62 [Convention nationale.] ARCHIVES PARLEMENTAIRES. j fl novembre 1793 sa confiance réside en vous seuls. Jusqu’àce mo¬ ment vous avez eu l’intégrité, l’équité, le eou-rage d’épurer votre corps législatif, achevez votre ouvrage, et restez à votre poste jusqu’à la paix. « Sauvez la nation par votre sévérité, ce n’est que par cette conduite surveillante que vous pouvez prétendre à la reconnaissance de vos frères et à l’estime des enfants de Laon et du département de l’Aisne, qui vous devront leur bonheur et leur liberté. .. « P. C. M. Dumage, 'président; Gally, secré¬ taire; Dhonneur, secrétaire; C. Cai-gnart, secrétaire. » La Société populaire de Grandvilliers demande le rapport du décret qui ordonne que les ministres du culte seront salariés par la nation. Mention honorable, insertion au « Bulletin » (1). Un des représentants du peuple, chargé de la levée extraordinaire dans la seconde division, écrit de Soissons, le 21 brumaire, que Luillier, secrétaire-greffier de la commune de Cambrai, chez lequel on a trouvé 14 lettres d’émigrés et des quittances d’argent qu’il avait fait passer à Mons aux émigrés en 1793, et pour 3 à 400,000 li¬ vres d’accaparement, a été exécuté; avant de mourir, il a déclaré que dans son jardin il avait enterré une assez grande quantité de vaisselle d’argent avec 30 à 40,000 livres en espèces, appartenant à un émigré, nommé Roideville, ci-devant seigneur de Noyelles, près de Cambrai. Insertion au « Bulletin » et renvoi au comité de Salut public (2). Lettre des représentants du peuple dans les départements de la -Seine-Inférieure et circon-yoisins; ils informent la Convention nationale, qu’au désir de leur arrêté du 16 de ce mois, il part de la commune de Rouen deux bataillons complets, formés des citoyens de cette commune, bien armés et équipés, et très disposés à secon¬ der les républicains qui combattent les rebelles. Insertion au « Bulletin » (3). Suit la lettre des représentants du peuple dans les départements de la Seine-Inférieure et cir-convoisins (4). Les représentants du peuple français envoyés dans les départements de la Seine-Inférieure et circonvoisins, à la Convention nationale. « Rouen, 20 brumaire de l’an II de la Répu¬ blique française une et indivisible. « Citoyens nos collègues, « Nous vous prévenons qu’au désir de notre arrêté du 16 de ce mois, il part aujourd’hui (1) Procès-verbaux de la Convention, t. 25, p. 167. (2) Ibid. (3) Procès-verbaux de la Convention, t. 25, p. 168. (4) Bulletin de la Convention du 2e jour de la 3 e_ décade du 2* mois de l’an II (mardi 12 no-de la ville de Rouen 2 bataillons complets, for¬ més des citoyens de cette commune, bien armés et équipés, qui vont à Lisieux. La formation s’est faite on ne peut plus rapidement, malgré la répugnance de quelques individus qui au¬ raient préféré rester "dans leur magasin à mar¬ cher contre les rebelles. Us ont pris la dénomi¬ nation de premier et de second bataillon de la Montagne; ils sont suivis de 8 pièces de canon de campagne avec leurs munitions, de 75 ca¬ nonniers et de 100 cavaliers de la cavalerie nationale du département de la Seine-Inférieure. Le surplus des troupes part aussi du Havre. Le tout se réunira à Lisieux, et attendra les ordres du général Sépher; nous espérons que ce renfort sera d’une grande utilité aux républicains qui combattent les rebelles. L’activité des agents militaires mérite les plus grands éloges. La levée, l’organisation en compagnies, la formation en bataillons, l’armement, l’équipement, tout a été terminé en deux jours. Cette petite armée est partie de Rouen aux cris redoublés de Vive la République! Nous osons vous assurer que ces 2 bataillons sont . des plus beaux de l’armée, et que la majeure partie des citoyens qui les composent manœuvrent on ne peut' mieux. « Salut et fraternité. « Delacroix; Legendre. » « Je suis mère de cinq filles, écrit la citoyenne Jarnan, veuve Langerat, et j’ai le regret de n’avoir pas donné de défenseurs à la patrie ; j’ai 72 livres en argent, je vous les adresse pour contribuer aux frais de la guerre; et j’invite la Convention nationale à rester à son poste.» Mention honorable, insertion au « Bulletin » (1). Suit la lettre de la citoyenne J aman (2). « Citoyen Président, « Je suis mère de cinq filles, et j’ai le regret de n’avoir pas donné de défenseurs à la patrie. « J’ai 72 livres argent, je vous les adresse pour contribuer aux frais de la guerre. « Citoyen Président, si la Convention demeure à son poste (et il le faut), les tyrans seront chas¬ sés du globe, ma patrie sera en paix et nous serons heureux. « Salut et espoir. « Jarnan, veuve Langerat. » « Barbézieux, 2 e quartidi de brumaire. » Les sans-culottes du Cap-Breton, département des Landes, applaudissent au grand acte de jus¬ tice qui a fait tomber la tête de l’infâme Autri¬ chienne; ils invitent la Convention nationale à hâter le jugement des traîtres de Toulon et de vembre 1793); Archives nationales, carton C 278, dossier 736; Moniteur universel [n° 54 du 24 bru¬ maire an II (jeudi 14 novembre 1793), p. 219, col. 1] ; Mercure universel [24 brumaire an II (jeudi 14 no¬ vembre 1793), p. 212, col. 2]; Journal des Débats et des Décrets (brumaire an II, n° 420, p. 297). (1) Procès-verbaux de la Convention, t. 25, p. 168, (2) Archives nationales, carton G 278, dossier 741. [Convention nationale.] ARCHIVES PARLEMENTAIRES . I ?1 SetXtDoà Lyon, et à ne désemparer que lorsque la paix sera rétablie dans la République et respectée par les esclaves des tyrans. Mention honorable, insertion au « Bulletin » (1). Suit l’adresse des sans-culottes de Cap-Bre¬ ton (2). Les sans-culottes de Cap-Breton , réunis en So¬ ciété populaire, à la Convention nationale. « Législateurs, « Les sans-culottes de Cap-Breton, quoique situés à une des extrémités de la République, n’en ont pas moins appris avec transport et reconnaissance que le glaive de la loi s’était appesanti sur la tête de l’infâme Autrichienne ; ils applaudissent avec tous les bons citoyens à ce grand acte de justice. « Mais, législateurs, les têtes de tous les coupables ne sont pas encore abattues, nous vous conjurons de hâter leur jugement, Toulon et Lyon n’attestent que de reste leurs crimes et leur perfidie, il faut enfin que le sol de la liberté soit purgé de cette race immonde d’aris¬ tocrates, royalistes et fédéralistes. Oui, légis¬ lateurs, c’est là le vœu des vrais sans-culottes. A celui-ci nous en joignons un autre, non moins important, et d’où (nous osons le dire), dépend le salut de la patrie. Ce vœu est, législateurs, que la Convention ne désempare point que la paix ne soit rendue à la République (et pour y parvenir plus sûrement, nous vous demandons aussi le renouvellement de tous les corps admi¬ nistratifs). Eh ! toi surtout, Montagne chérie, toi dont les principes sacrés sont gravés dans les cœurs de chacun de nous, continue, par ton courage et ta fermeté, à assurer le bonheur de tous les Français. ' « Cap-Breton, département des Landes, dis¬ trict de Dax, le 8e jour du 2e mois de la Républi¬ que, une et indivisible. « J. Lombard, secrétaire. » La Soeiété populaire de Mormant félicite la Convention sur ses glorieux travaux, et elle l’in¬ vite à rester à son poste. Mention honorable, insertion au « Bulletin » (3). Suit l’adresse de la Société populaire de Mor¬ mant (4). La Société populaire de Mormant, aux citoyens législateurs. « Mormant, septidi, dix-sept de brumaire, l’an II de la République, une et indivi¬ sible. « Citoyens législateurs, « La Société populaire de Mormant, animée du plus ardent patriotisme, vous annonce avec la plus grande satisfaction, que dans le canton (1) Procès-verbaux de la Convenlion, t. 25, p. 168. (2) Archives nationales, carton C 280, dossier 769. (3) Procès-verbaux de la Convention, t. 25, p. 169. (4) Archives nationales, carton C 280, dossier 769. de Mormant l’esprit public est à la hauteur de la Révolution. Les prêtres y abjurent leurs an¬ ciens préjugés, contractent mariage avec des personnes pauvres, mais vertueuses, leurs con¬ frères y assistent, les jeunes pour imiter leur exemple, et les vieux pour applaudir à la con¬ duite des nouveaux époux. « Continuez, législateurs fidèles, et le gouver¬ nement républicain terrassera toutes les pha¬ langes ennemies, vils esclaves et défenseurs des tyrans et des despotes, c’est le vœu de la Société qui, sous quelques jours, vous donnera des preuves de son patriotisme en déposant dans votre sein une boîte renfermant plusieurs dons. précieux. « La Société, en assurant de son dévouement, à vos principes et à vos sages décrets, vous, félicite de vos glorieux travaux et vous invite à rester fermes à vos postes tant que la liberté� comptera des ennemis. « Salut et fraternité. « Faucher, président; Beaunibr, secré¬ taire-greffier.» Le citoyen Chaillan, chef des bureaux civils; de la marine à Nice, fait passer à la Convention. nationale la lettre suivante du citoyen Lacombe-Saint-Michel, représentant du peuple en Corse, datée de Calvi, le 16 octobre : « Je vous dénonce une atrocité commise par des Anglais contre des Français, pendant l’at¬ taque de Saint-Florentin [Saint Florent]. Nou& ignorions à Calvi ce qui s’y passait. Je fis partir une gondole contenant des malades qui allaient à Bastia; de ce nombre étaient le commissaire des guerres Boërio, beau-frère de Saliceti, un. médecin de l’ambulance, un grenadier du 26e régiment d’infanterie, un officier du 61% un. gendarme et autres passagers. Cette gondole étant hors d’état de faire aucune résistance contre quatre vaisseaux de guerre, les hommes qu’elle portait furent faits prisonniers par les Anglais; mais le commandant a eu la lâcheté de les livrer à Paoli : ces malheureux ont été conduits, liés et garrottés, à la bastille de Corté. « Je demande justice de ce forfait, ou bien. qu’il soit usé de représailles contre les prison¬ niers anglais. Apprenons enfin à cette nation, autrefois généreuse, à respecter encore le droit des gens. » Après la lecture de cette lettre, sur la propo¬ sition d’un membre [Bourdon ( de l’Oise ) (1)], la Convention nationale charge les comités de Salut public et de la guerre de lui présenter un projet de décret, concernant les représailles à exercer contre les ennemis de la République, relative¬ ment aux choses et aux personnes (2). Suit la lettre du citoyen Chaillan (3). « Nice, le 12e jour du 2e mois de l’an II de¬ là République, une et indivisible. « Le citoyen Chaillan, chef dos bureaux civils de la marine à Nice, s’empresse d’adresser au (1) D’après les journaux de l’époque. (2) Procès-verbaux de la Convenlion , t. 25, p. 169. (3) Archives nationales, carton C 278, dossier 736..