p. 339] et le Journal de la Montagne [n° 163 du 22e jour du 2e mois de l’an II (mardi 12 novembre 1793), p. 1199, col. 2] rendent compte de l’admission à la barre des sociétés populaires de Paris dans les termes suivants : I. Compte rendu du Journal des Débats el des Décrets. Une députation des sociétés populaires el de plu¬ sieurs sections de la commune de Paris vient deman¬ der, au nom de la raison, que les hommes ne sala¬ rient plus d’intermédiaires entre eux et la Divinité, et que la fainéantise et l’erreur ne soient plus aux gages d’une nation laborieuse et éclairée. Chabot félicite la commune de Paris de ne pas cesser de hâter la marche du peuple français vers une régénération universelle. Il demande que l’adresse qui vient d’être lue soit insérée au Bulletin avec une mention honorable. Il pense que ce sera un encou¬ ragement suffisant pour le développement de l’opi¬ nion publique et que la Convention nationale con¬ naîtra mieux, par ce moyen, le vœu de tous. II. Compte rendu de Y Auditeur national. Une députation des sections el sociétés populaires de Paris est venue représenter qu’il était temps enfin que la nation cessât de payer des intermé¬ diaires entre l’homme libre et la Divinité de l’homme libre. Elle a fait sentir combien il est absurde que des lois forcent un citoyen à contribuer au salaire