280 [Convention nationale.] ARCHIVES PARLEMENTAIRES. I et que nous allons donner comme si elle existait réellement dans le procès-verbal imprimé.) 'Liste des membres de la commission de V ins¬ truction publique présentée par le comité de Salut public (1), et adoptée par la Convention. Robespierre; Danton; Granet; Trullard; Char¬ les Dnval; Bonnier (2). Le rapporteur du Comité d’instruction pu¬ blique [David] (3) présente la liste des mem¬ bres qui doivent composer le jury établi pour prononcer sur les monuments des arts, ainsi qu’il suit : Liste des membres du jury qui doit juger le con¬ cours des prix de peinture, sculpture et archi¬ tecture, présentée au nom du comité d'instruc¬ tion publique, et adoptée par la Convention. Dufoumi, membre du département; Monvel, acteur; Fragonard, peintre; Fragonard, anato¬ miste; Julien, sculpteur; Pache; Varon, homme de lettres; David Leroy, architecte; Fleuriot, sub¬ stitut de Vaccusateur public; Rondelet, construc¬ teur; Boichot, sculpteur; Lesueur, peintre; Durré, graveur; Ronsin, commandant général de V armée révolutionnaire; Hébert, substitut du procureur de la commune; Delannoy, architecte; Hassenfratz; Chandet, sculpteur; Lebrun, marchand de ta¬ bleaux; Cels, cultivateur; Potdevin, architecte; Topinot-Lebrun, peintre; Cietti, artiste; Monge; Neigeon, peintre; Balzac, architecte; Gérard, peintre; Lussault, architecte; Lebrun, homme de lettres; Hazard, cordonnier; Hubert, architecte; Bonvoisin, peintre; Taillasson, peintre; Michallon, sculpteur; Dorat-Cubières, homme de lettres; Ra-mey, sculpteur; Belleâls, peintre; Haroux-Ro-main, architecte; Neveu, peintre; Thouin, jardi¬ nier; Lays, acteur; Goust, architecte; Signi, méde¬ cin; Lesueur, sculpteur; Allais, architecte. Suppléants. Talma, acteur; Desroches, peintre; Vicq-d’Azir, anatomiste; Merceray, graveur; Michaud, acteur; Azni, homme de lettres; Dejoux, sculpteur; Boullé, architecte; Villemain, peintre; Turcati, graveur. La Convention nationale ordonne l’impression du rapport et du projet de décret (4). Suit le texte du rapport de David, d’après un document imprimé (5) : (I) Voy, ci-dessus, séance du 23 brumaire an II, p. 157, le décret ordonnant que le comité de Salut public présentera le lendemain la liste des membres composant la Commission qui doit reviser les dé¬ crets rendus sur l’instruction publique. (2) Procès-verbaux de la Convention, t. 25, p. 238. (3) D’après les divers journaux de l’époque. (4) Procès-verbaux de la Convention, t. 25, p. 238 et 241. (5) Bibliothèque nationale : 6 pages in-8° Le3*, n° 565. — Bibliothèque de la Chambre des députés : Collection Portiez (de l'Oise), t. 95, n° 3; Journal des Débats et des Décrets (brumaire an II, n° 423, p* 343). Rapport fait au nom du comité d'instruction publique, par David, sur la nomination des 50 membres du jury qui doit juger le concours des prix de peinture, sculpture et architecture. (Imprimé par ordre de la Oonvention natio¬ nale.) Citoyens, En décrétant que ceux des monuments des arts mis en concours, qui doivent mériter les récompenses nationales, seraient jugés par un jury nommé par les représentants du peuple, vous avez rendu hommage à l’unité et à l’indivi¬ sibilité de la République; vous avez renvoyé à votre comité d’instruction publique pour qu’il vous présentât une liste de candidats : c’est alors que votre comité a considéré les arts sous tous les rapports qui doivent les faire contribuer à étendre les progrès de l’esprit humain, à propager et transmettre à la postérité l’exemple frappant des sublimes efforts d’un peuple im¬ mense guidé par la raison et la philosophie, ramenant sur la terre le règne de la liberté, de l’égalité et des lois. Les arts doivent donc puissamment contri¬ buer à l’instruction publique, mais c’est en se régénérant : le génie des arts doit être digne du peuple qu’il éclaire; il doit toujours marcher accompagné de la philosophie, qui ne lui con¬ seillera que des idées grandes et utiles. Trop longtemps les tyrans, qui redoutent jusqu’aux images des vertus, avaient, en en¬ chaînant jusqu’à la pensée, encouragé la licence des mœurs : les arts ne servaient plus qu’à satis¬ faire l’orgueil et le caprice de quelques sybarites gorgés d’or; et des corporations despotiques circonscrivant le génie dans le cercle étroit de leurs pensées, proscrivaient quiconque se pré¬ sentait avec les idées pures de la morale et de la philosophie. Combien de génies naissants ont été étouffés dès leur berceau ! combien de vic¬ times de l’arbitraire, des préjugés, des passions, de ces écoles que le caprice ou la mode perpé¬ tuèrent ! Examinons quel principe doit régénérer le goût des arts, et de là nous conclurons qui doit être juge. Les arts sont l’imitation de la nature dans ce qu’elle a de plus beau, dans ce qu’elle a de plus parfait : un sentiment naturel à l’homme l’attire vers le même objet. Ce n’est pas seulement en charmant les yeux, que les monuments des arts ont atteint le but, c’est en pénétrant l’âme, c’est en faisant sur l’ esprit une impression profonde, semblable à la réahté : c’est alors que les traits d’héroïsme, de vertus civiques, offerts aux regards du peuple, électriseront son âme, et feront germer en lui toutes les passions de la gloire, de dévouement pour le salut de la patrie. Il faut donc que l’artiste ait étudié tous les ressorts du cœur humain ; il faut qu’il ait une grande connaissance de la nature; il faut, en un mot, qu’il soit phi¬ losophe. Socrate, habile sculpteur; Jean-Jacques, bon musicien; l’immortel Poussin, traçant sur la toile les plus sublimes leçons de philosophie, sont autant de témoins qui prouvent que le génie des arts ne doit avoir d’autre guide que le flambeau de la raison. Si l’artiste doit être pénétré de ces sentiments, le juge doit l’être encore davantage. Votre comité a pensé qu’à cette époque où les arts doivent se régénérer comme les mœurs,