Suite de la Séance permanente du 11 thermidor (SOIR) Présidence de COLLOT D’HERBOIS (1) La séance est reprise à huit heures. Un membre donne lecture de la correspondance suivante. 1 La commune de Bourg-l’Egalité (2) félicite la Convention nationale d’avoir abattu le tyran : « On avoit séduit une partie des citoyens, on avoit comprimé l’autre par la terreur, dit cette commune : le tyran et ses complices n’existent plus : le peuple français a vu leur supplice avec le calme qui convient à des hommes libres : ainsi périssent ceux qui méconnois-sent les lois de l’égalité, et veulent lever une tête audacieuse au-dessus de leurs concitoyens ! ». Mention honorable, insertion au bulletin (3). 2 On admet à la barre la section du Mont-Blanc (a), celle de Mucius Scaevola (b), et celle de la République (c); les juges composant le tribunal du 1er arrondissement, ceux du 2e, ceux du 3e et du 6e , sont admis ensuite : ils expriment tous l’indignation qu’ils ont d’abord ressentie de l’attentat horrible commis par le dernier tyran et ses complices. Ils admirent ensuite la sagesse du peuple, et terminent en félicitant la Convention nationale de l’énergie qu’elle a montrée, et en l’invitant à rester à son poste. Mention honorable et insertion au bulletin (4). il) D’après les gazettes. 2) Département de Paris. 3) P.V., XLII, 264. Bm, 11 Therm; Audit, nat., n° 677. 4) P.V., XLII, 264. Mon., XXI, 354; Débats, n° 678, 211 et 217; J. Mont., n° 94, 773; -J. Paris, n° 576. a [La Sect" du Montblanc à la Conv .; s.d.] { l) Citoyens Représentants, Les Citoyens de la Section du Mont-Blanc n’ont jamais connu ni le Fédéralisme, ni l’intrigue, ni la Cabale ; toujours ils se sont rassemblés autour de la Convention nationale ; toujours ils ont dit : nous formerons un rempart de nos corps pour vous soutenir; toujours nous exterminerons les traîtres, sous quelque masque qu’ils se couvrent; toujours nous soutiendrons au péril de notre vie la République une et indivisible, et, s’il se rencontre un individu capable d’attenter à la Représentation Nationale, sur le champ la terre de la Liberté en sera Purgée. Législateurs, vous avez démasqué les Conspirateurs; Vous avez fait votre devoir : Nous jurons de faire le nôtre, de verser jusqu’à la dernière goûte de notre sang et pour vous soutenir et pour soutenir la cause de la Liberté. Nos cœurs, nos bras sont à vous. Parlez. Vive la République ! h [C. révol. et de surv., Sect" de Mucius Scaevola; pu 11 therm. II] [2) Le Comité arrêtte qu’il sera fait une adresse à la Convention nationalle, pour luy exprimer la ferme résolution de tous ses sentimens; que cette adresse luy sera apportée par le Comité en corps; que le commandant de la force armée, le comité civil, comre de police, officiers et inspecteurs de paix seront invités à cette démarche. L’Invitation a eu lieu; elle a été faitte aux citoyens qui ont pu se soustraire à leurs travaux journaliers. L’adresse a été adoptée en ces termes. Représentants du Peuple. La République est affermie, La Représentation nationale est respectée. Le peuple François est sauvé. Votre union a tenu à leur hauteur les destinées grandes de la France, les destinées auxquelles, en secondant les efforts du peuple, vous avez juré d’élever la République, son élévation sera la mesure des gouvernements de l’univers. (l) C 314, pl. 1257, p. 49; -J. Sablier, n° 1467. (2) C 314, pl. 1257, p. 56 (Extrait du registre des délibérations de la Section de Mucius Scaevola). Suite de la Séance permanente du 11 thermidor (SOIR) Présidence de COLLOT D’HERBOIS (1) La séance est reprise à huit heures. Un membre donne lecture de la correspondance suivante. 1 La commune de Bourg-l’Egalité (2) félicite la Convention nationale d’avoir abattu le tyran : « On avoit séduit une partie des citoyens, on avoit comprimé l’autre par la terreur, dit cette commune : le tyran et ses complices n’existent plus : le peuple français a vu leur supplice avec le calme qui convient à des hommes libres : ainsi périssent ceux qui méconnois-sent les lois de l’égalité, et veulent lever une tête audacieuse au-dessus de leurs concitoyens ! ». Mention honorable, insertion au bulletin (3). 2 On admet à la barre la section du Mont-Blanc (a), celle de Mucius Scaevola (b), et celle de la République (c); les juges composant le tribunal du 1er arrondissement, ceux du 2e, ceux du 3e et du 6e , sont admis ensuite : ils expriment tous l’indignation qu’ils ont d’abord ressentie de l’attentat horrible commis par le dernier tyran et ses complices. Ils admirent ensuite la sagesse du peuple, et terminent en félicitant la Convention nationale de l’énergie qu’elle a montrée, et en l’invitant à rester à son poste. Mention honorable et insertion au bulletin (4). il) D’après les gazettes. 2) Département de Paris. 3) P.V., XLII, 264. Bm, 11 Therm; Audit, nat., n° 677. 4) P.V., XLII, 264. Mon., XXI, 354; Débats, n° 678, 211 et 217; J. Mont., n° 94, 773; -J. Paris, n° 576. a [La Sect" du Montblanc à la Conv .; s.d.] { l) Citoyens Représentants, Les Citoyens de la Section du Mont-Blanc n’ont jamais connu ni le Fédéralisme, ni l’intrigue, ni la Cabale ; toujours ils se sont rassemblés autour de la Convention nationale ; toujours ils ont dit : nous formerons un rempart de nos corps pour vous soutenir; toujours nous exterminerons les traîtres, sous quelque masque qu’ils se couvrent; toujours nous soutiendrons au péril de notre vie la République une et indivisible, et, s’il se rencontre un individu capable d’attenter à la Représentation Nationale, sur le champ la terre de la Liberté en sera Purgée. Législateurs, vous avez démasqué les Conspirateurs; Vous avez fait votre devoir : Nous jurons de faire le nôtre, de verser jusqu’à la dernière goûte de notre sang et pour vous soutenir et pour soutenir la cause de la Liberté. Nos cœurs, nos bras sont à vous. Parlez. Vive la République ! h [C. révol. et de surv., Sect" de Mucius Scaevola; pu 11 therm. II] [2) Le Comité arrêtte qu’il sera fait une adresse à la Convention nationalle, pour luy exprimer la ferme résolution de tous ses sentimens; que cette adresse luy sera apportée par le Comité en corps; que le commandant de la force armée, le comité civil, comre de police, officiers et inspecteurs de paix seront invités à cette démarche. L’Invitation a eu lieu; elle a été faitte aux citoyens qui ont pu se soustraire à leurs travaux journaliers. L’adresse a été adoptée en ces termes. Représentants du Peuple. La République est affermie, La Représentation nationale est respectée. Le peuple François est sauvé. Votre union a tenu à leur hauteur les destinées grandes de la France, les destinées auxquelles, en secondant les efforts du peuple, vous avez juré d’élever la République, son élévation sera la mesure des gouvernements de l’univers. (l) C 314, pl. 1257, p. 49; -J. Sablier, n° 1467. (2) C 314, pl. 1257, p. 56 (Extrait du registre des délibérations de la Section de Mucius Scaevola). 646 ARCHIVES PARLEMENTAIRES - CONVENTION NATIONALE Vos dangers, Représentants, ont atterés de crainte la section de mucius Scaevola. Vos comices ont fait notre espoir. Votre contenance a relevé notre admiration. ah ! Citoyens, Permettés-nous de rappeller à votre idée cette détermination forte qui, dans ces moments de trouble, d’insubordination, de rébellion, a fait la consolation de la section et, sans doute, du peuple françois. Nous parlons de ce serment de fidélité, de ce serment d’union à la Convention, que le Comité Révolutionnaire de la Section de Mucius Scaevola, de notre Section, jüra unanimement de conserver, aux périls de ses jours, Jusqu’à la mort; Nous parlerons de cette dispute généreuse de ses membres qui tous, à l’envi, vouloient vous aporter le juste tribut et l’expression sacrée de ce serment. Deux seulement furent chargés de cette mission glorieuse. Ils furent les premiers qui, accourus dans votre enceinte, furent témoins de la stupeur momentanée qui régnoit autour du palais national : qui, les premiers, aperçurent la consternation éphémère qu’on s’eforçoit de vouloir insinuer parmy vous[;] qui, les premiers, admirèrent votre contenance aussy grande que la majesté du peuple que vous représentés et, qui, les premiers vous assurèrent de leur Persevérence dans leur serment d’union et de fidélité. Cependant, ce comité invitoit le commandant de la force armée, les comité civil, commissaire de police, officiers de paix de la section, de luy rendre compte d’heure à heure des événements qui au-roient lieu dans la section. Cependant, le comité rejettoit avec horreur et livroit à l’exécration de la postérité le pacte de rébellion auquel l’infame Commune vouloit faire participer ses membres, mais n’écoutant que son devoir, et cédant avec joye et transport aux ordres de vos Comités, tous s’écrièrent : La République vivra. et nous, nous venons en masse vous exprimer notre satisfaction sur la prospérité de vos travaux et notre reconnoissance due à votre constante fermeté aux droits du peuple, répéter ces paroles, les seuls cris de ralliement : Vive La Convention, vive la République (l). C* [La sectn. de la République à la Conv. ; 1 1 Therm.J (2) Représentans du peuple un arrêté de la Commune nous avoit enjoint de nous réunir en assemblée générale dans la nuit du 9 au 10. Nous vimes le piège qui nous étoit tendu. Cet arrêté nous parut liberticide, en ce qu’une réunion en assemblée délibérante nous interdisoit les armes et qu’au moment où la Convention Nationale étoit menacée, nos armes nous étoient d’un besoin indispensable. Spontanément, et à la plus parfaite unanimité, nous refusâmes d’obéir. (l) P.c.c. VIGNIEUX (membre), BOUTRY (membre du Clé), JOANNES (membre), VITRA (Membre du Clé), VELIN l présid .), DINANTE AU (?) (Secret.), ROCHÉ (membre), LE GRAND (membre). (2) C 314, pl. 1257, p. 54. Vous avés approuvé notre conduite par le décret qui a mis la Commune de Paris hors la loy. Il a été proclamé dans nos rangs et reçu par les acclamations : Vive la République, Vive la Convention Nale. Législateurs ! nous sommes restés armés jusqu’à ce que les ennemis du peuple ayent expié leur perfidie, leurs forfaits et leur criminelle ambition. Nous n’avons délibéré que lorsque la liberté publique n’a plus eu besoin de nos bras. Notre premier soin, notre premier besoin, est de venir vous rendre les actions de grâce, et vous féliciter de votre courage et de votre énergie. Législateurs ! c’est cette fois surtout que vous devés vous glorifier de vos succès, puiqu’ils ont réellement empêché notre retour au despotisme et à la tyrannie. C’est cette fois surtout que vous avés sauvé la patrie, en arrachant le bandeau dont la plus astucieuse hippocrisie avoit depuis si longtems couvert nos yeux. Continués vos travaux, Représentans du Peuple; continués à bien mériter de l’humanité. Restés fermes à vos postes. Les ambitieux, les tyrans passeront comme les rois. Les Robespierre ont fini comme les Capet, mais la liberté restera; parce que la Convention sera toujours un Centre unique, parce qu’elle sera toujours notre point de ralliement et que, comme elle, nous voudrions toujours la République une et Indivisible. M.A. Bourdon (commre rédacteur), CORBILLON (ve présid.), SASSOT, PORLE (secrét. adjnl). 3 Les membres composant le tribunal d’appel de la police du département de Paris, sont admis : « Organe du souverain, dit l’orateur, repré-sentation nationale, ton autorité est celle du peuple entier. Quelle autorité subalterne ose-roit arrêter la marche auguste de tes travaux ! Tu as écrasé les reptiles qui ont un instant entravé tes opérations; les Parisiens connois-sent leur devoir, ils l’ont rempli; nous venons dans ton sein jurer de ne reconnoître d’autre autorité suprême que la tienne ». Mention honorable, insertion au bulletin (l). 4 Le comité révolutionnaire de la section de Brutus vient féliciter la Convention de ses glorieux travaux, et applaudir à la punition des traîtres qui avoient osé s’insurger contre la Convention. (l) P.V., XLII, 265, J. Sablier, n° 1467 (qui fait un amalgame entre ce n° 3 et le n° 14 du 11 therm. (matin). Mentionné par Mon., XXI, 354; Débats, n° 678, 211; J. Mont., n° 94, 773. 646 ARCHIVES PARLEMENTAIRES - CONVENTION NATIONALE Vos dangers, Représentants, ont atterés de crainte la section de mucius Scaevola. Vos comices ont fait notre espoir. Votre contenance a relevé notre admiration. ah ! Citoyens, Permettés-nous de rappeller à votre idée cette détermination forte qui, dans ces moments de trouble, d’insubordination, de rébellion, a fait la consolation de la section et, sans doute, du peuple françois. Nous parlons de ce serment de fidélité, de ce serment d’union à la Convention, que le Comité Révolutionnaire de la Section de Mucius Scaevola, de notre Section, jüra unanimement de conserver, aux périls de ses jours, Jusqu’à la mort; Nous parlerons de cette dispute généreuse de ses membres qui tous, à l’envi, vouloient vous aporter le juste tribut et l’expression sacrée de ce serment. Deux seulement furent chargés de cette mission glorieuse. Ils furent les premiers qui, accourus dans votre enceinte, furent témoins de la stupeur momentanée qui régnoit autour du palais national : qui, les premiers, aperçurent la consternation éphémère qu’on s’eforçoit de vouloir insinuer parmy vous[;] qui, les premiers, admirèrent votre contenance aussy grande que la majesté du peuple que vous représentés et, qui, les premiers vous assurèrent de leur Persevérence dans leur serment d’union et de fidélité. Cependant, ce comité invitoit le commandant de la force armée, les comité civil, commissaire de police, officiers de paix de la section, de luy rendre compte d’heure à heure des événements qui au-roient lieu dans la section. Cependant, le comité rejettoit avec horreur et livroit à l’exécration de la postérité le pacte de rébellion auquel l’infame Commune vouloit faire participer ses membres, mais n’écoutant que son devoir, et cédant avec joye et transport aux ordres de vos Comités, tous s’écrièrent : La République vivra. et nous, nous venons en masse vous exprimer notre satisfaction sur la prospérité de vos travaux et notre reconnoissance due à votre constante fermeté aux droits du peuple, répéter ces paroles, les seuls cris de ralliement : Vive La Convention, vive la République (l). C* [La sectn. de la République à la Conv. ; 1 1 Therm.J (2) Représentans du peuple un arrêté de la Commune nous avoit enjoint de nous réunir en assemblée générale dans la nuit du 9 au 10. Nous vimes le piège qui nous étoit tendu. Cet arrêté nous parut liberticide, en ce qu’une réunion en assemblée délibérante nous interdisoit les armes et qu’au moment où la Convention Nationale étoit menacée, nos armes nous étoient d’un besoin indispensable. Spontanément, et à la plus parfaite unanimité, nous refusâmes d’obéir. (l) P.c.c. VIGNIEUX (membre), BOUTRY (membre du Clé), JOANNES (membre), VITRA (Membre du Clé), VELIN l présid .), DINANTE AU (?) (Secret.), ROCHÉ (membre), LE GRAND (membre). (2) C 314, pl. 1257, p. 54. Vous avés approuvé notre conduite par le décret qui a mis la Commune de Paris hors la loy. Il a été proclamé dans nos rangs et reçu par les acclamations : Vive la République, Vive la Convention Nale. Législateurs ! nous sommes restés armés jusqu’à ce que les ennemis du peuple ayent expié leur perfidie, leurs forfaits et leur criminelle ambition. Nous n’avons délibéré que lorsque la liberté publique n’a plus eu besoin de nos bras. Notre premier soin, notre premier besoin, est de venir vous rendre les actions de grâce, et vous féliciter de votre courage et de votre énergie. Législateurs ! c’est cette fois surtout que vous devés vous glorifier de vos succès, puiqu’ils ont réellement empêché notre retour au despotisme et à la tyrannie. C’est cette fois surtout que vous avés sauvé la patrie, en arrachant le bandeau dont la plus astucieuse hippocrisie avoit depuis si longtems couvert nos yeux. Continués vos travaux, Représentans du Peuple; continués à bien mériter de l’humanité. Restés fermes à vos postes. Les ambitieux, les tyrans passeront comme les rois. Les Robespierre ont fini comme les Capet, mais la liberté restera; parce que la Convention sera toujours un Centre unique, parce qu’elle sera toujours notre point de ralliement et que, comme elle, nous voudrions toujours la République une et Indivisible. M.A. Bourdon (commre rédacteur), CORBILLON (ve présid.), SASSOT, PORLE (secrét. adjnl). 3 Les membres composant le tribunal d’appel de la police du département de Paris, sont admis : « Organe du souverain, dit l’orateur, repré-sentation nationale, ton autorité est celle du peuple entier. Quelle autorité subalterne ose-roit arrêter la marche auguste de tes travaux ! Tu as écrasé les reptiles qui ont un instant entravé tes opérations; les Parisiens connois-sent leur devoir, ils l’ont rempli; nous venons dans ton sein jurer de ne reconnoître d’autre autorité suprême que la tienne ». Mention honorable, insertion au bulletin (l). 4 Le comité révolutionnaire de la section de Brutus vient féliciter la Convention de ses glorieux travaux, et applaudir à la punition des traîtres qui avoient osé s’insurger contre la Convention. (l) P.V., XLII, 265, J. Sablier, n° 1467 (qui fait un amalgame entre ce n° 3 et le n° 14 du 11 therm. (matin). Mentionné par Mon., XXI, 354; Débats, n° 678, 211; J. Mont., n° 94, 773.