[Convention nationale.] Compte rendu des Annales patriotiques et littéraires (1). La Société populaire et le comité révolution-maire de Metz envoient une députation à l’As¬ semblée. Jj orateur fait le plus grand éloge du courage républicain des représentants Mallarmé et La¬ coste, envoyés auprès de l’armée de la Moselle. A la voix de ces députés des milliers de citoyens ont volé au secours de nos frères. Les pétition¬ naires, qui expriment aussi le vœu des admi¬ nistrateurs du département de la Moselle et. du conseil général de la commune de Metz, de¬ mandent avec insistance que Mallarmé, rap¬ pelé par un décret de la Convention, reste au poste d’honneur qui lui a été confié, et qu’il peut si utilement occuper encore. Cette pétition est renvoyée au comité de ■Salut public pour en rendre compte incessam¬ ment. Les pétitionnaires sont admis aux hon¬ neurs de la séance. La Société de Dunkerque, éclairée par Lebon, représentant du peuple, reconnaît que son désir violent de faire le bien, l’a induite en erreur sur l’établissement d’une Société centrale; elle fait la rétractation la plus formelle des deux écrits qu’elle a adressés le 9 brumaire à ses sœurs des départements du Nord, du Pas-de-Calais et autres affiliées, et proteste de son dévouement aux dé¬ crets de la Convention. Insertion au « Bulletin » (2). Suit la lettre de la Société populaire de Dun¬ kerque (3) : La Société populaire de Dunkerque, à la Con¬ vention nationale. « Du 21 brumaire. « Représentants du peuple, « La Société de Dunkerque, dont la profession -de foi à l’unité et à l’indivisibilité de la Répu¬ blique vous a été adressée, dirigée toujours par ce principe sacré, ressent on ne peut plus vive¬ ment la douleur de s’être trompée dans un des moyens qu’elle a indiqués à ses sœurs des dépar¬ tements du Nord et du Pas-de-Calais, parce qu’elle l’a cru propre à affirmer cette unité, cette indivisibilité de la République qui fait «on vœu le plus ardent, qui a toujours été le but de ses travaux, et pour le maintien desquelles elle répandra jusqu’à la dernière goutte de son sang. « La Société, éclairée par votre collègue Le Bon, reconnaît que l’excès de zèle pour ses principes purs, son désir violent de faire le bien, l’ont induite en erreur, Font égarée et lui ont fait arrêter une mesure dont les conséquences qui lui ont été déduites par ses commissaires auprès de votre collègue à Calais, l’ont fait fré¬ mir. Elle gémit de son erreur, elle l’avoue et la fl) Annales patriotiques et littéraires fn° 319 du 26 brumaire an II (samedi 16 novembre 1793), p. 1479, col. 1]. (2) Procès-verbaux de la Convention, t. 25, p. 231. (3) Archives nationales , carton G 281, dossier 771. m reconnaît avec cette franchise qui est le carac¬ tère des vrais républicains. « La Société centrale, qui s’était formée à Arras, s’est dissoute, parce que son existence avait fait naître des inquiétudes à notre sœur de cette commune. « Notre Société, vivement affectée des fu¬ nestes effets qui auraient pu résulter de l’exis¬ tence de cette Société centrale, qu’elle n’avait provoquée que par son amour pour le bien, agitée de ce seul sentiment, déclare faire la rétractation la plus formelle, la plus solennelle des deux écrits qu’elle a adressés le 9 brumaire à ses sœurs des départements du Nord et du Pas-de-Calais et autres affiliées. « La peine qu’elle éprouve de les avoir arrêté» ne diminuera qu’au moment où notre sœur d’Arras, satisfaite de l’envoi qu’elle vient d’ar¬ rêter d’en faire à toutes nos sœurs qui ont reçu lesdits écrits, nous restituera le sentiment de fraternité que notre Société lui demande et que, lorsque la_ Convention, bien instruite de la pureté de nos intentions, ne verra dans sa con¬ duite que l’erreur d’un instant, reconnue et désavouée de suite, et qu’elle aura apprécié ce repentir d’une Société républicaine qui n’a ja¬ mais dévié des principes de cette sainte Mon¬ tagne à qui nous devons notre salut et dont les. principaux travaux ont été une lutte conti¬ nuelle contre le fédéralisme. « Représentants, accueillez cet acte de la société envers vous, envers toutes les sociétés avec qui elle correspond, avec lesquelles elle va resserrer les nœuds de cette douce frater¬ nité qui, assurant l’union de toute» lés parties de la République, en garantit le bonheur. » ( Suivent 117 signatures.) Couturier, représentant du peuple, transmet & la Convention 7 procès-verbaux de régénération des autorités constituées. Insertion au « Bulletin » (1). Suit la lettre de Couturier (2) t « Étampes, le 21e brumaire, l’an II de la République française, une et indivi¬ sible. « Citoyens mes collègues, « Je vous transmets sept procès-verbaux de régénération des autorités constituées et de récolte d’argenterie des communes de Chama-rande, �Bourrai (3), Lardy, Etrechy, Itteville et Torfou; dans le nombre desquels il en est un qui constate du fanatisme des habitants dtt hameau de Torfou, qui semble indiquer que le euré du lieu est le point central de leur erreur; aussi, d’après l’avis des corps constitués et du district, j’ai cru qu’il était indispensable de réunir cette paroisse inutile à Chamarande, chef-lieu de canton, en attendant que toutes (1) Procès-verbaux de la Convention, t. 25, p. 232. (2) Archives nationales, carton AFn 151, pla¬ quette 1223, pièce 39. Aulard i Recueil des actes el de la correspondance du comité de Salut public, t. 8, P-343. (3) Actuellement Bouray, arrondissement d’Ê-tampes, ARCHIVES PARLEMENTAIRES, i brumaire an II ( 1S novembre 1793