348 ARCHIVES PARLEMENTAIRES - CONVENTION NATIONALE b [La société populaire et les autorités constituées de Tarare, département du Rhône, à la Convention nationale, le 1er fructidor an nu 3) Citoyens représentons, Si les dangers qui ont menacé la liberté française nous ont saisi d’horreur et d’effroi, le courage et l’énergie que vous avez déployés en les repoussant, ne nous ont pas moins remplis d’admiration. Dans un état où la mort est la punition de ceux qui affectent la tyrannie, comment s’est-il trouvé des hommes qui ayent osés y aller à visage découvert? Si leur projet avoit réussi, pensoient-ils qu’il auraient joui du fruit ? non sans doute. Le peuple est prononcé, il les auraient fait disparoitre du milieu de lui; il ne veut plus de maitre. Ne craignés donc plus fîdels mandataires pour votre sûreté. La société ne périra jamais du despotisme. Continués à lier les mains cruelles du pouvoir arbitraire, à frapper le fanatisme religieux et politique et à protéger la justice opprimée. Enchainés à jamais l’ambition des tyrans humiliés, et les français que vous avés régénérés deviendront le modèle des nations, le foyer de la liberté au feu duquel tous les peuples de la terre viendront s’éclairer et se réchauffer. Vive la République, vive la Convention. Martignac, maire, Peillon, président, Duret, Parnoud, secrétaires . c [L’administration centrale du département des Hautes-Pyrénées à la Convention nationale, de Tarbes le 20 thermidor an II\ (4) Citoyens Représentons, La Convention nationale, toujours digne du peuple français, a déployé le grand caractère qui lui est propre dans cette crise terrible, ou la patrie étoit menacée d’un nouveau Catilina. Ferme sur ses bases étemelle, la liberté, l’égalité, elle a vu passer comme un souffle, avec le criminel ouvrage de l’ambition, ses sacrilèges artisans. C’est une grande leçon pour les hommes, le sujet d’un grand encouragement pour les patriotes, que l’exemple de constance et de fermeté que la Convention nationale vient de donner. Cet exemple prouve que les ennemis du peuple peuvent exister sous toutes les formes, peuvent nuire par les moyens les plus spécieux, et peuvent se réfugier même jusques sous l’image sacrée de la vertu. Il apprend aux citoyens combien il serait dangereux de s’attacher aux hommes, et non aux choses, et que si (3) C 320, pl. 1 317, p. 37. (4) C 319, pl. 1 306, p. 25. la patrie est exclusivement jalouse d’un grand amour, c’est pour l’égalité, la liberté, pour la conservation propre au peuple. C’est ici républicains austères, qui n’épousez que les principes et la vérité : c’est ici que vous trouverez l’approbateur de votre conduite. Mais, quelque soit l’artifice dont les scélérats se servent, quelque soit l’obscurité du voile dont ils se couvrent, ils sont toujours démasqués et punis. Cet exemple est un grand sujet d’encouragement pour les Républicains, parce qu’il prouve le sincère amour de la liberté dans le peuple, le courage et la vertu de la Convention, et la punition égale de tous les traitres. O Patrie ! Oui, toi seule est l’objet du vœu des français; ton bonheur seulement peut faire le bonheur particulier de chaque citoyen. L’indépendance de la République doit être assurée au dedans et au dehors contre les efforts impuis-sans de la tyrannie; et comme on voit un rocher élevé dont la cime brave les orages pendant que les vagues irritées se brisent à ses pieds, telle la République victorieuse écrase tous ses ennemis, et s’élève triomphante jusqu’au faîte de sa grandeur, tondis que l’ambition ne laisse après elle, que le souvenir de ses forfaits et du châtiment terrible, qu’ils ont provoqué sur elle. Quel est le français qui, au seul mot de dominateur ne sent pas tout son sang s’allumer dans ses veines, n’entend pas murmurer dans son cœur la voix éloquente de la patrie, lui crier de détruire le monstre qui veut s’élever au-dessus de la loi, et rompre ainsi l’équerre sacré de l’égalité ? Etre aussi décevant que criminel, qui dans les délices de l’orgueil, oserait porter la pensée sacrilège sur l’arche sainte de la liberté pour la souiller du souffle impur de l’ambition, vois le sort qui t’attend; il n’est pas de citoyen qui ne s’arme contre toi. Un peuple qui a brisé le trône, qui a renversé toutes les factions conspiratrices, proscrit les préjugés et l’immoralité, ne supportera jamais d’autre joug que celui de la loi conservatrice de ses droits. Non, certes la haine des tyrans est trop bien prononcée dans toutes les âmes; une trop grande énergie et sagesse animent et dirigent la Convention nationale; un courage trop éclairé conduit les armées républicaines à la victoire pour penser que la liberté et l’égalité puissent être impunément violées. O vous, hommes fous et perfides, qui avez conçu des espérances criminelles de domination, aviez-vous oublié les journées à jamais mémorables, où le peuple a frappé de mort le despotisme et a achevé d’arracher ses racines infectes ? Aviez-vous donc oublié que le peuple de Paris qui avoit tant concouru à la révolution, a toujours cherché à maintenir son ouvrage. Il falloit une autre époque à la République pour vous démasquer et punir; et il falloit une autre preuve du courage et de la vertu de ce même peuple. La Convention nationale, ses comités de Salut public et de Sûreté générale ont prouvé au peuple français leur impassibilité, leur intégrité et leur justice, en frappant du glaive des loix ce conspirateur Robespierre avec ses complices. Les sections de Paris qui ont entouré la Convention pour l’appuyer de leur confiance et SÉANCE DU 22 FRUCTIDOR AN II (8 SEPTEMBRE 1794) - N° 1 349 de leur force, ont soutenu le caractère de républicanisme qu’elles ont toujours manifesté depuis le commencement de la Révolution. L’administration centrale du département des Hautes-Pyrénées, paye le tribut aux principes sacrés de la liberté, de l’égalité, en témoignant à la Convention nationale, combien elle admire son attitude imposante et énergique, lorsqu’elle a fait tomber les têtes parricides, qui, en s’élevant au-dessus des loix ont voulu précipiter la patrie dans l’abyme par le meurtre des patriotes. Elle paye aussi un tribut à la Convention, en lui exprimant l’horreur que lui ont inspiré les complots horribles de cette infâme conspiration qu’elle vient de frapper, et dont elle l’invite à poursuivre les restes impurs. Jeanty, pour le secrétaire général, et cinq autres signatures. d [La société populaire de Wissembourg, Bas-Rhin, à la Convention nationale, le 22 thermidor an II, pour l’anniversaire du 10 août ] (5) Nous avons frémi de vos dangers et dans le moment où ils étoient extrêmes, nous vivions dans la sécurité, nous avons célébré le 20 prairial la fête de l’Etre Suprême, il y avait dans chaque commune un autel, nos vœux pour le peuple et pour les représentants étoient notre encens, il étoit pur, il étoit digne de luy. Le 20 messidor, nous avons célébré une fête en l’honneur des armées victorieuses de terre et de mer nous avons célébré le 14 juillet; aujourd’huy l’anniversaire du 10 août nous rappelle votre victoire du 10 themidor, nous vous votons une adresse citoiens représentans, le peuple de Wissembourg trop longtemps calomnié a eu ses victimes aussi mais parlerions-nous de nos maux quand nous ne pouvons penser qu’à vous féliciter de votre énergie. Les cannibales français, les usurpateurs de votre pouvoir ont perdu en même tems leur funeste ascendant et le jour. Le masque de Robespierre étoit soulevé depuis le 7 prairial où dans un discours astucieux il trouvait deux peuples en France, un débonnaire et obéissant, l’autre babillard et toujours à la tribune, citoiens représentans, l’homme qui hait le peuple berçant [?] les actes de sa liberté en est le plus grand ennemy. Mais votre fermeté encore a sauvé la patrie, et combien de fois ne l’avez-vous pas sauvée, toujours vous avez fait votre devoir, la postérité reconnoissante vous décrétera une étemelle mention honorable, elle répétera ce que nous crions aujourd’huy avec le plus doux transport, vive la Convention nationale, vive la République une et indivisible, périssent à jamais tous les usurpateurs. Gastine, président, Aurich, secrétaire et deux autres signatures. (5) C 320, pl. 1 317, p. 21. e [Le dixième bataillon du Var à la Convention nationale, au bivouac des landes de Vertou, près Nantes, le 24 thermidor an II\ (6) Liberté, Egalité ou la mort Représentants, Et nous aussi nous venons vous féliciter de votre énergie. Pour cette fois vous avez presque tari la source du crime puisque vous en avez anéanti les principaux auteurs. Robespierre, Couthon, Saint-Just, périsse à jamais votre exécrable mémoire, ainsi que tous vos adhérents; que prétendoient-ils donc ces triumvirs modernes ? ils se flatoient sans doute d’assoir leur tirannie sur les cendres encore fumantes des vrais amis de la patrie ? Les traitres, avoient-ils oublié que le temple de la liberté est étemel, que la main hardie et toute puissante qui en posa les fondements inébranlables commença par le cimenter du sang de l’infâme Capet, et ne cessera de l’arroser avec celui des ambitieux de toutes espèces. A peine eûmes-nous appris le juste châtiment de ces conspirateurs que les cris répéttés de vive la République, vive la Convention, ont retenti de toutes parts et ont porté l’épouvante dans l’âme des rebelles dont nous sommes environnés. Nous avons planté à leur barbe, l’arbre de la liberté sur un sol jusqu’à présent souillé par la présence des restes impurs des brigands de la Vendée. Sages législateurs, restez fermes à votre poste, continuez à marcher à pas de géant dans la carière imense et pénible que vous avez à parcourir. Toujours grands, toujours justes, ne cessez de vous montrez les ennemis implacables du vice puissant et accrédité; frappez le de mort, extirpez en jusqu’à la dernière racine et sur son tombeau élevez un monument à la véritable vertu et à la probité dont ces scélérats ont tant de fois profané l’auguste nom. Quand à nous, soldats républicains bien plus faits pour nous battre que pour politiquer, en nous défiant plus que jamais de ces hommes à grande réputation nous jurons un attachement inviolable à la République et à la représentation nationale. Nous jurons sur nos armes de faire triompher la liberté et l’égalité, ou de nous ensevelir sous leurs ruines. Guidal, chef du bataillon et deux pages de signatures. f [Les administrateurs du district de Montadour, ci-cevant Saint-Sever, département des Landes, à la Convention nationale, s. d.] (7) Citoyens Représentans, Les conspirateurs, les traîtres du 9 au 10 thermidor avaient-ils donc oublié que la (6) C 320, pl. 1 317, p. 15. (7) C 319, pl. 1 306, p. 21. Bull., 22 fruct.