SÉANCE DU 4 FRIMAIRE AN III (24 NOVEMBRE 1794) - N° 7 125 e [L’agent national par intérim près de la commune d’ingrandes, au Président de la Convention nationale, Ingrande, le 15 brumaire an III\ (22) Liberté, Égalité, Fraternité. Citoyen représentant, Le conseil général de la commune d’ingrandes m’a chargé de te faire passer cette adresse cy-jointe, et de te prier de la faire connaître à la Convention nationale, pour laquelle elle est l’expression bien sincère de nos sentimens, et des vœux de tous nos concitoyens. Salut et Fraternité. Vive la République. MONNIER, agent national. [Les maire, officiers municipaux, agent national et notables composant le conseil général de la commune d’ingrandes, aux représentants du peuple français à la Convention nationale à Paris, Ingrandes, le 15 brumaire an III] (23) Partout où l’innocence n’est pas en sûreté, rien ne peut être. Partout où les lois sont violées impunément, il n’y a plus de liberté. J. -J. Rousseau, lettres écrites de la Montagne, 7e lettre. Citoyens représentans, Et nous aussi, nous applaudissons bien sincèrement aux grandes mesures que vous avez prises; aux sages dispositions que vous avez faites, et que vous suivez avec autant d’énergie que de fermeté, depuis l’époque, à jamais mémorable du 9 thermidor, pour rétablir l’ordre, le règne de la justice et des lois, dans l’intérieur de la République ; y faire renaître la confiance, y réintégrer et encourager les arts et l’agriculture, le commerce et l’industrie; il faut en bannir à jamais le sistème de terreur et de sang, que des monstres avaient inventé pour la détruire, et pour favoriser l’infâme coalition acharnée contre elle. Et nous aussi, nous applaudissons à votre Adresse au peuple français, au grand caractère qu’elle manifeste, aux principes fondamentaux qu’elle consacre, et qui fixent la base de l’ordre, et du bonheur public. Aussitôt qu’elle nous est parvenüe, nous nous sommes empressés de la publier dans une assemblée générale de nos concitoyens. Tous l’ont entendüe avec la plus vive satisfaction, et en ont manifesté leur reconnaissance par les cris répétés de vive la Convention nationale ! Périssent les traîtres, tous les scélérats qui voudraient, encore, la contrarier dans ses vües (22) C 328 (1), pl. 1446, p. 42. (23) C 328 (1), pl. 1446, p. 43. sages et dans ses glorieux travaux pour la félicité publique, et le vrai triomphe de la liberté ! Continuez dignes législateurs ; suivez avec le courage, la fermeté qui vous caractérisent, la marche hardie mais sûre que vous avez prise avec tant de succès, malgré tous les obstacles, pour le bonheur de la France. Délivrez-la de tous les faux patriotes, de tous ces êtres atroces, qui voulaient la déshonorer et la détruire à force de forfaits ! Maintenez dans toute son intégrité le gouvernement révolutionnaire; dirigez le vers sont vrai but, faites qu’il protège, qu’il rassure et encourage les bons citoyens, qu’il ne soit plus le prétexte ni l’instrument des vexations, de l’arbitraire; qu’en un mot, il ne soit désormais la terreur que des méchants, des malveillants, des conspirateurs, le détour des ennemis de la chose publique. Conservez aussi dans toute la grandeur de son intégrité, l’autorité qui vous est confiée, ce dont vous usez à la satisfaction publique. Écrasez de tout son poids quiconque oserait désormais y porter la moindre atteinte ! Le peuple que vous servez et que vous représentez si dignement vous soutiendra envers et contre tous. Vous recevez de toutes parts les assurances de son attachement inviolable, partout il manifeste la reconnaissance qu’il vous doit, et vous couvre de bénédictions ! Il fonde sur vous, sur votre zèle, sur votre courage infatigable, ses plus chères espérances, et c’est du résultat de vos glorieux travaux qu’il attend le triomphe de la liberté, et conséquemment son bonheur ! Tels sont aussi, citoyens représentants, nos sentiments bien sincères, et ceux de tous nos concitoyens, à votre égard. Nous avons constamment considéré la Convention nationale, comme le centre unique de l’autorité publique, et du gouvernement. Jamais nous ne nous sommes écartés de ce principe ; nous l’avons manifesté dans les circonstances les plus difficiles, et nous périrons plutôt que d’en départir ! Vive à jamais la République, une et indivisible ! Vive la Convention nationale ! Attard, maire, Monnier, agent national par intérim, et 13 signatures de notables. f [Le conseil général de la commune de Pernes à la Convention nationale, Pernes, le 11 brumaire an III] (24) Représentants du peuple français, Le conseil général de la commune de Pernes se fait un devoir de mêler aussi sa voix au concert unanime de bénédictions et d’applaudissemens qui s’élève de toutes les parties de la République en reconnaissance du service signalé que vous lui avez rendu ; vous l’avez délivré d’un tyran monstrueux qui, par degrés insensibles et sous le masque d’une hypocrite popularité, après avoir (24) C 328 (1), pl. 1446, p. 38. 126 ARCHIVES PARLEMENTAIRES - CONVENTION NATIONALE trouvé l’art de la subjuguer par l’astuce la plus machiavélique, l’opprimait par tous les moyens qu’ont jamais pu inventer la férocité et la scélératesse réunies. Le courage énergique, l’ensemble majestueux avec lesquels vous avez attaqué et terrassé au même instant ce tigre et ses impies sectateurs, dont l’existence deshonorait les annales de la Révolution, ont annoncé à la France que ce n’étoit pas une nouvelle faction qui succédait à l’ancienne. Mais la vertu qui triomphait du crime, et votre immortelle adresse au peuple français, commentaire le plus pur et le plus sublime de la Déclaration des Droits, comme un rayon éclatant de lumière, a percé les ombres épaisses que la tyrannie avait amoncelées autour d’elle, purifié l’atmosphère sanglant de la République, et rendu à la vie tout un peuple, qui, respirant à peine sous le joug de l’oppression et de la terreur, ne connoissoit bientôt plus de la liberté que le nom. Les sages leçons qui y sont développées doivent être la règle de tous les vrais amis de la patrie : les principes éternels de justice et de raison qui y sont solennellement proclamés ne pourront plus être attaqués ni méconnus, ils ont reçu une sanction universelle (25) : ils seront l’égide sacrée contre laquelle viendront s’immoler tous les traits de la licence et de l’intrigue, et dont le seul aspect pétrifiera tous les ennemis de la liberté et de l’égalité sous quelques masques qu’ils se couvrent. Combien de maux ont affligé les contrées méridionales ! Nous n’entreprendrons pas de les retracer; ils vous sont connus. Il suffit de dire que toutes les passions, portées au plus haut point d’exaltation sous un climat ardent, y ont régné tout-à-tour sans frein et sans pudeur. Le pauvre cultivateur même sous le chanvre n’a pas été exempt de coups: il a été arraché à son humble asile, qui a été violé et détruit. Vos sages décrets y vont reporter la consolation et la vie, et déjà les représentans du peuple, vos dignes délégués dans ces départements ont ranimé au fond des cœurs l’espérance qui étoit sur le point de s’y éteindre. Poursuivez, législateurs, votre glorieuse carrière; le peuple a reçu votre serment de ne la quitter que lorsque vous l’aurez entièrement parcourue. D’une main ferme vous en ayez tracé les limites et posé les bornes : qu’elles soient immuables. Punissez quiconque oseroit tenter de les déplacer. Vous êtes les seuls interprètes et les organes de la volonté générale : ne souffrez pas qu’aucun individu, aucun parti ni corporation aient l’audace d’y opposer le moindre obstacle. Vous avez retrouvé la vraie route qui doit conduire rapidement au but le char révolutionnaire ; ne permettez pas que les rênes flottantes soient jamais fléchies au gré de l’injustice et de la cupidité. Le conseil général de la commune de Pemes, toujours fermement attaché au dogme sacré de l’unité et de l’indivisibihté de la République, n’a jamais reconnu d’autres loix que celles émanées (25) Cette dernière partie de phrase a été ajoutée en bas de page. de la représentation nationale, et son seul cri de ralliement sera jusqu’à la mort, vive la République, vive la Convention. Les maire, officiers municipaux et notables composant le conseil général de la commune de Pemes, ce onze brumaire, 3ème année républicaine. Proal, maire, Brun, Brussy, Chiron, Roux, Michel, Teissier, officiers municipaux, ESCLANGON, secrétaire greffier et 4 signatures de notables. g [Le conseil général de la commune de Villers-Cot-terêts aux citoyens représentants du peuple à la Convention nationale, Villers-Cotterêts, le 20 brumaire an III] (26) Si la chute du tyran et de ses complices a commencé à écarter l’orage effroyable qui mena-çoit d’écraser notre horizon politique, votre Adresse énergique puisée dans les vrais principes de bienfaisance, de justice et d’humanité a achevé de nous ramener un ciel pur et serein dépouillé de tous les miasmes pestilentiels qui l’environnoient depuis longtemps ; aussi a-t-elle été reçue avec ce vif enthousiasme qu’excite dans toutes les âmes sensibles le désir de tranquillité et de raffermissement de la République. Dévouement total et réunion entière à la Convention, ont été le seul cri de tous nos concitoyens, et notamment à la nouvelle lecture de cette adresse faite le jour de la fête de la victoire. Continuez sages législateurs a appesantir la massue sur les tetes toujours renaissantes de cet hydre qui guidé soit par un esprit de faction, soit par une ambition démesurée, soit enfin par d’autres principes antirévolutionnaires, cherchent a anéantir l’indivisibilité de la République. Qu’elle atteigne aussi ces vils détracteurs de l’esprit public qui sous le masque du patriotisme induisant dans l’erreur des êtres futiles et souvent de bonne foi. Fait à la maison commune, à Villers-Cotterêts, le vingt brumaire, 3ème année de la République françoise, une et indivisible. BERROU, maire, et 13 autres signatures dont celle illisible de l’agent national. h [Le conseil général de la commune de Port-Brieuc à la Convention nationale, Port-Brieuc, le 15 brumaire an III] (27) Législateurs, Nous avons reçu et notre paisible commune a entendu, avec les transports de la plus vive allégresse, la sublime Adresse de la Convention au (26) C 328 (1), pl. 1446, p. 46. (27) C 328 (1), pl. 1446, p. 44.