[Convention nationale.] ARCHIVES PARLEMENTAIRES. 30 brumaire an H 525 par ledit arrêté. Et, en conséquence, tous les membres présents ont juré ainsi qu’ils jurent de ne plus reconnaître les décrets rendus par la Convention nationale depuis le 31 mai dernier jusqu’au moment où la liberté lui sera rétablie dans son intégralité, et de reconnaître le tribu¬ nal populaire de Marseille, de maintenir la Ré¬ publique une et indivisible, la liberté et l’éga-lïé, de faire respecter les personnes et les pro¬ priétés et d’adhérer au manifeste publié au nom de Marseille; Arrête en outre d’inviter tous les membres absents à venir dans huit jours prêter le même serment dans le sein de l’Administration et que ceux d’entre eux que d’autres fonctions publi¬ ques retiennent ailleurs ou qui, pour des causes légitimes, ne pourraient se rendre prêteront le même serment devant la municipalité du lieu de leur domicile, et s’en feront concéder acte dont ils transmettront une copie certifiée à l’Ad¬ ministration; Arrête enfin qu’extrait du présent procès-ver¬ bal, ainsi que de ceux qui seront transmis à l’ Administration du serment des membres ab¬ sents sera envoyé au département. Fait et arrêté à Tarascon, le vingt-sept juin mil sept cent quatre-vingt-treize, l’an second de 1 \ République française, une et indivisible. Signé : Moublet-Gras, président; Martin, Giraudon, Peyre, André Isnard et Ber¬ nard, procureur syndic en remplacement. Certifié conforme : Brun, secrétaire. CONVENTION NATIONALE Séance du 30 brumaire, Pan II de la République française, une et indivisible. (20 Novembre 1793.) Le citoyen Lecomte, de Bernay, ancien no¬ taire, offre à la patrie l’abandon des répétitions qu’il peut exercer sur la République, à raison de la suppression de son office de notaire, évalué à 20,000 livres en 1771; il forme des vœux pour que la Convention n’abandonne pas les rênes du gouvernement jusqu’à ce que la République, triomphante de ses ennemis, repose sur des bases inébranlables. Mention honorable et insertion au « Bulle¬ tin » (1). Plusieurs secrétaires commis des bureaux et comités de la Convention nationale prient la Con¬ vention de décréter que le comité des inspecteurs de la salle fera placer incessamment dans chaque bureau les bustes de Le Pelletier et Marat. La demande, convertie en motion, a été dé¬ crétée (2). (1) Procès-verbaux de la Convention, t. 25, p. 335 (2) Procès-verbaux de la Convention, t. 25, p. 335 Suit la pétition (1). Pétition à la Convention nationale. « Citoyen Président, « Plusieurs secrétaires commis de la Conven¬ tion nationale te prient de solliciter auprès d’elle un décret qui autorise les inspecteurs de la salle à faire placer dans les comités et bureaux de la Convention nationale, les bustes des deux mar¬ tyrs de la Révolution : Marat et Pelletier. « Ces citoyens espèrent que tu appuieras leur demande et qu’elle sera accueillie par la Con¬ vention. » (Suivent 35 signatures.) Payau, aide de camp dans l’armée des Alpes, dépose 100 drapeaux pris sur les rebelles lyon¬ nais, et fait part, au nom de tous ses frères armés, du brûlant désir d’exterminer tous les satellites des tyrans qui infectent Toulon. La Convention décrète la mention honorable et l’insertion au « Bulletin » (2). Suit le texte du discours prononcé par le citoyen Payau, d'après le Bulletin de la Convention (3). Discours prononcé par le citoyen Payau, premier aide de camp du général Dours, commandant l'armée des Alpes et Ville-Affranchie, en pré¬ sentant 100 drapeaux pris sur les rebelles lyon¬ nais. Citoyens législateurs, Chargé par le général Dours de vous présen¬ ter les drapeaux d’une ville rebelle, je viens les déposer dans votre sein. Les voilà, ces marques odieuses de la révolte des Lyonnais; les voilà ces étendards sous lesquels une foule d’émigrés et de prêtres réfractaires osèrent attaquer nos phalanges républicaines : en les recevant éloi¬ gnez de vous tout sentiment pénible. . . Les Lyon¬ nais voulaient un roi... ils n’étaient plus Fran¬ çais... ils étaient ligués avec les despotes... ils n’étaient plus nos frères : semblables à ces bri¬ gands anglais, qui n’arborent le pavillon trico¬ lore que pour surprendre nos frégates trompées, ou pour déshonorer la République, les scélérats conduisaient sous ces signes sacrés un peuple séduit qui croyait combattre la tyrannie. Les monstres, ils ont presque tous péri sous nos coups ; ceux qui ont échappé au fer des sol¬ dats-citoyens attestent, par leur mort, l’exis¬ tence de la République : mes frères d’armes qui voient avec satisfaction la punition des traîtres, ont versé des larmes d’attendrissement sur le tombeau du vertueux Chaüer. Que d’autres van¬ tent la douceur du repos, eux ne demandent que des tyrans à combattre, que des conspirateurs à punir; satisfaites leur généreuse impatience, envoyez-les sous les murs de Toulon. Déjà re¬ tentissent dans l’armée des cris terribles et pré¬ curseurs de la victoire : « Périssent les Anglais ! Volons à Toulon ! »j (1) Archives nationales, carton G 360, dossier 2. (2) Procès-verbaux de la Convention, t. 25, p. 335. (3) Supplément au Bulletin de la Convention du 10e jour de la 3e décade du 2e mois de l’an II (mer¬ credi 20 novembre 1793).