SÉANCE DU 10 VENDÉMIAIRE AN III (1er OCTOBRE 1794) - N° 42 209 soupie. Puisque vous n’avez coupé qu’une tête de l’hydre, et que le monstre se reproduit comme le serpent de la fable, écrasez-le tout à la fois, et que la massue nationale fasse dis-paroître d’un seul coup et la tête et la queue. Des raisons de politique vous ont sans doute empêché, dans les premiers momens, d’étendre vos poursuites ; et vous avez cru en punissant le chef, couper tous les fils de la trame. Vous ne soupçonniez point qu’un tyran pût avoir des vengeurs. Vous le voyez pourtant, l’on vous assassine, l’on veut, par la terreur du poignard, vous empêcher de rechercher les coupables, et rétablir, à la faveur de la crainte, ce système destructeur, qui rougiroit les fleuves de la France, et feroit de ses habitans un peuple de veuves et d’orphelins. Ne vous y trompez pas, les complices de Robespierre s’efforcent de le faire revivre; craignez que pour y parvenir ils ne consomment d’un seul coup le crime horrible par lequel ils nous menoient par degrés à la tyrannie. La malveillance met tout à profit. Vous à qui le soin de sauver la patrie est confié, mettez tout votre pouvoir en usage pour déjouer ses perfides complots. Quoique le peuple soit toujours sûr de se sauver lui-même, c’est toujours une calamité que de l’y voir réduit : sachez la prévenir cette calamité en vous sauvant vous-mêmes. Représentans, les membres de la société populaire de Nîmes sont toujours prêts à vous faire un rempart de leurs corps contre tous les ennemis de la liberté ; c’est la même société qui s’organisa en 1791 pour s’élever contre les Feuillants qui vouloient rétrograder la Révolution; c’est la même qui s’arma, le 10 août, contre le tyran; c’est la même qui fut persécutée au 31 mai par les fédéralistes, et qui leur résista courageusement; c’est la même qui a terrassé la faction de Robespierre le 9 thermidor ; c’est elle qui jure de combattre toutes les factions, et de ne s’écarter jamais des principes de liberté, d’égalité et de fraternité, qui constituent les vrais républicains. La Convention nationale a décrété la mention honorable et l’insertion de cette adresse au Bulletin. 42 La société populaire de Bourges (?) dans une adresse à la Convention, félicite fortement la Convention d’avoir renversé Robespierre et autres ennemis de l’humanité. Il est temps, dit cette société, que la France ne soit plus dominée que par la loi ; représentans, nous demandons le maintien du gouvernement révolutionnaire, et que vous assuriez les loix sur la hberté de la presse. Mention honorable (85). (85) J. Fr., n 736; M. U., XLIV, 153.