42 [Convention nationale.] ARCHIVES PARLEMENTAIRES. \\\ T'93 bien des enfants n’osent pas tutoyer leurs pères et mères ; il est certain que les domestiques crai¬ gnent de tutoyer ceux qu’ils servent; ü est cer¬ tain que dans les lieux publics cet usage ooûte à beaucoup de personnes, et peut même entraîner quelques inconvénients, exciter des querelles. Il faut pourtant, après la fête de la Eaison, que les citoyens se désaccoutument de ce vous ridi¬ cule et'servile. Je demande que la Convention, au lieu d’une invitation, fasse une loi formelle. Thuriot. Je m’oppose à cette mesure. Si tout le monde était à la hauteur des révolutions, on pourrait adopter la proposition de Basire. Mais vembre 1793), p. 1198, col. 2] rendent compte de la motion de Basire dans les termes suivants : I. Compte rendu du Journal dé Perleh Ün poète fait hommage à la Convention natio¬ nale d’une pièce de vers sur l’impropriété du mot vous, au lieu de tu ou loi , quand on parle à une seule personne. Basire prend de là occasion de demander que, sous une peine quelconque, tous les citoyens soient tenus de se tutoyer. Thuriot pense que ce serait jeter de nouvelles semences de trouble parmi les citoyens et condam¬ ner à la proscription ceux qui, par répugnance ou par la force de l’habitude, ne se conformeraient pas à la îoi. « Encouragez les citoyens, ajoute-t-il, à adopter ce langage; donnez-en vous-mêmes l’exem¬ ple; le temps et les principes de l’égalité feront le reste. La Convention nationale passe à l’ordre du jour sur la motion de Basire. II. Compte rendu de l 'Auditeur national. Basire, par motion d’ordre, a renouvelé la mo¬ tion de proscrire par un décret l’aristocratie du vous, qui, après les fêtes de la Raison et de l’Égalité, ne doit plus souiller le langage des républicains. L’opinant a vu dans la mesure qu’il proposait le moyen de prévenir des rixes qui ont déjà éclaté entre plusieurs citoyens, dont les uns prétendent qu’on ne doit point se permettre de les tutoyer, parce qu’il n’y a point de décret formel à cet égard. Thuriot, de son côté, a pensé que, si l’on adop¬ tait la proposition de Basire, les rixes deviendraient encore plus fréquentes et plus sérieuses, parce qu’on pourrait regarder comme suspectes des personnes auxquelles le vous échapperait par la force de l’habi¬ tude. La Convention a passé à l’ordre du jour. III. Compte rendu du Mercure universel. Un citoyen fait hommage d’une pièce de vers ayant pour titre : Invitation de se tutoyer. Basire observe que l’on ne suit point cette invi¬ tation, cé qui cause des rixes parmi les citoyens. Il demandé que l’on en fasse une loi, et que celui qui pourrait y contrevenir soit soumis à une peine quelconque. Thuriot. Si vous faisiez une loi de tutoiement, l'ôfi proscrirait ceux qui ne tutoient point; on les regarderait comme suspects et l’on viendrait successi¬ vement jusqu’à vouloir proscrire du sol de la liberté des hommes qui parleraient italien ou espagnol. Je demandé l’ordre du jour sur la motion de Basire motivé sur ce que la Convention a décrété que tous lès citoyens sont invités à se tutoyer. l/oraré du jour, ainsi motivé, est adopté, je crois