493 jConvenliou .nationale.] ARCHIVES PARLEMENTAIRES, j );,rumai!re � lition des tyrans, il vainquit ces monstres, mais il restait encore esclave des préjugés lanatiques. « Convaincus que vous n’êtes que les inter¬ prètes de ses vœux, tout en plaignant son éga¬ rement, vous attendiez en silence les douces in¬ fluences de la raison. « Il est arrivé, ce moment heureux ; le masque de l’hypocrisie est déchiré et le monstre hideux du fanatisme est à découvert, les hommes n’ont pu l’envisager sans effroi. Honteux d’avoir si longtemps partagé son joug pesant, ils sont venus abjurer leurs erreurs dans le temple de la vérité, et abandonner celui du mensonge. « Les amis de la raison en ont pris possession, ils vous en ont instruits au milieu d’un saint en¬ thousiasme, vous avez consacré, au nom de la République, ce temple au culte de la liberté et de l’égalité. « Législateurs philosophes, jouissez de vos heureux travaux, le peuple parisien vient y ap¬ porter sa sanction, son bonheur est dans vos mains, mil obstacle n’en retarde plus le cours, nul préjugé n’entrave plus votre marche. Nous venons, amis de la raison, sectateurs de la vertu, défenseurs de l’humanité, vous demander que les cris lugubres de vos détracteurs qui sèment de toutes parts que l’on ne fait que détruire et rien recréer, soient étouffés dès leur berceau; •qu’un plan d’éducation élevé sur les ruines de la superstition démontre que vous n’ignorez pas que la vertu, la raison, la philosophie régénè¬ rent les peuples ; que des fêtes nationales soient substituées à celles de l’hypocrisie, que les chaî¬ nes du mensonge, transformées en tribunes po¬ pulaires ne retentissent plus que des échos so¬ nores de la raison, de la vérité et de l’humanité. « Les commissaires rédacteurs, « Cartier; Chenaux; Buisson; Huguet. Extrait du registre des assemblées générales de la section des Gardes-Françaises. Du quintidi, 25 brumaire, 2e année de la Ré¬ publique, une et indivisible. Lecture faite de l’adresse arrêtée par l’assem¬ blée décadi dernier, l’assemblée applaudit à la rédaction et renvoie, pour le mode d’envoi, à la Société populaire. Signé au registre : Gonnet et Lanciière, secrétaire. ■ Délivré conforme au registre far nous secré¬ taire-greffier soussigné : Bonhomme, commissaire. Extrait du registre des délibérations de la Société populaire de la section des Gardes-Françaises. La Société, ayant entendu la lecture de l’a¬ dresse, en a également adopté les principes et a déclaré qu’elle serait présentée nonidi pro¬ chain avec les offrandes des dépouilles du culte. A l’effet de quoi, que les commissaires s’adjoin¬ draient aux trois sections. Signé au registre : Gomen, président, et Laho-lière. Délivré conforme par moi soussigné i Aubert, ex-président, Suit U texte de V adresse de la section du Mu' sêum, à' après un document des Archives natio¬ nales (1). « Représentants républicains, « La raison, depuis longtemps opprimée,. sonne aujourd’hui la trompette. Tous les habi¬ tants de la terre vont bientôt entendre ses sons mélodieux. L’homme sera rendu à lui-même et il ne fera plus qu’un. « C’est au peuple français à qui la postérité future rendra la justice du désintéressement et du zèle fraternel qui l’animent en faveur de l’hu¬ manité, et alors on répétera avec vérité, en par¬ lant de la raison, cette action du fanatisme ; et coties cumque congregati eris in medîo iui ero. « Oui, citoyens, c’est la seule raison qui pré¬ side à nos assemblées, et elle présidera toujours les postérités futures ; nous osons vous en assu¬ rer d’après la flère énergie que nos frères répu¬ blicains montrent évidemment à tout l’univers. « Le grand jugement va se prononcer : quel¬ ques jours de plus, et tous les vices disparaîtront de dessus la terre. « Les instruments-du fanatisme ont perdu leur crédit; l’esprit de l’homme se tranquillise, et ces matières ne peuvent plus servir qu’à l’usage du commerce. « La section du Muséum, toujours pénétrée des principes de la République, vient vous dé¬ clarer qu’elle fait hommage fraternel de toutes les matières qui servaient au culte du fanatisme, qu’elle en abjure toute croyance, et proteste qu’elle surveillera de tous ses pouvoirs toux ceux qui tenteraient de la rétablir ou qui cherche¬ raient à l’entretenir. Elle proteste enfin qu’elle ne veut que le culte de la raison puisqu’elle ra¬ mène l’homme à toutes les vertus. « Maebec. » Suit le texte de l'adresse de la section des Tui¬ leries, d’après un document des Archives natio¬ nales (2). « Citoyens législateurs, r~« Les ci-devant saints de la ci-devant église de Saint -Germain -l’Auxerrois, notre ci-devant paroisse, voyant avec douleur que vous étiez bien déterminés à ne plus les aller voir dans leur vieux domicile, viennent en masse vous pré¬ senter leurs hommages. Fatigués d’avoir servi trop longtemps à tenir les peuples sous le joug du fanatisme et de la superstition, ils se joi¬ gnent aux sections du Muséum, des Gardes-Françaises et des Tuileries qui ne reconnaissent pas d’autre culte que celui de la raison, pour vous prier de les épurer au creuset de la liberté, ils veulent, de joujoux monarchiques qu’ils étaient, devenir bons écus républicains. Pendant dix-huit siècles ils ont, aux dépens des nations, engraissé l’indolence de quelques pieux fai¬ néants, ils veulent servir aujourd’hui à consoli¬ der les bases de la félicité publique. Leur dé¬ marche, citoyens législateurs, ne doit pas vous surprendre; dans un moment où la raison et la vérité font des progrès si rapides, des êtres aux¬ quels nous accordions des vertus et des perfec-(I) Archives nationales, carton|Cj278, dossier 744. (2) Ibid.