294 ARCHIVES PARLEMENTAIRES - CONVENTION NATIONALE révolutionnaire de la section du Bonnet-Rouge [Paris], et qui fait part du jugement qui condamne dix membres de ce ci-devant comité à vingt années de fer et à une exposition préalable de six heures, et qui en acquitte deux seulement, qui les sont les nommés Laloue et Piccini. La Convention passe à l’ordre du jour (85). [Leblois, accusateur public près le tribunal criminel de Paris au président de la Convention nationale, Paris, le 8 brumaire an III] (86) Citoyen président, Attendu que le procès du ci-devant comité révolutionnaire de la section du Bonnet-Rouge, était de nature à intéresser le Salut public, je préviens la Convention nationale qu’il a été jugé cette nuit. Dix des membres de ce ci-devant Comité ont été convaincus de faux, de soustractions de pièces, de vols de deniers dont ils étaient comptables, de prévarications et d’abus d’autorité, le tout dans l’exercice de leurs fonctions publiques et salariées. En conséquence, ils ont été condamnés à vingt années de fer, et à l’exposition préalable de six heures, sur la place de la Maison commune, conformément aux loix pénales. L’exposition aura lieu aujourd’hui. Deux accusés seulement, les nommés Laloue et Piccini, ont été acquittés et mis en liberté sur le champ. Salut et fraternité. Leblois, accusateur public. 41 Le même secrétaire lit ensuite les pièces dont l’extrait suit (87) : a Adresse des administrateurs, du tribunal, du comité de surveillance et de la commission municipale de Valenciennes [Nord], contenant félicitation sur l’Adresse au peuple français, et l’assurance de leur attachement à la Convention nationale, qui sera toujours leur seul et unique point de ralliement. Mention honorable et insertion au bulletin (88). (85) P.-V., L, 166. Moniteur, XXII, 619. (86) C 328 (1), pl. 1447, p. 35. Débats, n° 796, 972; Ann. Patr., n° 697 ; C. Eg., n° 828 (qui donne le nom des condamnés) et 832; Gazette Fr., n° 1061; J. Univ., n° 1829; Mess. Soir, n° 832. (87) P.-V., L, 166. (88) P.-V, L, 166. [Les administrateurs, le tribunal, le comité de surveillance du district et la commission municipale de Valenciennes à la Convention Nationale, s.l.n.d .] (89) Législateurs, Depuis l’époque mémorable où, jaloux de fixer irrévocablement les bases de la souveraineté, le peuple vous a confié le soin de ses destinées, le caractère auguste de son indépendance s’est embelli sous la main de la vertu. Cher au sentiment, ce dépôt précieux a trouvé dans votre énergie un abri contre les orages ; et son éclat immortel, en offrant au despote éperdu la honte et le désespoir, imprime dans le cœur sensible du patriote, l’admiration, la reconnaissance et l’attendrissement. Sur quelque point de votre carrière que le Français arrête ses regards, partout, il trouve des représentants dignes de lui, partout, il voit la vertu luttant contre le crime, l’humanité séchant les larmes de l’infortune; et le cours des événemens, dirigé par votre prudence ne présente à sa surprise qu’une suite de bienfaits dont le souvenir repose sur son cœur. Convaincus de cette importante vérité, que le bonheur consiste dans l’accord parfait de la conduite avec les principes, vous venez de lui donner, dans une adresse dictée par le sentiment, de nouvelles preuves de votre sollicitude et intéressante par les objets qu’elle renferme, elle offre partout l’empreinte qui caractérise votre sagesse, votre active surveillance ; toujours grands, toujours dignes de l’amour d’un peuple libre, vous développez dans sa marche rapide et majestueuse, le caractère imposant qui le distingue ; et votre courage, s’élevant en raison de l’essor que vous lui avez fait prendre, vous puisez dans vos travaux, dans vos veilles, de nouveaux succès, de nouvelles forces. C’est dans ce moment précieux, c’est dans ce nouvel acte de bienfaisance, que le Français, revêtu par vos soins d’un titre glorieux, va puiser tout ce qu’il a de grand, de sublime ; c’est là qu’il mettra ses devoirs en balance avec vos bienfaits ; que vous-mêmes trouverez dans le profession générale des principes qu’il renferme, dans l’attachement le plus sincère à la représentation nationale, dans le dévouement le plus absolu du citoyen reconnoissant pour les sauveurs de la patrie, l’expression touchante d’un retour fondé sur la félicité publique. Si le plus saint de vos devoirs est de nous éclairer sur les périls qui nous environnent, notre premier mouvement est de recevoir et de recourir à vos lumières pour en prévenir les effets. Législateurs, tant que le vaisseau de la République flottera sous la main des sages pilotes qui le dirigent, il n’aura rien à redouter des écueils, il n’aura rien à craindre des tempêtes. Terrassé par le dernier coup que vous venez de lui porter, le vil suppôt des tyrans va trouver dans ce serment si longtemps attendu, dans ce gage assuré du bonheur des Français, la fin de ses criminelles espérances ; sensibles au vœu du (89) C 328 (1), pl. 1447, p. 36. Bull., 8 frim.