SÉANCE DU 6 FRIMAIRE AN III (26 NOVEMBRE 1794) - N° 6 197 terreur, que d’infames conspirateurs avoient inventé pour la réussite de leur infâme projet; ils conjurent la Convention de rester ferme à son poste, et de comprimer si fortement les ennemis du peuple et de son bonheur, que tout retour au crime leur devienne impossible. Les membres du comité de surveillance de l’Orient [Lorient, Morbihan]* annoncent que n’ayant aucun acte arbitraire à se reprocher, ils attendent avec impatience l’arrivée du représentant du peuple qui doit procéder à leur épuration ; ils assurent d’un dévouement sans borne à la Convention nationale, et ils l’invitent à proscrire sans retour ce système de sang et de terreur qui a fait tant de victimes et de malheureux (42). La société populaire de Mont-Hippolyte [ci-devant Saint-Hipppolyte-du-Fort], département du Gard7, après avoir applaudi aux principes d’humanité et de justice développés dans l’Adresse aux Français, retrace avec énergie l’oppression sous laquelle a gémi trop longtemps ce département: elle témoigne sa reconnaissance aux représen-tans du peuple du peuple Goupilleau [de Montaigu] et Perrin, qui ont ramené dans ces contrées le calme et le bonheur, et ils invitent la Convention nationale à diriger le glaive qui lui confia le peuple, de manière qu’il ne reste des hommes pervers qui les ont opprimés, pour servir d’exemple aux scélérats qui seroient tentés de les imiter, que le souvenir de leur honte et de leur infamie. Les administrateurs du département de l’Ardèche"1 et de la Dordogne” ; ceux du district de Saint-Sever, département des Landes0 ; la société populaire de Peyrehorade, même département [Landesp ; de Mar-mande, département du Lot-et-Garonne? ; de Brassac, département du Tarnr, annoncent également leur dévouement à la Convention, leur assentiment complet aux principes qu’elle a manifestés depuis la Révolution du 9 thermidor, et expriment avec plus ou moins de force l’horreur profonde que leur a inspiré un système de terreur qui ne peut jamais servir, disent-ils, que la cause des scélérats et des fripons; l’Assemblée applaudit aux différentes adresses, à l’esprit qui les a dictées, et décrète qu’il en sera fait mention honorable au procès-verbal, et qu’elles seront insérées au Bulletin (43). a [Le comité révolutionnaire du district de Vienne-la-Patriote à la Convention nationale, Vienne, le 17 brumaire an III\ (44) (42) L’adresse de Lorient est manquante dans la série C. (43) P.-V., L, 119-121. (44) C 328 (1), pl. 1447, p. 4. Citoyen Président, Le premier devoir des membres du comité, après leur installation, est pour eux celui de déposer dans vos mains leur proffession de foy : nous jurons tous de rester constament unis à la Convention comme à la seule autorité souveraine, légitime et représentative de celle du peuple. Nous jurons de considérer toujours comme usurpation des droits du peuple, comme subversion de la République, tous actes des associations quelconques qui auroient pour objet d’entraver, de diminuer ou de détruire l’exercice du pouvoir souverain confié à la Convention par les français. Ce serment qui est dans le cœur de tout républicain de bonne foy, doit être celui de tous les fonctionnaires publics, qui, sentinelles avancées, doivent favoriser la marche du gouvernement en écartant tous les obstacles qui pourraient l’arrêter. Nous jurons enfin de combattre tous les ennemis de la chose publique, nous poursuivrons les aristocrates partisans d’un chef ou d’un maître ; les anarchistes qui veulent courber le peuple sous le joug d’un gouvernement arbitraire, les désorganisateurs cruels qui prétendent le lasser de la Révolution par les horreurs qu’ils y ajoutent; les fripons qui ne courent après la République et ne s’y attachent que comme des vers rongeurs, pour s’engraisser en l’égorgeant. Nous surveillerons aussi ces êtres semblables aux courtisans de l’ancien Régime, qui ne la caressent que comme on caressait le trône, uniquement pour en obtenir des faveurs, leurs attachement est souvent suspect, car l’amour ardent et vrai d’un Républiquain pour la République est toujours désintéressé. C’est ainsi que fortement pénétrés des principes de la Convention, qui nous sont si bien manifestés par son adresse au peuple français, nous l’aiderons de tout notre pouvoir à conduire au port le vaisseau de l’État, en sacrifiant, s’il le faut, nos biens et nos vies. Fait en comité à Vienne-la-Patriote, le 17 brumaire 3ème année de la République, une, indivisible et démocratique. DUPUY, président, ALLOUIN, secrétaire et 3 autres signatures. b [La société populaire de Grenade-sur-Garonne à la Convention nationale, s.l., le 27 vendémiaire an III\ (45) Citoyens représentans, Nous l’avons lue avec transport cette adresse aux français dont les principes ont été constamment gravés dans le cœur de tous les habitants de cette commune. Non, ils ne parviendront pas à nous égarer les continuateurs des tirans, dont nous ne rapele-(45) C 328 (2), pl. 1456, p. 7.