[Convention nationale.] la République : il en est qui en très peu de temps ont fait des fortunes vraiment scanda¬ leuses. Je demande que le ministre de la guerre fasse connaître au comité de surveillance et des marchés, les représentants du peuple qui sont devenus les fournisseurs de la République, et que le comité vous fasse sur cet objet un prompt rapport. Citoyens, il faut atteindre tous les cou¬ pables quels qu’ils soient, et qu’on ne vienne pas dire que je veux faire faire le procès aux patriotes, pour en diminuer le nombre : les vrais patriotes sont ceux qui avec désintéressement ont défendu les intérêts du peuple; d’ailleurs, quand il ne resterait à la Montagne qu’un pe¬ tit nombre de membres purs, la République n’en serait pas moins sauvée. (On applaudit.) (Suit la motion de Bourdon (de l’Oise) que nous avons insérée ci-dessus, page 449 après la motion d’Amar.) Un membre. J’appuie la proposition de Le¬ vasseur; mais je demande que le comité de sû¬ reté générale soit chargé de la recherche qu’il a proposé de faire. Philippeaux. Je demande que le comité de sûreté générale soit adjoint au comité des mar¬ chés. Thuriot. Cette adjonction est inutile, puisque le comité des marchés a le droit de décerner des mandats d’arrêt. Merlin (de TMonville). Je demande l’ad¬ jonction du comité de sûreté générale à celui des marchés, par cette seule raison que ce der¬ nier est chargé de l’examen des marchés. Bourdon (de l’Oise). J’appuie la proposition de Merlin. La funeste expérience de Perrin nous a appris, que, s’il y a dans la Convention na¬ tionale un fripon, il se sera fait nommer membre du comité des marchés. Richard. Le moment est arrivé de nous faire passer tous au scrutin épuratoire. J’appuie la proposition de Levasseur. La proposition de Levasseur est adoptée, et les comités de surveillance, des marchés et de sûreté générale réunis sont chargés de son exé-mtion. Le rapporteur du comité de Salut public [Bil-3 aud-Y are n n e (X)] présente un rapport et un il. Compte rendu de Y Auditeur national. Levasseur. Amar vous a parlé, dans son rap-nrt, des moyens de corruption employés sur des aembres de la Convention. Il faut que tous les mitres soient punis. Quand même nous ne reste-ions à la Montagne que quelques hommes intègres t sans reproches, la chose publique n’en serait que lus consolidée1. Je demande que le comité de surveillance des larchés, adjoint à celui de sûreté générale, se fasse mdre compte de la conduite de tous les députés ui ont pris part directement dans les marchés pas-îs au compte de la République; j’en connais qui s sont enrichis à ce manège. Cette proposition est décrétée. (1) D’après les divers journaux de l’époque et le pport Imprime. ( 28 brumaire an II 451 (18 novembre 1793 projet de décret dont la Convention ordonne l’impression dans le jour, et en ajourne la discus¬ sion à demain (1). Suit le texte du rapport de Billaud-Va/renne, d’après le document imprimé par ordre de la Con¬ vention, Rapport au nom du comité de Salut public, SUR UN MODE DE GOUVERNEMENT PROVISOIRE ETRE VOLUTI ONN AIRE, PAR B ILL AUD - YâRENNE, FAIT A LA SÉANCE DU 28 BRUMAIRE, l’an II de la République française, une et in¬ divisible. (Imprimé par ordre de la Conven¬ tion nationale (2). Citoyens, dans la séance du. 19 du. mois der¬ nier, vous avez jeté les hases d’un gouverne¬ ment préparatoire et révolutionnaire. Il vous manque encore le complément de cette mesure. Il vous manque cette force coactive, qui est le principe de l’existence, du mouvement, de l’exé¬ cution. Dès qu’une grande commotion politique a pro¬ duit son effet; quand l’explosion n’a pas seu¬ lement renversé la tyrannie, mais sapé jusqu’à ses fondements, en substituant à son code des¬ potique des lois révolutionnaires, de sorte qu’il ne reste plus aux lâches partisans de la royauté et du fédéralisme qu’une force de réticence, ou d’inertie, c’est alors achever de les réduire com¬ plètement que de communiquer au gouverne¬ ment une action nerveuse et compressive. Il est une vérité qu’il faut dire ici. Deux écueils accompagnent l’enfance et la vieillesse des Républiques. C’est l’anarchie qui, à leur origine, devient inséparable de leur faiblesse; c’est encore l’anarehie que ramène le relâche¬ ment dans leur décrépitude, et qui, trop pro¬ longée, reconduit insensiblement à l’esclavage. Fixez vos regards sur toutes les parties de la France, et partout vous apercevrez les lois sans vigueur; vous verrez même que plusieurs n’ar¬ rivent point aux administrations, et que le sur¬ plus leur parvient si tard, que souvent l’objet en est atténué. Vous distinguerez une apathie égale chez tous les agents du gouvernement; en un mot, vous serez effrayés en apprenant qu’il n’y a que les décrets, ou favorables à l’ambition des autorités constituées, ou d’un effet propre à créer des mécontents, qui soient mis à exécu¬ tion avec une ponctualité aussi accélérée que machiavélique. Vainement avez-vous payé la dette la pins sacrée de la nation, en tendant une main bienfaisante aux pères, aux femmes, aux enfants des généreux défenseurs de la pa* trie : ce soulagement est réparti avec des len¬ teurs, des formalités, des préférences qui le ren¬ dent nul pour un très grand nombre. En vain, cédant à un juste sentiment d’humanité, avez-vous songé à soustraire l’indigence aux horreurs du besoin : de toutes parts la mendicité aban¬ donnée étale constamment le spectacle doulou¬ reux de ses infirmités, et ne doit sa triste exis-(1) Procès-verbaux de la Convention, 1. 25, p. 312. (2) Bibliothèque nationale ; 32 pages in-8°, Le38, n° 570. Bibliothèque de la Ghambre des députés : Collection Portiez (de l'Oise), t. 13, n° 18, 206, n° 48 et 386, n° 7. Le même rapport, accompagné du décret rendu le 14 frimaire : Bibliothèque natio¬ nale ; 32 pages in-8° Le 8, n° 20�1; Bibliothèque de la Ghambre des députés i Coifêclion Bàriiêz (de l'Oise), 40 ptfg�s In-8°f t. 1:1, n° 26, ARCHIVES PARLEMENTAIRES.