478 [Convention nationale.) ARCHIVES. PARLEMENTAIRES, j g 5oTmbreT793 Art.. 8. « Il sera gravé sur une pierre qui sera placée à la principale porte d’entrée desdits cimetières : ■C’est ici le séjour de la paix et du sommeil éternel. Art. 9. « Les mauvais citoyens qui apporteraient le moindre obstacle aux mesures prescrites par les représentants du peuple, seront dénoncés, dé¬ clarés suspects, et traités comme tels. Art. 10. « Le présent arrêté sera imprimé à la suite de celui des représentants du peuple, lu, publié et affiché, envoyé à la Convention nationale, aux citoyens représentants près l’armée du Rhin, et aux Sociétés populaires du départe¬ ment. » Signé : F. Usurier, vice-président; E.-B. Le-piot; C.-F. Godinet; C.-M. Thibault, Bellefontaine ; E.-N. Boilletot et S. LÉ-gerin, administrateurs; D. Dolaincourt, procureur général syndic; C. Mariotte, se¬ crétaire. Pour expédition conforme : F. Usurier, vice-président; C. Ma¬ riotte, secrétaire général. La Société républicaine du Mans propose à la Convention nationale de permettre aux républi¬ cains assez courageux pour sacrifier leur vie au salut de l’État, d’aller purger l’univers des tyrans qui l’oppriment. Mention honorable, insertion au « Bulletin » (1). Suit la lettre de la Société républicaine du Mans (2). ■La Société républicaine du Mans, à la Convention nationale. « Le Mans, 22 brumaire l’an II de la [‘ ; République française une et indivi¬ sible. « Citoyens représentants, « Plus de tyrans, plus d’esclaves. S’il est des esclaves, c’est qu’il est des rois; détruisons -les et tous les peuples sont libres et frères. « La Société républicaine du Mans vous pro¬ pose de permettre aux républicains assez cou¬ rageux pour sacrifier leur vie au salut de l’État, d’aller purger l’univers des tyrans qui l’oppri¬ ment. S’ils y allaient sans l’ autorisation, au moins du comité de Salut public, ils passeraient pour émigrés et contre-révolutionnaires. Si l’im¬ portance de l’action exige le secret, qu’on s’adresse aux Sociétés populaires pour le choix des tyrannicides, la nôtre vous offrira plus d’un Scœvola. Otez les rois de la terre, tout l’univers (1) Procès-verbaux de la Convention , t. 25, p. 316. (2) Archives nationales, carton C 286, dossier 842. rentre dans ses droits, tous les peuples sont français et la République universelle existe. « Salut et fraternité. « Les membres composant la Société républi¬ caine du Mans, « Busson, président. » La 32e division de la gendarmerie nationale parisienne, à pied, à l’armée du Nord, félicite la Convention nationale sur ses travaux; elle jure d’imiter son exemple, de rester ferme à son poste, de vaincre les ennemis de la patrie, ou de les entraîner avec elle sous ses ruines. Mention honorable et insertion au « Bulle¬ tin » (1). Suit l’adresse de la 32e division de gendarmerie nationale parisienne (2). Armée du Nord. 32e division de la gendarmerie nationale militaire parisienne à pied. « Citoyens représentants, « L’ennemi, par une fuite précipitée, a disparu de devant Dunkerque; à Hondschoote, sa résis¬ tance a signalé sa défaite et ses pertes; Lyon a vu dans ses murs expirer, avec le fédéralisme, ses projets liberticides ; Bordeaux, revenue de son égarement, gémit sur son erreur; Toulon, plutôt séduite par l’or que vaincue par la bra¬ voure de nos rivaux d’outre-mer, se reproche déjà la coupable facilité avec laquelle elle les a reçus, et ne voit qu’avec l’effroi d’une crainte servile dont ils ont porté le sentiment dans son sein, le glaive vengeur prêt à la frappper; le Castillan superstitieux, orgueilleux, paresseux, qu’avait éveillé non le cri du sang et de la na¬ ture, mais l’ambition couverte du voile de la religion, s’est repenti d’avoir osé souiller le sol où. s’offre à la divinité un hommage pur et libre; il le fuit et craint de tourner ses regards en arrière; le Piémontais court chez lui cacher sa honte, et se dérober au génie tutélaire et victo¬ rieux qui veille sur la France, et qui le poursuit ; les têtes trop souvent hélas ! renaissantes de l’hydre dont le repaire s’étendait dans la Vendée et les départements voisins, sont abattues, écra¬ sées ; Cobourg, le fier Co bourg, chassé de la posi¬ tion avantageuse qu’il occupait entre Maubeuge et Avesnes, tremble de se voir ou la retraite coupée, ou la proie d’une famine longue et cruelle, ou forcé dans son camp; les trahisons extérieures et intérieures sont découvertes; les trames ourdies par nos généraux, dans les ténèbres de la perfidie, sont rompues. « Et tous ces avantages, tous ces succès, c’est à vous, représentants, c’est à vous qu’ils sont dus. Ils le sont surtout à l’énergie que vous avez déployée les 31 mai, 1er et 2 juin derniers. Epoques mémorables, vous serez à jamais con¬ signées dans les fastes de la République une et indivisible, et la postérité la plus reculée, adhé¬ rant comme la 32e division de la gendarmerie nationale militaire parisienne à pied, aux dé¬ crets bienfaisants que vous avez vu rendre, célé-(1) Procès-verbauX de la Convention, t. 25, p. 316. (2) Archives nationales, carton C 286, dossier 842.