SÉANCE DU 4 FRIMAIRE AN III (24 NOVEMBRE 1794) - N° 7 129 notre liberté, que dix années de victoires. Vos principes seuls vont faire de tous les peuples des amis, et des frères, et eux seuls vont tourner contre les tirans les fers dont ils les avaient armés pour anéantir nos droits. Mais ne vous endormés point, Citoyens Représentants, une trop cruelle expérience nous a appris qu’ils n’est point de repos pour le crime, continués sauveurs de la patrie à terrasser, à anéantir tous les scélérats, tous les fripons et tous les intrigans. Nous sommes debouts pour vous faire un rempart de nos corps et nous veillerons toujours pour vous les démasquer. Restés à votre poste tous les temps qu’il existera un seul de ces monstres destructeurs de toute société, que vous aurés assis la République sur les bases durables du bonheur, et de la prospérité. Vive la République une et indivisible, vive la Convention nationale, périssent tous les fripons, tous les tirans, tous les intrigans, et tous les dila-pidateurs des fortunes publiques et particulières. Ce 10 brumaire 3ème année républicaine. Tou JE AN, officier municipal, CALS AN, expert, ÜAUBAUD, notable et 35 autres signatures. o [Les citoyens de la commune de Prissac à la Convention nationale, Prissac, le 16 brumaire an III\ (34) Citoyens représentons, La municipalité de Prissac, la société populaire et le peuple assemblés décadi dernier pour célébrer la fête des victoires et de l’évacuation du teritoire français par les satellites des despotes ; cette fête a été terminée par la lecture de votre sublime adresse aux français : elle a été entendue avec une émotion, un épanouissement de joie qu’il est impossible d’exprimer. Combien elle contrastait avec les horreurs commises à Nantes et dont on nous avait donné lecture au commencement de la séance! Aussi un membre de la société ayant demandé que la société populaire votât une adresse de remerciements à la Convention, tous les citoyens ont exigé unanimement que l’adresse fut signée de toute la commune. Recevez donc, dignes représentans, nos actions de grâces pour les principes que vous y proclamez. L’humanité conciliée avec le patriotisme, une justice sévère dégagée de la terreur même envers les factieux, les intrigans, les dila-pidateurs de la fortune publique et tous les hommes immoraux ; l’erreur distinguée du crime, le règne des lois et de la vertu; nulle autorité intermédiaire entre le peuple et la Convention, unique centre de ralliement pour tous les Français ; deux classes seulement de citoyens, les hommes vertueux qui seront toujours d’excellents patriotes et les hommes sans mœurs qui sont essentiellement anticiviques : tels sont les principes et les maximes d’après lesquels vous voulez conduire, même révolutionnairement le (34) C 328 (2), pl. 1454, p. 19. Bull., 4 Mm. vaisseau de la République au port. Tels sont les principes que tout bon français trouve gravés dans son cœur; tels sont ceux qu’a proclamé et suivi constament dans sa mission le représentant Cherrier que vous nous avez envoyé. Continuez lui sa mission jusqu’à ce qu’il ait rétabli la circulation des grains et qu’il ait dissipé la pauvreté la plus effrayante où se trouve notre district en général et notre commune en particulier. Représentans nous souhaitons la fin du gouvernement révolutionnaire parce que nous désirons avec ardeur la paix et le honneur que de concert avec la liberté et l’égalité, elle nous procurera ; mais jusqu’à cette époque mémorable, nous voulons le gouvernement révolutionnaire tel qu’il marche actuellement. Restez donc à votre poste jusqu’à ce moment désiré et pour lors tous les Français proclameront unanimement que vous avez bien mérité de la patrie, et ceindront vos têtes de lauriers qu’ils s’occupent à vous tresser. Vive la Convention nationale. Les citoyens composant la commune de Prissac. Suivent 38 signatures. P [Les membres de la société populaire de Lagnieu à la Convention, Lagnieu, le 20 brumaire an III\ (35) Citoyens représentans, Un assemblage odieux de crimes atroces étoit organisé en système: les trop fidels agens du perfide Robespierre s’étoient divisés le sol heureux de la République pour les exécuter et faire haïr la liberté. D’un côté c’étoient les noyades, d’un autre les fusillades; ailleurs des égorgements, ailleurs des assassinats; partout une affreuse dilapidation de la fortune publique et des fortunes particulières ; le langage étoit corrompu, les mœurs perdues et la morale avilie. Heureusement, citoyens représentans, vous avez le 9 thermidor, recueillis en vous-mêmes les principes étemels de la justice et de la raison, et par l’apphcation que vous en avez faitte, la tête du chef qui étoit dans votre sein est tombée. Aujourd’hui par votre sublime addresse au peuple françois, vous propagez au loin ces mêmes principes ; ils viviffient ceux qui germoient dans les âmes vraiment républicaines; ils sont l’expression des purs sentimens de notre société. Si leur première exposition a entraîné la chûte du chef ; leur manifestation générale dans toute la République ne voit-elle pas amener l’anéantissement de tous les indignes ministres, malheureusement trop disséminés dans toutes ses parties. Ainsi, citoyens représentans, s’il peut jamais être nécessaire de faire une application prompte des principes énergiquement consacrés dans votre addresse, c’est en punissant d’une manière (35) C 328 (2), pl. 1454, p. 17. Bull., 4 Mm.